Évolution des CPGE : le SNALC reçu à l’Enseignement Supérieur

Évolution des CPGE : le SNALC reçu à l’Enseignement Supérieur

Évolution des CPGE :

le SNALC reçu à l’Enseignement Supérieur


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019




Par Jean-Rémi Girard, président du SNALC ; Christophe Repplinger et Matthieu Rigaut, commissaires paritaires nationaux chaires supérieures




Le SNALC a été reçu le 28 juin 2019 à la Direction de l’Enseignement Supérieur pour donner son avis sur les projets d’évolution des CPGE à la rentrée 2021 résultant de la réforme du lycée.


Présentation générale


Pour le Ministère, ces projets ne constituent pas une réforme systémique des CPGE mais une adaptation à la réforme du lycée, à des profils d’élèves davantage diversifiés. Une attention particulière est portée aux filières économique et commerciale (EC) et scientifique qui nécessitent un travail technique d’adaptation. Deux groupes de travail ont été réunis avec des représentants des associations de professeurs, des proviseurs, des écoles, la DGESCO, la DGESIP. Il n’y a plus que des divergences marginales à ce stade. Deux autres groupes de travail seront organisés à partir de l’automne pour regarder précisément filière par filière ce que doit être l’adaptation dans les contenus des enseignements. Il est à nouveau précisé que cette adaptation à la réforme du lycée doit être l’occasion de conforter l’attractivité des CPGE dans un contexte de concurrence où les écoles cherchent à diversifier leur recrutement.

Le SNALC n’est pas opposé à l’objectif de diversification des profils, mais insiste sur l’importance des CPGE de proximité, qui ont vocation à se développer davantage. Le SNALC souligne que cette « adaptation » se fait dans l’urgence. Il est ainsi ennuyeux que l’infographie sur les spécialités soit arrivée après le conseil de classe du 3e trimestre. Le SNALC souligne que cela fait plus d’un an qu’il alerte sur les problématiques d’articulation de la réforme du lycée et les CPGE (sur la question des BCSPT, sur la question de la spécialité NSI, sur le positionnement de la physique/chimie, sur la filière EC), mais que les inquiétudes demeurent. Pour le SNALC, le passage de 3 à 2 spécialités est le problème majeur qui induit la plupart des difficultés présentes.



Infographie

Le SNALC pointe ensuite un problème sur l’infographie pour la filière EC. Il est recommandé de prendre en Première et en Terminale spécialité mathématiques + une autre parmi histoire etc. Pour le SNALC, seule la spécialité mathématiques doit être pré-requise. Si d’autres pré-requis sont ajoutés, on risque de se priver d’un vivier. Le SNALC signale que ce document sera interprété comme ce qu’il faut absolument faire, les pré-requis étant présentés comme « incontournables ». Le SNALC souhaiterait une modulation dans la formulation des recommandations en EC (mathématiques incontournables, autres plutôt conseillées).

Pour le Ministère, il ne s’agit pas d’injonctions, mais de recommandations. Ce sont des conseils destinés aux élèves de Seconde, mais les CPGE sont libres de définir leur recrutement. L’idée de moduler n’a pas été retenue dans un but de simplicité du message à destination des élèves de seconde. Une autre infographie plus détaillée à destination des chefs d’établissements et enseignants a été envoyée.




Filière BCPST

Le Ministère indique que l’adaptation de la filière BCPST est compliquée par la réforme du concours, qui n’est pas encore arrêtée. Le Ministère s’attend à ce que la plupart des candidats aient choisi le triptyque : physique-chimie/SVT/mathématiques complémentaires, mais indique qu’il faudra accueillir aussi les élèves ayant choisi mathématiques/SVT et mathématiques/physique-chimie.

Le SNALC souligne que mathématiques complémentaires est une option, qui se détermine donc au niveau des établissements, qui jouissent de l’autonomie en la matière. Cette politique va donc renforcer la concurrence entre disciplines. Le SNALC demande donc que l’option mathématiques complémentaires soit financée en plus de la DHG et soit fléchée. Le principal problème vient encore une fois du fait que l’on passe de trois spécialités à deux entre la Première et la Terminale. Par ailleurs comment vont se faire ces remises à niveau du 1er semestre à moyens constants, sans diminuer le niveau attendu par les écoles ?

