AESH FAITES ENTENDRE VOTRE VOIX

AESH FAITES ENTENDRE VOTRE VOIX

AESH


FAITES ENTENDRE VOTRE VOIX



Par Aurore BENOSA, responsable nationale Handicap AESH pour le SNALC
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1422


Après le rejet par les députés de la majorité du projet de loi relatif à l’inclusion des élèves en situation de handicap à l’assemblée, sous prétexte que le gouvernement avait déjà une feuille de route, nous avons assisté ce 22 octobre au lancement de « la concertation Ensemble pour une École Inclusive » par Mme CLUZEL et M. BLANQUER devant le Conseil National consultatif des Personnes en situation de Handicap (CNCPH).



Le SNALC qui parcourt les académies à la rencontre des collègues AESH et AVS ne peut que constater le décalage entre la politique ministérielle et la réalité du terrain.

Les objectifs présentés dans la thématique 2 manquent clairement d’ambition, nous sommes loin d’une politique à la mesure de l’enjeu du handicap et particulièrement de la scolarisation des élèves en situation de handicap !

Qu’attendent nos collègues ? Des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes : LEUR STATUT ! LEUR SALAIRE ! DE LA CONSIDERATION ! Comment peut-on parler du « métier d’accompagnant » sans aborder l’évolution du statut ? Faire le choix de compléter le temps de travail dans le respect du DEAES (diplôme social et non éducation nationale) en multipliant les employeurs alors qu’il y a déjà 3 types de contrats (PEC, contractuels T2 et HT2) ! Le gouvernement se félicite de la diminution des AVS et de l’augmentation des AESH, mais c’est un processus enclenché sous le précédent quinquennat à la conférence nationale du handicap de mai 2016 à raison de 6 400 ETP/an sur 5 ans ! Ce gouvernement n’a en réalité créé que 4 600 postes d’AESH pour cette rentrée 2018. Il a voulu élargir dans la hâte et la précipitation le vivier de recrutement des AESH mais n’a point donné de moyens conséquents : phénomène d’annonce ? C’est ainsi que nos collègues AVS qui postulent au bout de 9 mois de contrat aidé se voient refuser l’accès à un poste AESH et que certains, arrivés au terme des deux ans, ne sont pas pris faute de moyens octroyés aux académies. D’autres encore de droit public n’ont pas leur contrat reconduit sans même avoir eu d’entretien professionnel et ont pour toute réponse de l’inspection « nous n’avons pas à inscrire le motif de non reconduction d’après le rectorat ». Où est l’humanité, le respect envers ces personnes qui ont consacré deux, trois voire quatre ans de leur vie à aider, soutenir, faire progresser nos élèves en situation de handicap ?

La réalité du terrain c’est l’accompagnant qui gagne 680 € / mois obligé de faire 200 km de trajet par semaine avec le coût de l’usure de la voiture et du carburant, qui ne cesse d’augmenter, et qui n’a pour toute réponse du service AESH que la suivante : « Nous ne pouvons vous proposer autre chose », quand ils daignent répondre !

La réalité c’est cette mère se levant à 5h30 pour s’occuper de ses trois enfants avant d’enchaîner son travail d’AESH et deux autres emplois pour faire vivre sa famille, car avec un salaire d’accompagnant on est au-dessous du seuil de pauvreté.

La réalité c’est également cet accompagnant contraint de ne pas accepter le CDI, le service de coordination AESH ayant refusé de prendre en considération la situation de son propre enfant en situation de handicap et qui l’envoie en lycée où les heures sont incompatibles avec sa prise en charge.

La réalité c’est cette AESH qu’on oblige à prendre la moitié de la classe pendant que l’enseignant s’occupe de l’autre partie et ce de façon hebdomadaire.

La réalité c’est l’interdiction pour certains de prendre une pause à la récréation et à qui on impose de surveiller la cour en rotation avec les enseignants.

La réalité c’est comptabiliser 55 min de travail à un AESH contre une heure pour un enseignant.

La réalité c’est refuser des formations ou ne pas en proposer malgré les textes et discours du ministère.

Enfin, la réalité c’est la grande majorité des AESH rencontrés sur le territoire qui ne connaissaient pas l’existence de leur adresse professionnelle et leur NUMEN indispensables pour « exister » dans l’Éducation nationale (si vous rencontrez encore des difficultés pour les récupérer, contactez le SNALC dans votre académie en cliquant ici :
www.snalc.fr/national/ article/121/, ou adressez un mail à aesh-avs@snalc.fr).

Collègues accompagnants vous aurez lors des élections professionnelles du 29 novembre au 6 décembre l’opportunité de faire entendre votre voix, très peu d’entre vous ont voté aux dernières élections de 2014 alors comme le dit Josef Schovanec « la grande joie, le grand plaisir lorsqu’on est concerné par le handicap c’est de faire mentir les pronostics ».

Ensemble nous pouvons agir, résister et bâtir les fondations d’un avenir meilleur : VOTEZ et faites VOTER SNALC.
Le SNALC sera présent, défendra et portera vos revendications, recueillies au fil des réunions et formations dans les académies, lors des groupes de travail et d’audiences prochaines au ministère.

SNALC © 2018
Association déclarée - Syndicat de salariés
N°SIREN 784 312 282
4, rue de Trévise 75009 Paris
Hébergement : ovh.com
Site optimisé pour Chrome et Firefox