RAPPORT BRUNET: PLP, RÉVOLTEZ-VOUS !

RAPPORT BRUNET: PLP, RÉVOLTEZ-VOUS !

Publié le 25-02-2018

Dernière modification le 16-12-2018

RAPPORT BRUNET

PLP, RÉVOLTEZ-VOUS !



Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1414 - MARS 2018




Comme l’a dit un inspecteur général lors de la journée marathon organisée par la mission CALVEZ-MARCON au Palais Brongniart le 23 janvier, le personnel et les élèves de la voie professionnelle ont l’habitude qu’on leur promette une revalorisation. Avec le rapport BRUNET c’est l’inverse : on leur montre qu’aux yeux de la « société civile » ils ne servent à rien ! Nous en arrivons à nous demander si nous devons postuler pour les départs anticipés des fonctionnaires.


UN CONTEXTE D’EFFERVESCENCE

La voie professionnelle a été définie par Jean-Michel BLANQUER comme une de ses priorités. De fait, elle fait actuellement l’objet de nombre de missions et rapports visant selon les cas à « rénover notre modèle social » ou réduire le chômage des jeunes. Ainsi, notre Ministre a-t-il confié en novembre 2017 une mission à une députée nouvellement élue, Céline CALVEZ, et un chef cuisinier reconnu, Régis MARCON. Cette mission vise à rénover la voie professionnelle. Les conclusions sont attendues mi-février. La longue lettre de mission signée par Jean-Michel BLANQUER fait d’ailleurs une analyse sans concession des dernières réformes : « un affichage de revalorisation… » est l’expression dont il qualifie le bac pro trois ans.

Parallèlement, Sylvie BRUNET (membre du CESE) s’est vu confier par la Ministre du Travail la direction de la concertation sur l’apprentissage, tandis que Jean ARTHUIS, député européen, a étudié de juillet à janvier les améliorations possibles d’Erasmus pour les apprentis.


LE RAPPORT BRUNET : UNE LISTE À LA PRÉVERT

Les perles du rapport révèlent méconnaissance et mépris incommensurables des collèges comme des lycées professionnels.

Les groupes de travail, auditions et contributions écrites se sont très largement centrés sur les questions de financement et d’organisation. On aboutit donc à une série de 44 propositions. Nous nous concentrerons sur ce qui nous affecte : l’Éducation nationale et ses lycées professionnels comme « prestataires » au service des CFA. On oublie au passage que les lycées professionnels accueillent aussi des apprentis, mais le privé, c’est tellement mieux !


UNE UNIQUE PROPOSITION PERTINENTE (MAIS INCOMPLÈTE)

La reconnaissance de la qualification et du savoir-faire des maîtres d’apprentissage (les tuteurs sont oubliés). Nous réclamons depuis longtemps cette disposition qui devrait relever de la responsabilité sociale des entreprises. Le SNALC se bat depuis cinq ans au CNEE pour que soient reconnus les tuteurs qui s’investissent au profit des jeunes lors de leur formation en entreprise et prennent souvent sur leur temps libre pour accomplir pleinement leur mission de formation et d’évaluation.


LE JOYAU DU RAPPORT : UNE INVENTION MAGIQUE

Pour résoudre les problèmes de comportement des apprentis en entreprise, un nouvel enseignement (bizarrement réservé à une seule catégorie de professeurs) nommé « ETAP » (enseignement de transition vers l’activité professionnelle). L’annexe 6 du rapport souligne l’avantage de la voie scolaire sur l’apprentissage : elle prépare les élèves avant les périodes de formation en milieu professionnel et en conclut que l’ETAP, qui serait uniquement dévolu aux professeurs de « Prévention-Santé-Environnement », suffirait à résoudre les difficultés d’attitude et de comportement des jeunes apprentis. Soit on invente une baguette magique, soit c’est une nouvelle pincée de poudre aux yeux qui fait fi de tout le travail accompli en amont et du temps que demande l’accès à la maturité pour beaucoup de jeunes. C’est une des raisons pour lesquelles le SNALC, qui est attaché au terrain et à ses réalités, au contraire des réformateurs en chambre, défend depuis longtemps la coexistence de parcours en quatre ans à côté du parcours en trois ans instauré exclusivement et cyniquement pour faire des économies et non pour une véritable revalorisation en profondeur ou pour le bien des élèves.

Cette proposition se révèle d’autant plus paradoxale que le principe républicain veut que le contenu des diplômes soit indépendant de la façon d’y accéder : pourquoi un enseignement supplémentaire pour les apprentis comme si les élèves n’avaient pas besoin d’être préparés alors que ce sont précisément souvent ceux qui n’ont pas su décrocher un contrat d’apprentissage faute de connaitre les codes adaptés et d’avoir la maturité requise ?


L’AUTRE JOYAU : ENTRÉES ET SORTIES PERMANENTES EN APPRENTISSAGE

L’outil de ce miracle : la généralisation du CCF et à la multiplication des jurys. De qui se moque-t-on ? Un apprenti est d’abord un jeune en formation initiale et non une main d’oeuvre bon marché au service des marchés obtenus ou perdus par les entreprises. À ce titre, il lui faut un cadre dont le calendrier de formation fait partie, quand bien même on supprimerait l’âge maximum et les contraintes en matière d’horaires et de sécurité.


DES STAGES PASSERELLES

Mis en oeuvre par les CFA et les lycées professionnels (c’est l’unique proposition dans laquelle les LP sont cités) pour que les jeunes puissent changer de formation : LP = sous-traitant au service des CFA…

Nous avons ici examiné les mesures qui nous affectent : comme vous pouvez le constater, beaucoup reste à faire. En attendant la recommandation de la mission CALVEZ-MARCON, soyez certains que le SNALC continuera de défendre avec pugnacité les lycées professionnels et leurs personnels contre des recommandations visant à les détruire.



COMMUNIQUÉ DE PRESSE du 2 février 2018

DHG DES LYCÉES PROFESSIONNELS :
CERTAINS RECTEURS OPPOSÉS AUX CHOIX DU MINISTRE ?

Tandis que Jean Michel BLANQUER réaffirme sa volonté de faire de la voie professionnelle une priorité de son action, il semble que certains recteurs s’abstiennent de le suivre et anticipent à mauvais escient le « tout apprentissage privé » en réduisant de façon spectaculaire la dotation horaire des lycées professionnels.

Le SNALC considère cette situation comme scandaleuse et ne laissera pas faire. En ces temps de réformes, le SNALC rappelle son attachement aux trois voies du lycée et au respect de l’égalité républicaine.






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