« L’informatique & l’école », la saison 4 va sortir !

« L’informatique & l’école », la saison 4 va sortir !

Publié le 27-04-2017

Dernière modification le 11-02-2018

« L’informatique & l’école », la saison 4 va sortir !

Le pilote de la série date des années 70 pour les lycées et des années 80 pour les écoles élémentaires. C’est au cours de ces décennies que l’informatique était censée devenir « incontournable » à l’école.

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Laurent Fabius, premier ministre modernisateur du gouvernement de François Mitterrand lance en 1984, l’idée du plan « IPT » informatique pour tous, un plan de 2 milliards de Francs pour initier les élèves à l’ordinateur. Tous les établissements publics d’enseignement seraient équipés pour initier les élèves à l’informatique, soit 120 000 micro-ordinateurs accessibles à tous les citoyens.
Accompagné d’un énorme travail médiatique avec slogans télévisés, ce premier grand plan, lancé un an avant les législatives était un choix économique qui avait pour but de sauver l’entreprise Thomson, sélectionnée sans aucun appel d’offre. Les écoles se sont donc vues dotées de MO5 et TO7, « les machines de demain ». Le pari fut vite perdu car le crayon optique, à la pointe de la technologie proposée par ces micro-ordinateurs, fut très vite dépassé par la souris d’Apple et de Microsoft. Résultat, en 1989 Thomson abandonnait l’informatique et il fallut rapidement trouver de la place dans les armoires des écoles pour stocker ce qui allait devenir très rapidement d’encombrantes antiquités.

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L’arrivée de la connexion internet dans les foyers a motivé un certain nombre d’enseignants à se connecter dans leur école dès 1995. C’est tout naturellement à partir de 1996 que commencent ainsi à apparaitre les premières banques de ressources éducatives. En 1997, un vaste plan développé par la Direction de l’Information Scientifique et des Technologies Nouvelles du Ministère de l’Éducation Nationale est mis en place pour connecter TOUS les établissements. Les équipements des écoles étant financés par les municipalités, certaines n’ont alors pas la possibilité de prendre en charge le coût des installations et des connexions, d’autres n’en ont tout simplement pas la volonté. Le développement de la connexion internet dans les écoles s’est étalé sur de nombreuses années. Les collèges et lycées moins nombreux, ne dépendant pas des communes et plus généralement implantés en villes, ont eu bien moins de problèmes pour se connecter.

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Devant les difficultés de certaines municipalités à équiper les écoles, un vaste plan d’aide aux communes se met en place quinze ans plus tard. Le plan ENR apporte 67 millions d’Euros à l’équipement des écoles (Rapport IGEN - n° 2011-073). Les communes se sont vues aidées à hauteur de 80% pour l’investissement dans des TBi ou TNi. Offre extrêmement intéressante pour les municipalités. Certaines, pour être dans la course aux TICE (Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement) vis-à-vis des écoles voisines, ont parfois équipé des salles de classes complétement inappropriée à l’installation d’un tel matériel. Des serveurs en linux dont la gestion était inadaptée aux équipes, ont été installés dans bon nombre de salles informatiques. Parallèlement à ces équipements « High Tech », les parcs de machines dans la majorité des écoles fonctionnaient encore avec de vieux « Pentium » sous Windows XP voire sous Windows 95 (apparu en 1995), seul système supporté par des ordinateurs de type 486 d’un autre temps. Tout cela, souvent sans connexion internet, bien sûr.

En 2017, si certains TBi sont parfois encore exploités sérieusement dans certaines écoles, l’utilisation de la majorité d’entre eux en est réduite à la vidéoprojection. Et avec le temps, comme l’entretien coûteux du matériel n’est pas assuré, les modèles de TBi qui n’ont pas la possibilité de terminer leur vie en tableau blanc finissent par trouver leur place de pièces de musées poussiéreuses entre les modems 14400 kbps, les MO5 et les TO7.

