POUR UNE AUTRE CERTIFICATION EUROPÉENNE

POUR UNE AUTRE CERTIFICATION EUROPÉENNE

Publié le 11-02-2018

Dernière modification le 13-07-2018

POUR UNE AUTRE CERTIFICATION EUROPÉENNE





Par Sébastien VIEILLE, commissaire paritaire du SNALC Besançon
Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1413 - FÉVRIER 2018





Née entre 2006 et 2008, la Certification Européenne évalue une partie de nos élèves de seconde dans les cinq compétences. En dix ans, ce rendez-vous s’est ancré dans les pratiques, que ce soit en anglais avec le Cambridge English Certificate, en espagnol avec la certification Cervantes ou en allemand avec la certification de la KMK. Bien que de nombreux collègues de langues y soient attachés, une enquête auprès de nos sections académiques a montré qu’un désamour tend à s’installer. Dans 60% des académies qui ont répondu à nos questions, des enseignants refusent désormais d’évaluer ou même d’inscrire leurs élèves



BEAUCOUP D’ARGENT POUR PAS GRAND-CHOSE ?

Pour la période 2007-2010, le Ministère a versé 1.573.427 € à Cambr idge ESOL et 1.077.384 € à l’Institut Cervantes. Pour 2010-2013, 2.645.784 € HT sont allés à Cambridge et 3 .541.600 € HT à Cervantes. Enfin, pour la seule année 2014, Cambridge a touché 1.302.268 € HT et Cervantes 755.300 € HT1.

Certains collègues ont ainsi le sentiment de travailler à l’enrichissement d’une entreprise privée. En effet, si les partenaires envoient des sujets, ce sont bien les professeurs français qui interrogent les élèves, corrigent la partie écrite et remplissent les grilles.

Par ailleurs, même si la Certification Européenne reste valable à vie, elle valide un niveau B1 – voire A2 – alors que deux ans plus tard les élèves passent le baccalauréat qui, lui, est supposé sanctionner un niveau B2. Si les défenseurs de la Certification voient en elle une première vraie confrontation à des épreuves de langues, pour ses détracteurs, elle est une perte de temps et d’argent. Ils sont d’autant plus critiques qu’ils perçoivent des disparités dans l’organisation de cet « examen ».


DES VARIATIONS QUI DÉCRÉDIBILISENT

Sur les quelques 300.000 élèves inscrits ans les différentes sections européennes, seuls 40.000 passent la Certification2
et les pratiques varient selon les académies, voire les établissements. Ici, tous les euros sont inscrits d’office, là seuls les volontaires le sont et ailleurs, on ajoute les non-Euros motivés.

Les épreuves aussi sont variables. Alors qu’en anglais, l’oral se passe en binôme – parfois par trois – et donne lieu à une interaction entre pairs, dans les autres langues, l’élève est seul et interagit avec son examinateur. En allemand, une partie de l’épreuve orale donne même lieu à une préparation.

Mais, la différence qui est la plus contrariante pour ceux qui en sont conscients est l’inégalité de traitement entre les examinateurs selon les académies. En effet, alors qu’à Paris, Créteil ou Rouen, les enseignants perçoivent des HSE – ce fut aussi le cas à Besançon en 2016 – dans l’académie de Rennes, ils sont défrayés pour leurs déplacements, à Aix-Marseille, ils sont déchargés de cours, tandis qu'en Corse, à Clermont ou à Grenoble ils ne perçoivent ni rémunération, ni défraiement.


CE QUE RÉCLAME LE SNALC

Face à ces disparités et aux coûts d’organisation des épreuves, le SNALC considère que pour donner plus de crédit à la Certification, il faut lui donner un cadrage national. Nous pourrions nous inspirer de l’organisation du DCL (Diplôme de Compétence en Langue), beaucoup plus normée. Les enseignants sont rémunérés selon la grille habituelle pour les examens. L’épreuve est la même dans les 13 langues évaluées. Les concepteurs des sujets sont choisis parmi les évaluateurs et les diplômes sont attribués par des jurys semblables à ceux des BTS.



(1) Annonces n° 1183 et n° 1182 du 5 novembre 2007 – BOAMP n° 51C, Annonces n° 262 n° 263 du 30 juillet 2010 –
BOAMP n° 146C et Avis N° : AM-1438-0540, Mis en ligne le 12/09/2014.
(2) http://www.cambridgeenglish.org/fr/news/view/partenariat-ministere-de-l-eduction-nationale-cec/





LE DIPLÔME DE COMPÉTENCE EN LANGUE :
UN EXEMPLE À SUIVRE ?


Créé en 2010, ce diplôme s’adressant aux adultes revêt plusieurs avantages :

- Les examinateurs sont payés à l’échelon 4 de la grille habituelle pour les examens.

- Les concepteurs des sujets sont choisis parmi les examinateurs.

- Les diplômes sont attribués par un jury semblable, composé comme un jury de BTS, et placé sous la responsabilité du Recteur d’Académie.






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