SNALC - FGAF
Syndicat national des lycées et collèges

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Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale
Avec cette nomination le SNALC-FGAF se réjouit du retour à la tête du Ministère de l’Education nationale d’un praticien de la pédagogie qui, contrairement à son prédécesseur, en tant …
François Hollande au diapason des valeurs républicaines du SNALC
À l’occasion de sa journée d’investiture, François Hollande a tenu à rendre hommage à l’oeuvre scolaire de Jules Ferry au travers d’une très émouvante cérémonie …

Ils ont osé !

En ce début d'année agitée, et alors que la réforme du lycée n'en finit plus de piétiner, un petit groupe de syndicats et d'associations, dont on ne peut pourtant pas dire qu'elles soient a priori proches de la majorité gouvernementale, ont visiblement décidé de voler au secours du ministère Darcos. Lors d'une conférence de presse datée du 15 janvier dernier, un « pool » de vingt organisations1 - les plus actives en matière de pédagogies létales - vient en effet de publier « 9 propositions » en tous points semblables aux célèbres « points de convergence ». Est-il besoin de préciser que l'on retrouve, chez ces adeptes du « travailler autrement », les plus « réformistes », sinon les plus collaborateurs des syndicats, assortis de quelques associations aussi compétentes sur le lycée que les Eclaireurs et Eclaireuses de France ...
                   
Entre la nomination de Richard Descoings - créateur des très polémiques conventions ZEP - Sciences Po et chantre de la nouvelle charité éducative - et l'annonce de la reprise des discussions sur la base de la « feuille de route » extorquée aux organisations syndicales en juin dernier, le lycée n'avait vraiment pas besoin des élucubrations de ces pseudo-pédagogues. Surtout lorsqu'elles s'alignent, point par point, sur tout ce que professeurs et lycéens ont rejeté en masse depuis trois mois, à savoir :
                
- L'organisation modulaire des enseignements : modules communs et modules d'exploration en seconde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal. Est-il besoin de rappeler que cette organisation conduit invariablement à une suppression, en bonne et due forme, des séries actuelles, ainsi qu'au renforcement du caractère indéterminé de la seconde ? Soit l'alignement de tous sur un socle commun version lycée, assorti de quelques options forcément moins approfondies que les enseignements de spécialisation actuels - tous les élèves, débutants ou non, restant libres de zapper d'un module à un autre. Sans parler des difficultés à mettre en place des emplois du temps cohérents, au point que même le SNPDEN lui-même - si « investi » dans la réforme qu'il donnait en juin dernier des leçons de coopération aux organisations syndicales les plus dubitatives - s'est montré de plus en plus réservé au fil des mois.
                    
- La fusion des voies générale et technologique. Le ministère n'avait pas osé, les « Francas » l'ont fait ! Méconnaissance des spécificités de ces séries ou mépris envers les formations et métiers auxquels elles conduisent, on ne peut qu'être ébahi par tant de bêtise, quand elle se pare de surcroît d'atours pseudo démocratiques...
                
- Un baccalauréat aux épreuves terminales réduites, et donc obtenu par « capitalisation modulaire ». C'est-à-dire la porte ouverte à toutes les disparités entre élèves et entre établissements, et au-delà, la fin d'un diplôme national reconnu sur l'ensemble du territoire. Quand Anthony sortira de sa ZEP avec un titre de bachelier obtenu grâce au module « loisirs créatifs et citoyenneté », il est peu probable qu'il puisse rivaliser avec Alizée, helléniste d'un grand lycée parisien. Quant à lui conter fleurette...
              
- Des modules, pouvant être pluri-disciplinaires, inter-disciplinaires ou (ouf !) disciplinaires, définis par des connaissances et des compétences à acquérir, évalué selon un mode précisé à l'avance2. Pour faire court : nos promoteurs de l'élève au centre et des pédagogies non directives font iciv l'apologie d'une pédagogie de projet qui n'a conduit pour l'instant, à l'école élémentaire en particulier, qu'à convoyer chaque année vers le collège 15% d'élèves en très grande difficulté. Les disciplines, ennemis à abattre, sont remplacées par le vivre ensemble et l'évaluation des connaissances - trop sommative - par celle des savoir-être. Que cette mise au pas des comportements puisse être plus traumatisante pour l'élève peu tenté par le travail en groupe et l'investissement au sein de l'établissement ne semble pas troubler nos chantres de « l'élève au centre ». Quant aux professeurs encore convaincus de l'utilité de leur savoir de haut niveau, ils sont priés d'être polyvalents. Le corps unique de la maternelle à l'université, vieux rêve de syndicaliste démagogue, est en marche.
                     
- Un temps d'accompagnement prévu de façon spécifique dans les emplois du temps, encadré par des professeurs référents, avec deux objectifs distincts à moduler tout au long de l'année scolaire : un travail d'élaboration du parcours personnel et le suivi des apprentissages réalisés, dans le cadre de petits groupes d'élèves. Rien de bien nouveau là encore. L'accompagnement personnalisé, tarte à la crème de tous les ministères incapables de proposer autre chose qu'une « remédiation » aux élèves en difficulté - de véritables voies de formation alternatives et individualisées dès le collège par exemple - ne pourra remédier qu'à la marge aux lacunes accumulées.
               
