CAPA d'accès à la Hors classe des agrégés : la Déclaration liminaire du SNALC

CAPA d'accès à la Hors classe des agrégés : la Déclaration liminaire du SNALC

Le SNALC salue, cette année encore, les efforts de l’administration académique pour mettre à disposition non seulement les documents de travail mais aussi l’exposé des règles qui ont guidé leur élaboration. Nous ne ferons aucun reproche à personne sur la cohérence entre le résultat de ce travail et les principes qui ont été édictés pour le conduire.
Ce sont aujourd’hui les principes qui nous inquiètent.
L’accès à la hors-classe est désormais considéré comme le terme naturel de toutes les carrières, même si cette règle souffrira des exceptions. La classe exceptionnelle, dont on voit déjà les limites et les incertitudes ne récompensera pour l’instant qu’une infime proportion des professeurs. Nous sommes en train d’affronter les premières conséquences du PPCR. Il contribue visiblement à renforcer l’importance de l’ancienneté dans les distinctions accordées aux personnels, au détriment du mérite et des qualités du service.
Le lycée est le cadre le plus fréquent du travail des professeurs agrégés, même si cette règle connaît aussi des exceptions. Or, nous nous préparons à affronter une réorganisation importante des enseignements au lycée, qui va sans doute demander à tous les personnels de faire preuve d’imagination, d’audace et de persévérance.
Ces deux changements, décidés séparément, avec des préoccupations différentes, risquent d’avoir des effets contradictoires si les perspectives ouvertes dans les dernières années d’une vie d’enseignement sont rétrécies par les impératifs économiques et la mauvaise justice du traitement égalitaire.
Des promotions qui doivent plus à l’ancienneté qu’au mérite nous en trouverons facilement dans la liste des propositions d’aujourd’hui. Des professeurs auxquels ont été attribués les meilleures mentions, mais qui n’ont atteint que le dixième échelon, doivent céder le pas à des collègues pour lesquels est portée, une ou deux fois, la mention « à consolider », mais qui languissent depuis plusieurs années au onzième échelon. Veut-on d’une hors-classe en chocolat ?
La méthode indiquée aux chefs d’établissements pour porter leur avis accentue cette tendance au lieu de la tempérer. Par souci d’efficacité, de bienveillance et de prudence, les proviseurs et les principaux accordent leurs mentions les plus favorables comme un coup de pouce aux personnes qui leur paraissent avoir le plus de chance d’obtenir leur avancement, volant au secours de l’ancienneté. Au lieu de donner une chance à ceux qui le méritent, on attribue du mérite à ceux qui ont déjà de la chance, à rebours de tous les principes les plus anciens et les mieux établis qui commandent nos relations avec nos élèves. Nous soutenons nos élèves quand ils se donnent du mal. Nous espérons bénéficier d’un traitement similaire.
Enfin nous nous inquiétons de l’idée que les jugements portés sur nos collègues soient considérés comme définitifs. Ni le résultat du troisième rendez-vous de carrière, ni les avis portés sur la liste des promouvables à la hors-classe ne doivent être figés dans le marbre administratif. Faute de quoi, il faudrait se satisfaire d’un avis satisfaisant sans rien tenter, ni rien changer, ni rien espérer, et l’étrange avis « à consolider » serait considéré comme une invitation à se consolider dans la routine rassurante et l’immobilisme confortable. L’entreprise de remodeler le lycée débuterait alors sous de funestes auspices.

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