Le Ministère n’apporte pas de réponse précise et se contente d’ajouter qu’il devra y avoir une adaptation structurelle sans la définir et que le projet de programme de mathématiques complémentaires qui vient d’être publié est très solide et comporte toutes les bases nécessaires à part la géométrie.

A la question du prélèvement sur les heures de colles pour faire de la remédiation, le Ministère répond que la circulaire de 2013 reste en vigueur et renvoie aux équipes son organisation.



Prépas scientifiques autres que BCPST

La nouvelle classe MPI doit permettre aux élèves ayant fait mathématiques/numérique et sciences de l’informatique (NSI) d’être accueillis en CPGE. Le programme de physique/chimie sera adapté à ceux qui n’en ont pas fait en Terminale. Au bout du 1er semestre, les élèves auront la possibilité de choisir Informatique ou sciences industrielles et auront ensuite trois choix de poursuite d’études en 2e année : MPI, MP ou PSI.

Le SNALC, qui n'a été destinataire d'aucun projet de grille horaire, s'interroge sur la capacité réelle pour la MPI de proposer 3 « branches » (MPI, MP, PSI) dans des conditions correctes. Comment y parvient-on en termes de remise à niveau sur les différentes disciplines ? Le peut-on vraiment ? Quelle horaire d'informatique ? Comment enseigner à d'éventuels élèves n'ayant pas suivi NSI ? À aucun moment le Ministère ne communique de projets d'horaires, sauf sur l'informatique. En l'absence d'éléments concrets, nous restons dubitatifs sur le bon fonctionnement de MPI. Le SNALC rappelle que l' « adaptation » se faisant à moyens constants, on va clairement transformer des MPSI actuelles en MPI. Pour le SNALC, cette réforme ne doit pas conduire certains professeurs à se retrouver en sous-service, mais le Ministère se contente de dire être attentif à cette question.

Le SNALC signale un autre point de vigilance sur le positionnement de l’option mathématiques expertes par rapport au recrutement. Dans certaines classes préparatoires qui ont des possibilités de choix plus importantes, le risque est de recruter prioritairement des élèves qui auront suivi la spécialité mathématiques expertes. Cette spécialité mathématiques expertes ne sera vraisemblablement pas proposée dans tous les lycées de France ou à tous les élèves qui la demandent. Le danger majeur est la création de filières de recrutement sur CPGE à partir des seuls établissements proposant mathématiques expertes. Un système qui risque d’être de plus en plus à deux vitesses. C’est la même chose pour les EC.




Prépas économiques et commerciales

Le SNALC n'envisage pas le recrutement d’élèves qui n’auraient pas fait du tout de mathématiques en Terminale, ce qui pose à nouveau le problème de l'accès à l’option mathématiques complémentaires. Pour le SNALC, il ne faut pas diminuer le vivier et communiquer très clairement sur le fait que les EC recrutent des profils diversifiés.

Le Ministère indique que tous les élèves, du moment qu’ils ont fait des mathématiques, peuvent aller dans n’importe quelle prépa EC. Il reconnaît aussi qu’il faut conserver la diversité des profils et indique que les anciennes ECE et ECS auront la possibilité de choisir les parcours proposés. Les anciennes ECE pourront décider de conserver un niveau de mathématiques modéré appelé mathématiques appliquées, mais certaines pourront aussi décider d’offrir un parcours mathématiques approfondies, et inversement pour les ECS. Il est précisé que les écoles réfléchissent à un concours avec des coefficients différents et s’interrogent sur la pertinence de l’interclassement.

Le SNALC revient sur le problème du passage de 3 à 2 spécialités en Terminale et souligne que les professeurs de sciences économiques et sociales sont nécessairement très inquiets.

Le Ministère reste vague et se contente d’indiquer que la mise en œuvre va s’étaler sur plusieurs années et que les acteurs sont s’ajuster au fur et à mesure. Il est légitime de s’interroger sur les impacts possibles.


Prépas Littéraires

Pour le Ministère, l’impact sur les classes littéraires sera sans doute plus important que sur les CPGE scientifiques. Mais il n’y a pas de problème technique d’adaptation. Aujourd’hui beaucoup d’élèves de CPGE littéraires viennent de S. Une CPGE littéraire pourra continuer à recruter des profils mathématiques/physique-chimie. Mais on peut imaginer que des élèves vont s’orienter vers la voie littéraire plus précocement.



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