Bac Pro en 3 ans

Bac Pro en 3 ans

Bac professionnel en trois ans


Monsieur Xavier Darcos, l'a annoncé à plusieurs reprises : le baccalauréat professionnel est un vrai baccalauréat qui doit être préparé comme les autres en trois ans. Qu'en est-il réellement ?

Le SNALC vous livre ici ces réflexions sur le sujet :

Le baccalauréat professionnel à l'issue de la troisième se préparait en quatre années : deux en BEP (diplôme intermédiaire), puis deux en baccalauréat professionnel.

La voie professionnelle concerne environ 700 000 élèves, soit près du tiers des lycéens. L'enseignement professionnel a la particularité d'avoir le taux le plus élevé d'enfants issus d'un milieu ouvrier (seuls 6,5% d'enfants issus d'un milieu enseignant et 4% de ceux dont les parents appartiennent aux professions libérales ou cadres y font leur scolarité). Il concentre également de nombreux élèves qui ont eu ou rencontrent encore des difficultés scolaires, et malgré cela, le taux de réussite au diplôme est de 78,4% en baccalauréat professionnel contre 89,6% en baccalauréat général en 2012.

Si le baccalauréat professionnel est bien un diplôme de niveau IV (premier diplôme universitaire), force est de constater que les bacheliers technologiques, et surtout professionnels, qui poursuivent des études supérieures constituent plus des deux tiers des échecs enregistrés.

Le SNALC qui milite pour un enseignement professionnel de qualité s'est toujours interrogé sur le projet du baccalauréat professionnel en trois ans. Comment, sans baisser le niveau d'exigence de l'examen, faire mieux réussir les élèves avec une année de moins ? Le SNALC annonçait dès 2009 que de nombreux élèves abandonneraient en cours de formation et force est de constater que le SNALC avait raison : l’inspection générale l’a montré dans un rapport de 2012.

Depuis le début de cette expérimentation du baccalauréat professionnel en trois ans, le SNALC n'a cessé de s'y opposer et d'émettre des réserves (voir, entre autre, la Quinzaine Universitaire N°1201 du 20 janvier 2003 et la Quinzaine Universitaire N°1205 bis du 7 avril 2003).

Cette expérience qui avait été lancée à la demande de l'U.I.M.M. (Union des Industries Métallurgiques et Minières), ne devait concerner que quelques divisions et avait pour objectifs d'attirer un public nouveau vers les métiers de la métallurgie, en accélérant l'accès à la qualification par un alignement sur la voie technologique et de positionner le baccalauréat professionnel comme premier niveau de qualification dans le secteur industriel, en éliminant progressivement les diplômes de niveau V ne correspondant plus au niveau des emplois dans ce secteur.

En 2007, 10 000 élèves étaient dans un cursus de baccalauréat professionnel en trois années et le nombre de divisions concernées s'est, au fil des années, étendu du domaine de la métallurgie à l'ensemble du domaine de la production et du tertiaire. De 4 spécialités couvertes en 2001, on en dénombre 35 en 2006 !

Le SNALC n'a cessé de constater la sortie progressive de l'expérimentation par rapport à son cadre originel, quelques baccalauréats professionnels en trois ans ayant même été mis en place uniquement pour tenter de sauvegarder certaines filières d'établissements.

Le SNALC avait réagi dès le 21 septembre 2007 à l'annonce de la généralisation du baccalauréat professionnel en trois ans et constate que le ministre de l'Education Nationale a persisté à maintenir ce projet malgré de nombreuses réserves.

En septembre 2005, un rapport de l'inspection générale de l'éducation nationale portant sur la préparation du baccalauréat professionnel en trois ans a livré certaines conclusions : « Si le bac professionnel en trois ans constitue une première réponse à la flexibilité des parcours, ce dispositif n'y répond que partiellement et de manière trop rigide. En effet, il est nécessaire de donner une réponse adaptée à la diversité des publics accueillis en baccalauréat professionnel. Le parcours en trois ans n'est donc qu'un élément de réponse qui ne concerne qu'une faible partie des publics » ... « il y a lieu encore de souligner qu'une grande majorité d'élèves ne peut pas suivre un parcours vers un baccalauréat professionnel en trois ans au terme du collège et à ce titre ils ne doivent pas être oubliés ».

