Réforme du collège : compte rendu des réunions avec le ministère

Réforme du collège : compte rendu des réunions avec le ministère

Réforme du collège :







Compte rendu de la réunion du mercredi 25 mars




Première intervention

Comme il l'avait annoncé, en toute transparence, le SNALC a défendu les toutes les revendications exprimées dans notre communiqué de ce jour

Nous avons également rejeté la proposition d'une « fausse option » de langues anciennes, pour deux raisons : l'horaire est inférieur à l'horaire actuel (1h de moins par niveau !) et les moyens ne viendront pas en plus, mais seront pris sur heures qui doivent également servir à mettre en place des groupes à effectifs réduits, ce qui ne garantit donc nullement le maintien d'un enseignement des langues anciennes dans les établissements.


Deuxième intervention

Le SNALC a déclaré qu'il n'était pas sérieux de boucler cette réforme aussi vite contre l'avis des collègues. Nous avons dit aux représentants du ministère que la majorité des collègues était hostile à ce projet de réforme, et qu'il ne passerait pas : ce qui est proposé ne répond pas aux demandes des professeurs.


Troisième intervention

Le SNALC a signalé qu'il était parfaitement impossible de proposer des « enseignements pratiques interdisciplinaires » tels qu'ils sont conçus dans le projet sans communiquer quoi que ce soit sur les programmes à venir. Nous avons rappelé que l'organisation des futurs programmes, par cycle, rendrait la tâche encore plus compliquée aux collègues et démuliplierait le nombre de réunions. Nous avons dénoncé avec énergie une remise en cause de la liberté pédagogique car ce n'est plus le professeur qui a la maîtrise de son éventuel projet, mais le conseil pédagogique chapeauté par le chef d'établissement.

Le ministère nous ayant appris que la réforme allait s'appliquer simultanément sur les quatre niveaux en 2016, nous avons immédiatement répondu que c'était n'importe quoi ! Quid de l'articulation entre ancien et nouveaux programmes, notamment pour des élèves de 4e/3e qui vont devoir subir 1 ou 2 ans de « programmes de cycle » prévus pour être mis en œuvre sur 3 ans et sans repères annuels ! Cela va être une catastrophe!


Contact : Jean-Rémi GIRARD
Secrétaire national à la pédagogie







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Compte rendu de la réunion du mardi 17 mars





Première intervention


Le SNALC a exprimé avec violence son désaccord avec la philosophie générale de la réforme. C'est une attaque contre les disciplines et les horaires disciplinaires.

Cette réforme va entraîner dans les établissements une remise en cause de la liberté pédagogique puisque les enseignants n'auront plus la liberté des modalités de traitement de la totalité de leur programme.

Le SNALC a remis en cause certaines « vérités » du ministère :

- La création de 4000 postes (équivalents temps plein). Le calcul ne prend pas en compte la suppression des options (latin, grec, DP3), des sections et de la plupart des classes bilangues. Pour le SNALC, le chiffre du ministère est faux.

- La non diminution des horaires disciplinaires. Les collègues de LV1 perdent bien 1 heure. Nous n'acceptons pas la justification donnée par le ministère (les élèves commenceront désormais la LV1 en CP), qui mélange les heures des professeurs des écoles et celles des professeurs de collège.

- Toujours sur la même question, à l'heure actuelle, les collègues de SVT et technologie ont 2 heures en 6ème puisque 30 minutes doivent avoir lieu en groupe restreint, contrairement à ce qui est indiqué dans la grille horaire présentée. Avec la globalisation de 4 heures entre SVT, technologie et l'introduction possible des sciences physiques, les deux disciplines initiales vont nécessairement avoir une baisse de leur horaire disciplinaire.

Le SNALC s'est fortement étonné d'un horaire globalisé de 2h pour les enseignements artistiques. L'absence de distinction entre éducation musicale et arts plastiques laisse-t-elle présager quelque chose ?

