Le SNALC sur FigaroVox : Pourquoi il ne faut pas supprimer le bac

Le SNALC sur FigaroVox : Pourquoi il ne faut pas supprimer le bac




Pourquoi il ne faut pas supprimer le bac mais le restaurer


Par Jean-Rémi Girard Publié le 16/06/2015



FIGAROVOX / TRIBUNE - Le bac débute le mercredi 17 juin, accompagnées des habituelles interrogations sur la persistance d'un examen jugé par beaucoup obsolète. Pour Jean-Rémi Girard, il faut avant tout redonner ses titres de noblesse à un rite de passage clef.




Jean-Rémi Girard est Vice-président national du SNALC (2e syndicat de l'Éducation nationale et du supérieur).




JChaque année il revient, et chaque année il est au centre de toutes les discussions et de toutes les polémiques: c'est l'heure du bac.

Ce n'est d'ailleurs plus tout à fait l'heure du bac, puisque d'une part il faudrait plutôt parler DES bacs (qui ne se limitent pas à l'épreuve de philosophie des trois sections de la voix générale), et que d'autre part la multiplication d'épreuves en cours d'année (et, pour la voie professionnelle, de contrôles en cours de formation) fait que le bac a en réalité déjà commencé depuis un petit moment.


Notre système scolaire est aujourd'hui confronté à un paradoxe de plus en plus intenable. D'un côté, tout va mal: la maîtrise de la langue est en chute libre, l'échec dans le supérieur est massif. De l'autre, nous battons chaque année des records de réussite au bac.



Notre système scolaire est aujourd'hui confronté à un paradoxe de plus en plus intenable. D'un côté, tout va mal: la maîtrise de la langue est en chute libre, les enquêtes internationales ne nous placent pas vraiment dans le peloton de tête, l'échec dans le supérieur est massif. De l'autre, nous battons chaque année des records de réussite au bac. Désormais, à chaque session, c'est mai 68 (et même mieux au niveau des résultats), les pavés en moins. Et chaque ministre de se féliciter. Le bac, c'est un peu les habits neufs de l'empereur: le pourcentage d'admis relève de la magie, mais en réalité l'Éducation nationale est à poil.
Faut-il alors supprimer le bac? Je vous propose qu'on s'épargne l'éternelle métaphore du thermomètre qu'on casserait pour faire tomber la fièvre: niveau thermomètre, le bac pourrait indiquer +60 degrés en pleine ère glaciaire. Le problème, ce n'est pas le bac: c'est tout ce qui vient avant le bac. Le bac ne fait qu'avaliser et camoufler les difficultés antérieures, à grands coups de consignes de correction visant à faire mettre le plus de points possibles. On se fixe des objectifs chiffrés en amont plutôt que d'avoir un examen qui viendrait réellement évaluer le niveau des élèves par rapport aux attendus des programmes. Le bac est devenu un outil de gestion du système. Mais le supprimer reviendrait à avaliser cette évolution, et à accepter que le système dysfonctionne.

Or le baccalauréat dispose encore d'énormément d'atouts: c'est un symbole fort, c'est —pour autant qu'on le fasse passer au maximum sous formes d'épreuves nationales anonymes non trafiquées— un juge de paix assez objectif, c'est un rite de passage dans une société qui n'en compte quasiment plus. Alors plutôt que de «réformer le bac», ou de le faire passer en contrôle continu comme le demandent certains (la porte ouverte à absolument toutes les dérives), il faudrait plutôt que le bac redevienne ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être: la preuve qu'un élève peut suivre dans l'enseignement supérieur. C'est la seule chose qui doit servir de repère, ce qui demande de s'interroger sur la place du baccalauréat professionnel (dont les lauréats qui s'inscrivent à l'université échouent quasi à coup sûr) et sur le l'ensemble de notre système, depuis le primaire. Il faut arrêter le délire dans lequel on est tombé, et qui consiste à baisser de plus en plus la hauteur des haies plutôt que d'apprendre aux élèves à sauter haut et loin. Une métaphore qui vaut bien celle du thermomètre…





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