Le bureau de la formation professionnelle initiale, de l'apprentissage et de l'insertion - DGESCO ministère de l'Education Nationale - a établi en 2006 un bilan statistique sur cette expérimentation. On peut notamment y lire dans les conclusions :
• les objectifs initiaux ne sont pas atteints
• l'érosion (sortie d'élèves) reste préoccupante surtout en 1ère année
• la préparation en 3 ans n'améliore pas le recrutement des spécialités peu prisées
• les résultats au baccalauréat professionnel trois ans sont satisfaisants pour les filières tertiaires mais décevants pour certaines filières industrielles.
• une partie des jeunes entrés en formation semble avoir le profil requis pour suivre avec succès une formation en 3 ans, mais une autre partie ne remplit pas les conditions minimales

Alors que les conclusions de l'expérimentation ne sont pas probantes, monsieur Xavier Darcos, a à nouveau annoncé, sans concertation préalable, le 22 novembre 2007 lors du salon Educatec, sa volonté de généraliser le baccalauréat professionnel en trois ans, en multipliant dès la rentrée 2008 par dix le nombre d'élèves entrant dans ces structures. Cette nouvelle annonce a fait suite à la note de service du 29 octobre 2007 de Monsieur Le Ministre adressée aux Recteurs et Vice-recteurs d'Académie ayant pour objet le développement du baccalauréat professionnel en trois ans.

Cette note de service précise que : « la généralisation du parcours en trois années doit donc être résolument engagée et, dès la rentrée 2008, 45 000 élèves devront être accueillis dans des formations préparant en trois ans au baccalauréat professionnel, ce qui équivaut à environ 25% des effectifs actuels entrant en formation BEP. Les ouvertures de divisions de première année de baccalauréat professionnel en trois ans se feront par remplacement de divisions de seconde professionnelle (première année de BEP) dans les secteurs professionnels correspondants ... Par ailleurs, l'année 2008 sera mise à profit pour préparer la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans ».

Ces modifications ne seront pas sans impact lourd sur les structures. En réduisant les baccalauréats à trois années, le ministère économisera un quart des moyens, sans compter toutes les structures BEP qui ne seront pas transformées.

Le SNALC craint que cette revalorisation de l'enseignement professionnel, annoncée par le ministre sous cette forme du baccalauréat professionnel en trois ans, soit l'arbre qui cache la forêt des réductions budgétaires et de la mise en place du lycée unique.

Pour le SNALC, la solution du « moule unique » est et a toujours été de loin la plus mauvaise pour faire réussir les élèves au regard de leurs diversités.

Cette réforme, semble-t-il voulue plus particulièrement par le ministère que par les branches professionnelles, risque de fragiliser cette voie de formation et met en péril le devenir de nombreux diplômes de niveau V (CAP - BEP).

Sur la question de la revalorisation de la voie professionnelle, le SNALC estime que l'objectif de ces formations est de conforter un enseignement général solide tout en offrant une réelle culture professionnelle et cela nécessite du TEMPS. Pour ce faire, le SNALC reste persuadé qu'il faut offrir plus tôt une possibilité d'orientation positive, et permettant aux collégiens volontaires d'acquérir le socle de connaissances en lycée professionnel.

Le SNALC a demandé avec d'autres organisations syndicales le retrait de la note du ministre datée du 29 octobre 2007.


Pour nous contacter : gesper@snalc.fr
SNALC © 2018
Association déclarée - Syndicat de salariés
N°SIREN 784 312 282
4, rue de Trévise 75009 Paris
Hébergement : ovh.com
Site optimisé pour Chrome et Firefox