- Une extension des missions des enseignants à l'accompagnement des élèves, au travail en équipe et la participation au pilotage de l'établissement, lesquelles seraient intégrées aux services3. Soit les 35h en établissement et la suppression de toute liberté pédagogique. A la place, des professeurs corvéables à merci et priés de faire allégeance à la médiocrité pédagogique qui ne manquera pas de s'installer.
                            
- Une limitation de l'horaire de cours des élèves, afin de libérer du temps pour l'accompagnement, le travail personnel, la vie associative, les relations entre pairs, entre jeunes et adultes, ou encore l'apprentissage démocratique. Que de solides connaissances, garanties par des horaires
disciplinaires suffisants, puissent être plus efficaces, pour la formation du futur citoyen, que de laisser les lycéens bavasser des heures sur les tarifs de la cantine est évidemment inaudible par nos joyeux promoteurs de la démocratie participative. Lesquels complètent ainsi leur forfait en concluant
sur la nécessité de « redéfinir les instances collectives pour permettre la participation de tous, élèves et adultes ».
                   
- Cerise sur le gâteau enfin : « l'autonomie des établissements va de pair avec leur mise en réseau sur un territoire donné dans une logique de complémentarité pour éviter toute concurrence ». Le paradoxe de soutenir un mode d'organisation féodal - qui promeut la soumission aux intérêts locaux et aux petits chefs associés - tout en refusant la mise en concurrence des établissements ne leur a apparemment pas sauté aux yeux.
                  
Résumons : était-il bien nécessaire de faire tant de bruit pour promouvoir des idées vieilles de trente ans, surtout lorsque ces mêmes idées sont abondamment plébiscitées par les animateurs de la future réforme du lycée ? Un activisme aussi néfaste que la « résistance » à l'application des nouveaux programmes de l'école primaire, qui anime actuellement quelques professeurs d'école du Midi, bien décidés à graver leur nom dans l'histoire de l'indigence pédagogique. De l'art donc de mener de mauvais combats, quand toute réflexion sur le lycée devrait d'abord commencer par éplucher les comptes du collège. Ce que le SNALC ne manquera pas de marteler dans les discussions à venir.
            

1 Association des régions de France , Éducation et Devenir , Ceméa , Confédération Étudiante , CRAP-Cahiers pédagogiques , EEDF , FCPE , FESPI , FOEVEN , Francas , GFEN , Icem-pédagogie Freinet , JPA , Ligue de l’enseignement , OCCE.
2 Idée judicieuse s’il en est, initialement proposée par R. Antibi, auteur de La constante macabre et grand pourfendeur du redoublement : il s’agissait en effet d’annoncer précisément aux élèves, avant l’évaluation, ce qui leur serait proposé lors du contrôle. Ainsi les résultats étaient-ils bien meilleurs. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ?!! 
3 Il n’est question nulle part d’une rémunération complémentaire en compensation de ces nouvelles charges. Et la formulation est
suffisamment ambiguë pour que l’on ne sache pas s’il s’agit des services actuels ou de services redéfinis...
 

LES NEUF PROPOSITIONS du G20.
                       
- une organisation modulaire;
- la fusion des voies générale et technologique (ce qui ne signifie pas suppression des enseignements technologiques);
- la modification du baccalauréat avec l'introduction du contrôle en cours de formation, un nombre réduit d'épreuves terminales et une "épreuve intégrée représentative du parcours de l'élève";
- la définition des modules (pluridisciplinaires, interdisciplinaires ou disciplinaires) par des connaissances et des compétences à acquérir;
- un temps d'accompagnement prévu de façon spécifique dans les emplois du temps avec deux objectifs: un travail d'élaboration du parcours personnel et le suivi des apprentissages réalisés, dans le cadre de petits groupes d'élèves;
- l'intégration dans les missions et le service des enseignants de l'accompagnement des élèves, ldu travail en équipe et de la participation au pilotage de l'établissement;
- la limitation de l'horaire de cours des élèves pour accorder du temps à la formation et l'insertion du futur citoyen (travail personnel, vie associative, relations entre pairs, entre jeunes et adultes, l'apprentissage démocratique...);
- la redéfinition des instances collectives pour permettre la participation de tous, élèves et adultes;
- enfin, pour le collectif, l'autonomie des établissements va de pair avec leur mise en réseau sur un territoire donné dans une logique de complémentarité pour éviter toute concurrence.
           
Liste des vingt organisations signataires:

- Syndicats, organisations lycéennes et étudiantes: SE-Unsa, Sgen-CFDT, UNL, Unef, Confédération étudiante;
- Mouvements pédagogiques: Éducation & Devenir, Crap-Cahiers Pédagogiques, Fespi, GFEN, Icem-Pédagogie Freinet;
- Mouvements d'éducation populaire: Cemea, Éclaireurs et Éclaireuses de France, Foeven, Francas, JPA, Ligue de l'enseignement, OCCE, PEP; Parents d'élèves: FCPE;
- Élus: ARF (Commission éducation présidée par Jacques Auxiette). 
 

Pétitions

Le SNALC demande un allègement du programme d’histoire-géographie en Première S avant l’épreuve anticipée de juin 2012

le SNALC demande que dans l’urgence le programme sur lequel portera l’examen d’histoire et de géographie pour la session 2012 du baccalauréat soit allégé, que les programmes, à plus long terme, soient adaptés aux capacités réelles d’apprentissage des élèves de l’enseignement secondaire.

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L'Avis du Snalc sur...

Découvrez dans cette partie les idées, positions et avis du SNALC sur les grands thèmes de notre système éducatif.

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