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Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale
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François Hollande au diapason des valeurs républicaines du SNALC
À l’occasion de sa journée d’investiture, François Hollande a tenu à rendre hommage à l’oeuvre scolaire de Jules Ferry au travers d’une très émouvante cérémonie …

Les ambiguïtés du Rapport Descoings

La mission de "concertation" dirigée par M. Richard DESCOINGS s'est déroulée dans des circonstances qui traduisent assez bien les ambiguïtés de l'actuelle politique ministérielle : censée concrétiser une volonté d'apaisement, elle s'est achevée dans le contexte de mécontentement provoqué par la "reconquête du mois de juin" ! Le Rapport publié au même moment est, nous le verrons, une imposture intellectuelle : en présentant une synthèse des opinions les plus contradictoires, qui reflète apparemment les résultats de la consultation, il se donne en réalité la caution intellectuelle nécessaire aux propositions et aux mesures les plus contestables.
     
Un contresens sur les finalités du Lycée
                         
Quelles que soient la valeur du "débat démocratique" et l'objectivité avec laquelle le Rapport DESCOINGS prétend en rendre compte, il y a un présupposé qui demeure essentiellement le même : la nécessité de "redéfinir le rôle du Lycée" qui, de fin en soi, devrait devenir un moyen pour d'autres finalités comme "la construction de la citoyenneté", "l'apprentissage de l'autonomie", la préparation aux "études supérieures" ou encore "l'insertion professionnelle".
                        
Le Lycée n'est plus qu'accessoirement un lieu d'enseignement et si le "savoir et les connaissances", la "culture et les arts", "l'éducation physique et sportive" semblent valorisés par le Rapport, c'est surtout parce qu'ils sont instrumentalisés pour favoriser l'acquisition de qualités très vagues comme "la construction de soi", "l'ouverture au monde", le "vivre ensemble", le "goût de l'effort", la redécouverte de l'estime de soi", etc. Les contenus pédagogiques ne devraient donc plus correspondre à des enseignements disciplinaires : ils feraient plutôt partie "d'une culture commune qui dépasse les seuls apprentissages en classe et (qui) devrait être une des finalités du Lycée comme lieu de vie" (p.18). L'archétype de ces "nouveaux apprentissages" serait évidemment le "projet personnel en quasi autonomie" (pp.19 et 65) et les activités "interdisciplinaires" (p. 62). Si le Rapport DESCOINGS prétend donc innover, il présente en réalité, pour le Lycée, un modèle pédagogique qui a déjà montré ses limites et dont la majorité des enseignants, ainsi que le SNALC, dénoncent depuis longtemps l'inconsistance. Une telle objection est cependant neutralisée à l'avance, car les réformateurs jettent d'emblée le discrédit sur le Lycée actuel qu'ils jugent encore trop "élitiste" et ils accusent les professeurs désireux de le préserver d'adopter aveuglément le "point de vue des élèves qui réussissent" (p.8). C'est ce dont témoigne également la dénonciation de la "prédominance de la série S" (p.46), jugée trop "sélective" et trop "généraliste" : c'est donc le principe de sélection - et non son abandon - qui expliquerait la dévalorisation des autres séries ! 
   
Pourtant, le Rapport DESCOINGS a le mérite de poser un vrai problème en abordant la question du déclin du niveau des élèves accédant au Lycée : "veut-on et accepte-t-on réellement qu'un nombre plus important de collégiens accède au lycée général et technologique - et les jeunes tels qu'ils sont aujourd'hui au sortir du collège ? - si oui, se donne-t-on vraiment les moyens d'adapter contenus et méthodes pédagogiques pour faire réussir le plus grand nombre possible de ces jeunes ?" (p.31). En fait, le renouvellement des méthodes pédagogiques a toujours dissimulé un ajustement des contenus éducatifs sur les normes les plus basses en vue d'augmenter artificiellement les taux de réussite. Mais, et c'est là une première ambiguïté, une réforme ambitieuse du Collège - rétablissant le primat d'une culture scolaire exigeante comme condition d'une véritable démocratisation - rendrait inutile toute réforme du Lycée.
     
Un point de vue pédagogique absurde : le "puérocentrisme"
                      
Le Rapport DESCOINGS préconise par ailleurs une véritable "révolution copernicienne" (p.35) pour que les élèves ne se sentent plus "humiliés" par un "système" dans lequel rien n'est fait pour eux (p.9) et où "seuls comptent les résultats scolaires [...], le niveau, la discipline, l'assiduité" (p.75). L'analogie épistémologique est pourtant intempestive : car la destitution du savoir qui s'opère ici, fût-elle l'expression de bons sentiments, s'apparente plutôt à une régression obscurantiste.
       
