#PASDEVAGUE : SOURCE TARIE OU LAME DE FOND ?

#PASDEVAGUE : SOURCE TARIE OU LAME DE FOND ?

#PASDEVAGUE : SOURCE TARIE OU LAME DE FOND ?


© iStock - selimaksan
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019
Par Maxime REPPERT, secrétaire national SNALC aux conditions de travail et au climat scolaire


Souvenez-vous, tout commence le 18 octobre 2018, dans l’académie de Créteil, lorsqu’un lycéen braque un enseignant en plein cours, avec une arme (qui se révélera être un pistolet à billes). L’image choque. À la surprise et l’émotion succèdent l’indignation et la colère. Par solidarité, et par la volonté de dénoncer cela, à l’image du hashtag #MeToo, le #Pasdevague a été relayé par des milliers de professeurs sur Twitter livrant des témoignages glaçants.



Pour le SNALC, ce phénomène traduisait « un besoin d’expression¹ » mais aussi « un problème de fond² ». Le plus souvent, l’Institution préfère cacher la poussière sous le tapis plutôt que faire le ménage et un problème enterré équivaut à un problème réglé.

Nous avions fait ce diagnostic et alerté en ce sens via des articles, l’organisation de colloques thématiques dès 2012 (dont un sur la liberté d’expression en 2018), le mémorandum sur la souffrance des personnels avec témoignages à l’appui dès 2016…

#Pasdevague est devenu un symbole : celui d’un appel à l’aide, le sentiment d’abandon par la hiérarchie, la colère, la souffrance…

QUELQUES MOIS APRÈS, OÙ EN EST-ON ?

#Pasdevague n’a pas disparu ; il est toujours relayé. C’est devenu une signature, un épiphénomène dont l’impact est plus grand qu’il n’y paraît. Il est le signe que la parole se libère.

Au lieu de reconnaître pleinement ce phénomène, d’en tirer les conséquence et d’endosser la part de responsabilité qui lui incombait, l’Institution a préféré chercher à museler davantage la parole des enseignants, à travers la fameuse loi BLANQUER. Parallèlement, les moyens de pression se sont multipliés (intimidations, convocations, CAPA disciplinaires…).

Aujourd’hui nous sommes inquiets face à cette déshumanisation progressive de notre profession. L’individu s’efface devant le fonctionnaire, insensible et automatique. Nous refusons cela !

Le SNALC estime que rien ne saurait éteindre cette flamme de liberté et de dignité qui brûle dans le coeur des collègues méprisés et brisés par cette omerta. Nous continuerons d’agir.■

¹Propos de la vice-présidente Marie-Hélène PIQUEMAL.
²Propos du président Jean-Rémi GIRARD.



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