Contribution des diplômes professionnels

Contribution des diplômes professionnels

Contribution des diplômes professionnels à la hausse du niveau national d'éducation et de formation


Les grandes réformes des années 1960 ont privé l'enseignement professionnel de son autonomie en l'intégrant au système scolaire. Cette "démocratisation" en a fait un enseignement de masse dépourvu de sélection à l'entrée. Ainsi, réservée aux élèves aux résultats scolaires ou au comportement incompatible avec la filière générale, la filière professionnelle s'est trouvée affaiblie. D'où la création du BEP (en 1966) et du baccalauréat professionnel (en 1985) pour revaloriser l'enseignement professionnel.

Pour rendre compatible des missions pour le moins difficiles à concilier (accueillir les jeunes évincés des autres filières, anticiper les évolutions du système productif ...), il offre une grande diversité de diplômes. Cette diversité est essentielle pour la généralisation de l'accès au diplôme, quoique considérée comme un facteur "d'illisibilité" de l'offre.

Rôle de l'enseignement professionnel dans la massification scolaire et dans la généralisation de l'accès au diplôme :

L'enseignement professionnel a vu ses flux augmenter considérablement dans les années 1960. La croissance a ensuite ralenti pour s'interrompre dans les années 1980. Cette évolution s'est accompagnée d'un changement de structure : initialement centré sur le CAP, la filière professionnelle est désormais polarisée sur le BEP et le baccalauréat professionnel. Le BEP est devenu le premier diplôme de l'enseignement professionnel (429 000 élèves en 2004). Avec l'arrivée du bac pro (et avec le BP) on constate le développement du niveau IV assorti d'un basculement du domaine industriel vers le tertiaire.

Ainsi, voie professionnelle et voie technologique forment plus d'un million de jeunes aux diplômes du secondaire. La voie professionnelle a donc effectivement contribué à la démocratisation de l'enseignement. Par ailleurs, l'image largement répandue des "jeunes en difficulté" dans ces voies de formations n'est pas corroborée par les faits suivants :
40 % des jeunes issus de 3ème s'orientent dans la voie professionnelleles jeunes inscrits en bac pro sont déjà titulaires d'un diplôme
20 % des candidats à un diplôme professionnel (40% avec les apprentis) ne sont pas en formation initiale (formation continue, candidats libres, CNED)

Différents diplômes pour différentes voies de formation :

La diversité de l'offre de diplômes répond à plusieurs fonctions stratégiques :
- prendre en compte les besoins des entreprises, les intérêts des partenaires sociaux ;
- s'adapter aux différentes voies de formation.

Le diplôme pivot des lycées professionnels reste le BEP et les spécialités dominantes sont le tertiaire administratif, le commerce et le secteur sanitaire et social. Ces spécialités s'avèrent plutôt féminines. Electrotechnique et maintenance industrielle dominent le secteur de la production et restent dévolus aux garçons.

La croissance du bac pro est désormais interrompue, mais le nombre de spécialités ne cesse de croître et atteint 65 en 2005.

Bien que le BEP soit conçu comme une étape avant le bac pro, on observe un écart important entre le nombre d'élèves en BEP et celui en bac pro : en 2004, 429 000 élèves en BEP et 184 000 en bac pro.

Si la voie scolaire est plus féminine, l'apprentissage, tourné vers la production reste plus masculin.

La formation continue représente 9,5 % des candidats aux diplômes professionnels (71 000 en 2004). Et le BTS a supplanté le CAP, suivi du BP (brevet professionnel). Les spécialités les plus recherchées sont les BTS du commerce et du secrétariat, suivis des BP de préparateur en pharmacie et de coiffure, et du CAP petite enfance (qui font aussi l'objet des demandes de Validation des Acquis de l'Expérience les plus nombreuses).

La démocratisation a pris plusieurs formes : formation initiale et continue, accès aux diplômes, Validation des Acquis de l'Expérience.

La voie professionnelle a joué un rôle important d'initiateur pour prendre en compte les multiples objectifs qui lui on été assignés.

Elle a largement contribué à la démocratisation de l'enseignement : voie professionnelle et voie technologique forment ainsi plus d'un million de jeunes par an.

La démocratisation de l'accès au diplôme, et en particulier de l'accès au baccalauréat professionnel, est louable : le diplôme sanctionne un niveau, des savoir-faire et des savoir-être ; il donne au diplômé l'image positive de lui-même, la confiance, dont il a besoin. Pourtant, cette confiance en lui-même se révèle trop souvent exagérée. Encouragés par cette réussite et en dépit d'un niveau très faible dans les matières d'enseignement général, les titulaires du bac pro ont trop souvent tendance - malgré les mises en garde insistantes des enseignants - à s'inscrire à l'université parce que "ils y ont droit".

Quand aura-t-on l'honnêteté de protéger ces jeunes contre une perte de temps et une régression? Les études montrent clairement que les jeunes ayant commencé un cursus d'études supérieures sans l'achever ont notoirement moins de chances de trouver un emploi que ceux qui se présentent directement sur le marché du travail après la réussite au bac pro.

Bref, quand renoncera-t-on à la démagogie qui consiste à admettre directement à l'université les titulaires d'un bac pro ?
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