Recrutements réservés 2016 : un bilan inacceptable

Recrutements réservés 2016 : un bilan inacceptable

Publié le 01-10-2016

Dernière modification le 22-10-2016

Recrutements réservés 2016 :

un bilan inacceptable



Annoncée en mars 2015 par Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique à l'époque, et votée dans le cadre de la loi n°2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires , la prolongation du plan d’accès à la titularisation pour les contractuels de la Fonction publique est entrée en vigueur le 8 août dernier pour la Fonction publique de l’État. Le décret n°2016-1085 du 3 août 2016, publié le 7 août, prolonge de 2 ans, de mars 2016 à mars 2018, le plan d’accès à la titularisation et modifie les conditions d'accès requises aux concours et précise l’administration auprès de laquelle chaque agent éligible peut candidater.

Le SNALC se félicite de cette prolongation, car pour lui la situation de contractuel n'a pas à devenir une situation pérenne. Seul le concours garantit une sécurité professionnelle suffisante. Mais le bilan des concours réservés pose un problème qui va bien au-delà de la question de la prolongation du dispositif. Il révèle qu'en réalité, le ministère laisse les contractuels à l'abandon.

Le plan Sauvadet devait être un plan de titularisation permettant de résorber la précarité dans la Fonction publique. Force est de constater que le résultat de ces concours réservés est très décevant.

En effet, sur les 2024 postes ouverts aux recrutements réservés de la session 2016, seuls 770 postes ont été pourvus, soit 38% des postes offerts (voir tableaux ci-dessous).

Pour rappel, en 2014 déjà, sur les 2960 postes proposés, seuls 1862 ont été pourvus et pour la session 2015, seuls 1344 sur les 2960 postes ouverts ont été pourvus.

Bilan 2016 des recrutements réservés dans l'enseignement public*



* : données DGRH du Ministère de l'Éducation Nationale

Cette perte sèche s'explique par différents facteurs. Sur les 4119 inscrits pour l'ensemble du second degré, seuls 2102 d'entre eux ont fait remonter leurs dossiers. La différence s'explique par de nombreux éléments (dossier incomplet, hors délai, non respect des consignes d'inscription, oubli des candidats, etc.).
Parmi ces 2102 candidats, seuls 1443 furent admissibles (ou convoqués). Là, la différence entre ces deux nombres s'explique d'une part, par la phase d'admissibilité pour les concours de l'enseignement général (CAPES/CAPET) et d'autre part, par le caractère non recevable de certaines candidatures.
En revanche, sur les 1443 candidats admissibles, seuls 768 ont été admis, soit un taux d'échec de 46,8%. Dans certains cas, là où les candidats attendaient une validation de leurs acquis professionnels, ils ont trop souvent eu le sentiment de passer une épreuve académique à laquelle ils n'étaient absolument pas préparés.

L'Administration, quant à elle, justifie les échecs aux concours réservés par le manque de préparation et d’implication des candidats. Ce n'est ni sérieux, ni digne de l'Education nationale, qui est la première fautive de cet état de fait. Elle devrait se faire une obligation de proposer une formation de qualité à tous les contractuels souhaitant présenter le concours réservé. On en est loin. Comment dès lors s'étonner que de nombreux candidats, dont la valeur professionnelle est souvent reconnue par leur(s) supérieur(s) hiérarchique(s), échouent ?

Pour le SNALC, il est urgent, au vu de ces résultats, de prendre toutes les mesures permettant aux candidats de préparer le concours réservé dans de bonnes conditions. Le SNALC demande donc que les candidats puissent bénéficier, dans toutes les académies, d'une information et d'une formation au concours leur permettant de réussir pleinement les épreuves (dossier RAEP et soutenance orale).