ÉLARGISSEMENT DES CONDITIONS DE RECRUTEMENT DES AESH

ÉLARGISSEMENT DES CONDITIONS DE RECRUTEMENT DES AESH

ÉLARGISSEMENT DES CONDITIONS DE RECRUTEMENT DES AESH


Le décret n° 2018-666 du 27 juillet 2018 modifiant le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des accompagnants des élèves en situation de handicap est paru au journal officiel le 29 juillet dernier.

Jusqu’à ce décret, seuls les titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne ou les candidats justifiant d’une expérience professionnelle de deux années dans le domaine de l’aide à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap (ESH), accomplie notamment dans le cadre d’un contrat CUI-CAE, pouvaient être recrutés.
Avec ce décret, le Ministère a élargi le recrutement aux AVS sous contrat CUI-CAE (ou contrat PEC depuis janvier 2018) ayant une expérience de neuf mois dans le domaine de l’inclusion scolaire des ESH, mais également aux candidats justifiant d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau IV, ou d’une qualification reconnue au moins équivalente à l’un de ces titres ou diplômes. En l’occurrence, dès cette rentrée scolaire 2018, un titulaire du baccalauréat peut être recruté en tant qu’AESH.

Pour le SNALC, l’élargissement du vivier de recrutement des AESH doit impérativement s’accompagner d’une exigence de qualité.

Le SNALC attire donc l’attention sur la nécessaire formation des candidats, sans expérience dans le domaine de l’aide à la personne, recrutés dès cette rentrée. Par ailleurs, la réduction de la durée d’expérience à neuf mois s’étend aussi aux accompagnants de personnes en situation de handicap. Or, ces accompagnants n’ont forcément pas l’expérience requise auprès d’ESH.

Si l’article 8 du décret 2014-724 du 27 juin 2014 stipule que les accompagnants des élèves en situation de handicap non titulaires d'un diplôme professionnel dans le domaine de l'aide à la personne suivent une formation d'adaptation à l'emploi incluse dans leur temps de service effectif, l’article 2 du décret 2018-666 du 27 juillet 2018 précise que cette formation doit être d’une durée d’au moins 60 heures. Or, au cours de leur première année d’exercice, cette formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures existe déjà pour les AESH. Par conséquent, difficile de parler ici d’avancée. Si le Ministère avait une réelle volonté de mieux reconnaître et valoriser le métier des AESH, il aurait dû accroître ce volume horaire bien au-delà de 60 heures et rendre cette formation obligatoire au moment du recrutement, avant exercice des missions d’accompagnement d’ESH.

Ainsi, la formation d’adaptation à l’emploi, par ailleurs de qualité souvent très inégale suivant les académies, sera sans doute insuffisante pour former ces nouveaux personnels. Le SNALC réitère donc son souhait de directives précises du Ministère, à destination des académies, pour mettre en place une formation d’adaptation à l’emploi de qualité, avec un volume horaire adéquat, dès le début de cette année scolaire 2018. Le SNALC se prononce également en faveur de formations pluri catégorielles AESH – enseignants – services médico sociaux, car c’est dans la coopération et la mutualisation des expériences que l’on optimisera les progrès de l’élève en situation de handicap au sein de l’école.

Créer 4500 emplois d’AESH supplémentaires à la rentrée 2018 peut donner le sentiment au gouvernement qu’il agit en faveur des AESH et donc s’en féliciter. Mais, pour le SNALC, c’est insuffisant, car pour lui, il faut professionnaliser cette catégorie de personnels par de véritables plans de formation, basculer les temps incomplets en temps complets, sortir définitivement d’une rémunération à minima et offrir des perspectives de carrière aux AESH au sein de l’Éducation nationale, et c’est ce qu’il continuera à exiger. Si le SNALC n’est pas opposé à un élargissement du vivier de recrutement des AESH, ce dernier doit absolument garantir la qualité des emplois créés !

En effet, le SNALC regrette que le Ministère n’ait pas profité de cet élargissement du vivier pour rendre le métier plus attractif, notamment en offrant aux AESH, un statut plus protecteur, une augmentation sensible de leur rémunération dans l’objectif d’une véritable professionnalisation de leur métier, limitant ainsi le turn-over de cette catégorie d’agents, générateur d’un renouvellement continuel du vivier d’accompagnants d’ESH, au détriment de la stabilité, de la valorisation de l’expérience acquise et de l’intérêt des élèves accompagnés.

In fine, ce décret ne fait que pérenniser la précarité des AESH au lieu de leur offrir des conditions dignes et valorisantes d’emploi et de rémunération. Si permettre à l’école de la République d’être pleinement inclusive est une ambition forte du gouvernement, alors qu’il s’en donne enfin les moyens !

Le SNALC continuera donc à se battre pour la professionnalisation et la reconnaissance des AESH.

Danielle ARNAUD, secteur des contractuels, aesh-avs@snalc.fr
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