Avoir raison avant les autres

Avoir raison avant les autres

Avoir raison avant les autres




Dès septembre 2006, nous annoncions que la soi-disant revalorisation de la voie professionnelle signifiait la mort de la voie technologique. Et nous recevions très vite un beau compliment, bien sûr tout à fait involontaire, de la part des conseillers du ministre qui faisaient savoir au Président du SNALC que "ses gens du professionnel n'étaient pas très enclins à la négociation ..."

Ils se référaient à une audience à laquelle nous avions participé, au cours de laquelle nous avions démonté point par point tous les arguments avancés en faveur du baccalauréat professionnel en trois ans. Ils s'imaginaient sans doute que la partie serait facile avec le Snalc dans ce domaine ! Et toutes les dénégations, polies ou agacées, reçues depuis au cours des multiples réunions sur la voie professionnelle et la réforme du lycée ne nous ont pas fait abandonner nos amères convictions : ce sont bien les décrets de Robien qui reviennent sous une autre forme.

Et même si nous avons eu raison avant les autres, nous n'imaginions alors pas jusqu'où iraient les projets. Encore une fois, c'est par la voie professionnelle que les pires réformes sont introduites, comme nous vous le démontrons régulièrement depuis trois ans. Cette fois le danger est double : mise en place de la réforme en contournant la loi sous couvert d'expérimentation, et fusion des concours CAPET et CAPLP.

Pour la voie professionnelle, le rejet du texte en CSE (parmi les organisations syndicales, seule la CFDT a voté pour), l'absence de publication de textes officiels, l'absence de grilles horaires dignes de ce nom (les grilles actuelles portent sur les trois années globalement avec mélange des disciplines dans certains cas ...) ne freinent en rien la mise en oeuvre du bac pro 3 ans sous couvert d'expérimentation ... Même pour les filières où le ministère a accepté officiellement, et à la demande des professionnels, le report à 2010, comme la restauration, les inspecteurs imposent, sous ce prétexte, des ouvertures de bac pro 3 ans dès maintenant. Ce sont ainsi l'autonomie des établissements et l'annualisation qui nous arrivent sournoisement. C'est bien cette méthode sournoise que le ministère compte utiliser maintenant dans les lycées généraux et technologiques. C'est pourquoi, il vous faut absolument refuser en conseil d'administration les expérimentations de toutes sortes qui s'annoncent en classe de seconde !

Quant aux concours : il n'existe plus aucune distinction entre CAPLP et CAPET ! Vidés de toute exigence technique réelle (disparition des vrais travaux pratiques de toutes les disciplines scientifiques notamment), leurs maquettes sont absolument identiques ! L'intérêt pour le ministère, nous demanderez-vous ? Simple : aujourd'hui, le ministère "rachète" deux tiers de leur ancienneté aux candidats disposant d'une expérience professionnelle au moment de leur accès au corps des Professeurs de Lycées Professionnels. C'est-à-dire qu'un cadre ayant travaillé 15 ans dans l'industrie avant de devenir professeur de lycée professionnel accède à l'échelon correspondant à 10 ans d'ancienneté dans l'enseignement. Devinez donc lequel des deux concours va disparaître ! Et gageons en outre qu'au-delà de cette économie, on en profitera pour développer la bi-valence, jusqu'à présent apanage des seuls PLP. C'est donc la fusion de tous les corps de professeurs qui s'immisce par ce biais.
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