CSE du 26 janvier 2017 : Déclaration du SNALC

CSE du 26 janvier 2017 : Déclaration du SNALC

Publié le 26-01-2017

Dernière modification le 26-01-2017

CSE du 26 janvier 2017


Déclaration du SNALC-FGAF




Madame la Ministre,

Nous examinons ce matin plusieurs textes qui ont trait à l’enseignement spécialisé et à une modification en profondeur du fonctionnement de ce dernier, puisque la loi de refondation du 8 juillet 2013 entérine un changement important avec le concept d’école inclusive. C’est donc dorénavant à l’École de s’adapter pour permettre la scolarité des élèves, et non plus l’inverse.

Ce concept d’école inclusive soulève toutefois de nombreuses interrogations. Nous avons pu constater au cours des différents groupes de travail que tout le monde n'a pas la même définition de ce qu’est l’inclusion, de ce qu’elle recouvre et de ce qu’elle implique. Or — nous l'avons vu ces dernières semaines avec le prédicat — un concept mal défini pose immanquablement des problèmes.

Favorable à l’inclusion chaque fois qu'elle est possible, souhaitable et réalisable, le SNALC refuse néanmoins que des élèves soient scolarisés dans des conditions qui ne leur conviennent pas. Les conséquences en ce cas sont terribles, tant pour l'enfant que pour les personnels. Alors que nous manquons de places dans les structures et dispositifs spécialisés, que de nombreux collègues volontaires se voient refuser des formations et que les services de soins sont sous tension, le mot « inclusion » permet trop souvent de réaffecter des élèves dans des classes ordinaires sans les aides et accompagnements auxquels ils ont droit et dont ils ont besoin.

Le projet de réforme de la formation spécialisée — le CAPPEI — permet, et nous le saluons, aux enseignants du second degré de suivre la même formation que ceux du premier degré. Toutefois, pour le SNALC, cette formation ne permettra pas de répondre au mieux aux besoins éducatifs particuliers des élèves, puisque les modules d’approfondissement — qui sont le coeur de la formation — voient leur volume diminuer de 150 heures dans le CAPA-SH à 104 heures dans le CAPPEI. Le volume global réel de la formation passe de 400 à 300 heures et, au vu de l’état de la formation continue, nous avons de sérieuses réserves quant à la possibilité de suivre les cent heures complémentaires, même si nous avons pris acte du « droit opposable » à la formation inscrit dans le texte. Étrange logique qui voudrait que nos collègues envisagent d’attaquer leur employeur pour avoir accès à leur formation…

Le SNALC rappelle enfin qu'une inclusion ne peut être réussie que si elle est anticipée. Un important travail en amont est nécessaire afin que l'ensemble des personnels se coordonnent et agissent au mieux. Et puisqu'il est question des personnels, le SNALC tient à dire haut et fort que la situation des AESH n'est pas acceptable. Les AESH de droit public ou privé ont en moyenne des contrats de 20h à 24h, avec des disparités d'une académie à l'autre. Leur rémunération ne leur permet pas de vivre décemment et certains sont obligés de prendre un second emploi. La précarité est très souvent leur quotidien. De surcroît, les accompagnants d'élèves en situation de handicap manquent cruellement de reconnaissance : la plupart n'ont même pas de casiers dans les établissements, ni connaissance de leur adresse académique. Certains sont tout simplement évincés des réunions et conseils de classe. Dans certaines académies, l'administration les infantilise en leur interdisant de parler aux parents sans la présence de l'enseignant. Enfin, s'ils reçoivent une formation généraliste de 60h, cette dernière a lieu bien après leur prise de fonction, et rien ne leur est proposé sur la spécificité des différents handicaps. Sans les AESH, beaucoup d'enfants porteurs de handicaps ne pourraient être scolarisés efficacement et dignement, et le concept d'inclusion ne serait qu'une coquille vide. Le SNALC demande donc la création d'un vrai métier d'AESH sous le statut de la fonction publique, levier indispensable à la scolarisation des élèves en situation de handicap.