Communiqué de presse du SNALC-CSEN (FGAF) du 20 janvier 2010 :
ABSENCES DES PROFESSEURS : A QUI LA FAUTE ?
Le SNALC considère comme inadmissible l'insistance malsaine avec laquelle certaines organisations de parents et certains médias ne cessent de faire des gorges chaudes à propos de « l'absentéisme » supposé des personnels enseignants. Au lieu de focaliser sur le seul manque d'effectifs, devenu insupportable dans ce contexte explosif, ces derniers feraient bien de s'interroger aussi sur les raisons, toutes les raisons, qui contraignent les enseignants à s'absenter - pas plus que d'autres catégories, pourtant - en dehors des congés "classiques".
Ils découvriraient alors qu'une indiscipline endémique sévit au sein des établissements, accompagnée d'une montée de la violence dont les professeurs et leurs biens sont les constantes victimes.
Ils découvriraient que les critiques et le harcèlement incessants auxquels se livrent certains parents d'élèves a fini par déteindre sur le comportement de leur progéniture.
Ils découvriraient que cette situation s'accompagne d'une absence constante de soutien de leur hiérarchie, plus pressée de satisfaire des revendications consuméristes que d'assurer aux enseignants des conditions de travail décentes.
Ils découvriraient que le mépris dans lequel la technocratie de l'éducation nationale tient les professeurs est sans limite et que la gestion de ces derniers ne relève plus que de la volonté de les brimer. En témoignent, par exemple, les conditions de plus en plus scandaleuses et arbitraires dans lesquelles s'effectuent les promotions, les mutations et les affectations.
Ils découvriraient que les conditions de travail des personnels enseignants se sont constamment dégradées depuis plusieurs décennies, et que la baisse de leur pouvoir d'achat est telle que de jeunes professeurs ne parviennent plus même à payer leur loyer.
Ils découvriraient que des décennies de réformes et d'instructions officielles ineptes ont fait de la transmission du savoir une mission impossible et que les professeurs en sont les premières victimes, et non les responsables.
Mais il est, hélas, plus facile, plus gratifiant et plus médiatique de ne se contenter que d'un tout petit bout de vérité ... et en criant "Haro sur les professeurs".
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