Le SNALC a rejeté la nouvelle répartition de l'horaire de LV2, étalé sur 3 ans, qui entraîne une augmentation du nombre de classes par collègue et n'est pédagogiquement pas souhaitable.

Pour le SNALC, intégrer les EPI dans les horaires disciplinaires et faire organiser le tout par l'établissement est aberrant et ne pourra que générer des conflits internes en conseil pédagogique.

Le choix fait de rendre les langues anciennes accessibles uniquement par EPI est inadmissible. Le SNALC (dont les représentants portaient des badges #JeSuisLatiniste et #JeSuisHelléniste) a rejeté catégoriquement cette proposition : les langues anciennes doivent rester des disciplines optionnelles, avec un programme disciplinaire et des horaires garantis nationalement.

Pour le SNALC, la disparition de l'immense majorité des classes bilangues et de la totalité des sections européennes va impacter très durement les professeurs de langues vivantes, et entraîner tout particulièrement la suppression d'un grand nombre de postes en allemand.



Deuxième intervention, sur les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI)


Le SNALC a posé la question de la conformité de la réforme proposée avec la loi de refondation. Les « enseignements complémentaires » mentionnés dans la loi peuvent être proposés aux élèves en plus de l'enseignement commun. Les EPI, au contraire, sont intégrés à l'enseignement commun puisqu'ils sont sur les horaires disciplinaires et qu'ils sont censés mettre en œuvre des éléments des programmes.

Le SNALC a réaffirmé (en opposition aux réponses apportées par le ministère) que les EPI posaient problème en termes de liberté pédagogique. En effet, les durées de travail, les modalités d'action (...) ne dépendent pas du professeur lui-même. Il sera alors possible d'imposer à des enseignants de fonctionner sur tel thème, avec tels élèves, sur telle période (et avec tels collègues).

Sur les modalités d'organisation, si des élèves de différentes classes sont regroupés pour suivre des EPI dans lesquels des points du programme vont être traités, comment va-t-on gérer l'acquisition de la totalité du programme pour l'ensemble des élèves ?

Concernant les réponses apportées sur les EPI langues et culture de l'antiquité et langues régionales, quand bien même des modalités continuées seraient envisagées, le SNALC s'opposera à toute proposition n'allant pas dans le sens d'un réel enseignement disciplinaire sur un horaire dédié qui s'ajoute aux horaires disciplinaires. Actuellement, les horaires de langues anciennes sont déduits des horaires de français, ce qui est inacceptable !

Concernant l'organisation des EPI, le fonctionnement par projet nécessite du temps de concertation. Pour faire le parallèle avec les EIST (Enseignements Intégrés des Sciences et Techniques), lorsque ces derniers ont été expérimentés, un temps de concertation était prévu pour les collègues. On voit bien dans la grille horaire présentée qu'aucun temps spécifique n'est prévu pour la préparation des EPI. Sur quels horaires va-t-on pouvoir se concerter ?

Il nous a été répondu qu'il n'y a aucun temps supplémentaire prévu. Pour le ministère, cela ne demandera pas de travail supplémentaire par rapport à la préparation d'un cours monodisciplinaire mais changera la façon de faire. Le professeur « ne travaillera pas seul dans sa chambrette » (oui, c'est une citation exacte) et tout ce qui sera fait en EPI n'aura pas à être fait en disciplinaire pur.



Intervention finale


Il nous faut du concret : les programmes sont indispensables pour avoir une vision globale du projet. Quand les aura-t-on ? Il est répondu que les projets seront publiés la première semaine d'avril. Nous signalons que cela fait court pour un vote de la réforme au Conseil Supérieur de l'Éducation le 10 avril.

Le SNALC a signalé qu'il ne voyait pas en quoi les heures étiquetées « accompagnement » permettaient un réel accompagnement, puisqu'elles étaient prises sur les horaires disciplinaires.

Enfin, le SNALC a réaffirmé avec force qu'il ne laisserait pas le ministère tuer le latin et le grec.




Contact : Jean-Rémi GIRARD
Secrétaire national à la pédagogie




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