Jean-Rémi Girard interviewé par La Croix

Jean-Rémi Girard interviewé par La Croix

Publié le 14-10-2018

Dernière modification le 15-10-2018



Loi Blanquer : « Vers une entrée plus progressive dans le métier d’enseignant »

Par Recueilli par Denis Peiron, le 12/10/2018 à 05h19

Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), commente le projet de loi Blanquer, attendu au Parlement début 2019.

Il salue la possibilité donnée aux assistants d’éducation d’assurer des heures d’enseignement mais déplore l’accent mis sur l’expérimentation et l’évaluation des établissements.

La Croix : Le projet de loi « pour une école de la confiance » donne la possibilité à des assistants d’éducation préparant un concours de professeur ou de conseiller principal d’éducation d’assurer des heures d’enseignement. Comment accueillez-vous cette mesure ?

Jean-Rémi Girard : Favorablement, parce qu’on rencontre de plus en plus de difficultés à recruter. On observe aussi de plus en plus de démissions d’enseignants durant leur année de stage. Ces nouveaux prérecrutements vont offrir une entrée dans le métier plus progressive. Ils permettront à nos futurs collègues de découvrir la réalité du métier avec des horaires allégés, tout en bénéficiant davantage du soutien des équipes pédagogiques.

Même si nous serons attentifs aux modalités concrètes de ce dispositif, nous pensons qu’il contribuera peut-être à donner à l’Éducation nationale des personnels mieux préparés, plus à l’aise. Il faut être réaliste quant au système actuel : les contractuels auxquels on fait appel ne sont pas toujours plus compétents que des assistants d’éducation qui sont inscrits, parallèlement à leur emploi, dans une formation disciplinaire.

Remplacer les professeurs absents, l’éternel casse-tête

Que dites-vous des possibilités accrues d’expérimentation qu’ouvre le projet de loi ?

J.-R.G. : Le texte va au-delà des possibilités offertes par la loi de 2005. Désormais, les expérimentations pourront porter aussi sur l’utilisation des outils numériques, les procédures d’orientation, la répartition des horaires d’enseignement sur l’année. Nous y sommes opposés car nous tenons à avoir un seul et même cadre pour l’école républicaine. Nous sommes très dubitatifs sur ces expérimentations généralement menées de manière non scientifique et souvent imposées à nos collègues, qui alors en souffrent.

Quelles sont les autres dispositions de ce texte qui retiennent votre attention ?

J.-R.G. : L’évaluation future des établissements nous inquiète. Car l’enseignement est un métier exercé, dans une large mesure, de façon individuelle. Et on ne sait rien des critères qui s’appliqueront. Des critères que définira le Conseil d’évaluation de l’école, amené à remplacer l’actuel Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco). Nous interprétons cette évolution comme un pas en direction d’une plus grande autonomie des établissements.

J.-R.G. : Nous sommes également opposés à la possibilité donnée au gouvernement de redessiner – par ordonnance – la carte de l’Éducation nationale. L’objectif est de faire correspondre à chaque grande région créée en 2016 une seule et même académie. Ce qui remet en question la politique d’affectation et laisse craindre des déplacements de personnels administratifs d’un bout à l’autre des nouveaux territoires.

Recueilli par Denis Peiron

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