Il faudrait en effet reconnaître avant tout "le droit des élèves" et l'institution scolaire devrait devenir l'espace de liberté permettant d'y répondre. Les élèves réclament plus de débats en cours : la pratique des techniques de l'art oratoire devrait donc naturellement figurer parmi les "nouveaux apprentissages" ! Le Rapport insiste également sur l'acquisition des compétences socialement utiles comme la maîtrise des nouvelles technologies, ou encore la formation à "la rédaction d'un CV et de lettres de motivation", afin de favoriser "l'insertion professionnelle" (p.63). L'orientation ne devrait plus être "subie" : il faudrait donc établir les conditions ("enseignements de découverte", "classes passerelles", "réorientations rapides et sur mesure", etc.) favorisant la "liberté d'un choix positif" (p.51). Chaque élève, ayant "le droit à l'erreur", devrait aussi être assigné à un "professeur référent" chargé de l'accompagner dans sa "construction personnelle". L'évaluation, accusée d'arbitraire, devrait quant à elle être redéfinie sur des critères extra-scolaires pour être plus motivante (p.64) et pourrait tenir compte de "l'engagement à caractère associatif, citoyen, humanitaire et social" (pp.19 et 58). Les emplois du temps devraient être élaborés en fonction du "rythme biologique de l'adolescent", excluant les cours magistraux après 15h (p.77). Les élèves auraient même "le droit au parcours atypique et à l'année de césure" (p.65).
                     
Cette démagogie infantilisante dissimule évidemment les recommandations les plus absurdes : car l'accompagnement personnalisé, le soutien, les stages professionnels, etc., devraient finalement se substituer et non pas s'ajouter à une partie non négligeable des enseignements proprement dits ! Le procédé est certes complaisant mais relativement efficace : se placer du point de vue de l'élève permet d'adopter l'opinion hostile à l'Ecole qu'on lui attribue. Argument fallacieux par lequel l'institution entend le soustraire de toute forme d'instruction ambitieuse, ce qui revient à le desservir. C'est la seconde ambiguïté : l'élève est à la fois considéré comme un adolescent immature (qu'il faudrait éduquer avec indulgence) et un sujet de droits (à reconnaître dans sa "citoyenneté lycéenne"). Mais la générosité pédagogique finit par rendre l'enseignement impossible, en exigeant des professeurs d'obtenir ce qu'ils ne pourront plus eux-mêmes exiger de leurs propres élèves.
          
Des menaces persistantes sur les missions et les statuts
                      
Nous pensons que le Rapport DESCOINGS dissimule de réels dangers. S'il propose finalement divers "axes d'action" possibles, il faut se rappeler que l'ensemble des mesures forme un système dont la logique consiste à prétexter des échecs du système scolaire pour imposer de nouvelles pratiques pédagogiques qui sont impensables sans la redéfinition des missions et des statuts du corps enseignant ; mais celle-ci répond indûment à des impératifs budgétaires ...
                    
La publication par une mission parlementaire, à une semaine d'intervalle, du Rapport APPARU sur la réforme des Lycées, apporte une lumière sur le sens de certaines propositions. Ainsi, en dépit de quelques divergences (sur la semestrialisation, les filières, etc.), les deux Rapports comportent de nombreuses références similaires, notamment à l'article 34 de la Loi d'orientation de 2005 qui, dans le cadre de l'autonomie des Etablissements, permet l'expérimentation de nouveaux apprentissages. Or le Rapport APPARU précise clairement que cette disposition donne une liberté de gestion qui permet de gérer plus librement les moyens horaires" par une réduction des heures affectées aux disciplines bien dotées(1) " (p.45), une précision que NE MENTIONNE PAS le Rapport DESCOINGS qui se veut évidemment faussement consensuel (p.58).
                 
Le SNALC ne peut que dénoncer le plus fermement certains procédés malhonnêtes du Rapport DESCOINGS, dont on constate même l'aveu explicite lorsqu'on lit dans la Conclusion que les contreparties accordées aux syndicats sur les missions et le décompte des services "seront à terme compensées par la réduction du nombre d'heures/élèves" (p.86) ! C'est la troisième ambiguïté qu'il nous faut dénoncer : les enseignants devraient consentir à l'alourdissement de leur charge de travail pour remédier aux dysfonctionnements provoqués, en définitive, par les réformes du système scolaire.
                

(1) Le Ministère de l'Education nationale a dailleurs déjà publié une circulaire, applicable dès la rentrée 2009, qui accorde aux Lycées professionnels
davantage d'autonomie de gestion dans leurs moyens horaires (Arrêté du 10 février 2009).

Pétitions

Le SNALC demande un allègement du programme d’histoire-géographie en Première S avant l’épreuve anticipée de juin 2012

le SNALC demande que dans l’urgence le programme sur lequel portera l’examen d’histoire et de géographie pour la session 2012 du baccalauréat soit allégé, que les programmes, à plus long terme, soient adaptés aux capacités réelles d’apprentissage des élèves de l’enseignement secondaire.

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