Néanmoins, à l’image de certains adeptes du « tuning » qui n’ont pas peur du ridicule et qui installent une chaine-HIFI de luxe dans une vielle petite voiture sans permis, ce plan ENR aura permis lui aussi de faire du bruit et d’impressionner les parents.

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Loin de nous l’idée de gâcher le suspense de la dernière saison de cette série, en vous en dévoilant l’histoire. Mais excepté le budget engagé par la production, rien n’a vraiment changé.

Aujourd’hui le ministère se lance dans une (nouvelle) vaste opération d’équipement des écoles et des collèges. Une opération chiffrée à 173 millions d’euros. L’idée est d’assurer un équipement de qualité avec un cahier des charges très précis conforme à toutes les normes de sécurité et de sécurisation des données imposées par la CNIL.

Le ministère proposera ainsi aux porteurs de projets une prise en charge partielle du coût des installations qui devront absolument être composées de matériel conforme au cahier des charges précédemment évoqué. Cet équipement pourra prendre la forme d’un matériel informatique de bureau ou encore d’un matériel transportable du style « tablettes ».

Le BYOD

Le plan numérique pour le premier degré ne concernera pas un équipement transportable par élève mais un renforcement des équipements fixes ou de classes mobiles plus particulièrement en cycle 3.

En effet, le SNALC premier degré, dès le début des discussions, a été défavorable à l’équipement de tablettes individuelles pour l’élémentaire et encore moins à l’apparition du BYOD « Bring your own devices » (comprenez : « Prenez vos appareils personnels pour travailler dessus en classe. »).

Cela pour plusieurs raisons :

• Tout d’abord, pour le SNALC, les élèves de cet âge ont avant tout besoin de bases fondamentales solides et pour ce faire, les tablettes ne les aideront en rien.
• Le SNALC a mis en avant les difficultés d’utilisation que susciterait un équipement de ce type dans les écoles, (utilisation commune avec les TAP) ou encore la crainte d’appareils et de contenus inappropriés à l’âge des élèves.

Le plan numérique dans les écoles en 2017-2018

Le cahier des charges restera imposant. 50 millions d’euros seront prévus pour le développement du numérique dans les écoles rurales de moins de 2000 habitants. Une première vague d’équipement pour le premier degré verra le jour dès la rentrée 2017 avec une enveloppe de 5 millions d’euros puis un déblocage de 45 millions en 2018. Cette aide de l’État peut représenter jusqu’à 7000 € par écoles à condition que la commune dépense la même somme. Le choix de l’équipement et des pratiques ne sera pas imposé par le ministère. Les équipes pédagogiques qui auront répondu à l’appel d’offre, auront l'initiative de déclencher ou non les dotations.

L’appel à projets pour 2017 est paru au BO du 6 avril 2017 :

http://cache.media.education.gouv.fr/file/14/02/1/ensel257_annexe_747021.pdf

Le ministère a annoncé lors du dernier groupe de travail qu’une centaine de projets seraient retenus pour 2017. Au regard de l’enveloppe budgétaire disproportionnée (5 millions d’euros) par rapport au nombre de projets retenus, nous pouvons d’ores et déjà imaginer que la sélection sera rude et que les regroupements de plusieurs écoles seront privilégiés. Le SNALC premier degré s’est fait le porte-parole de nombreuses écoles, qui, encore en 2017 sont toujours sans connexion internet ou sans un seul ordinateur fiable et qui le resteront après ce nouveau plan numérique.

Bref, comme dans toutes les séries, rien de vraiment nouveau dans cette saison, l’histoire se répète. Toujours des plans qui coûtent de plus en plus cher, pour des équipements très variables selon les écoles. On entend la volonté et le besoin de développer l’utilisation du numérique scolaire, mais s’assurer que les 52 200 écoles puissent toutes bénéficier d’une connexion internet correcte, de logiciels adaptés, et d’un équipement de base fiable serait, pour le SNALC premier degré, bien plus urgent et important.

Christophe GRUSON, responsable national SNALC premier degré, premierdegre@snalc.fr
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