AGRÉGÉS : IL Y A URGENCE

AGRÉGÉS : IL Y A URGENCE

AGRÉGÉS : IL Y A URGENCE



Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019
Par Frédéric SEITZ, commissaire paritaire agrégé et président du SNALC Versailles


Le corps enseignant subit, dans sa totalité, une forte dégradation de sa situation matérielle et morale, mais celle que vivent les agrégés, depuis longtemps, a atteint une acuité si grande qu’elle exige un traitement complet et distinct.

La situation matérielle et morale des professeurs connaît une dégradation constante. Leur inquiétude et leur lassitude se nourrissent de l’augmentation du nombre de réunions et de tâches administratives au détriment des heures d’enseignement, de la diminution des horaires disciplinaires, de la dégradation des conditions de travail (classes surchargées, indiscipline voire violence impunies). A cela s’ajoutent un déroulement et des possibilités de carrière insatisfaisants, les réformes imposées sans concertation et menées au pas de charge, les mesures de carte scolaires et les suppressions de postes alors que les effectifs d’élèves augmentent.
Les mouvements de grève des examens n’ont pas pour unique objectif le retrait de la réforme des lycées et du baccalauréat. L’exigence d’une revalorisation des traitements des personnels figure aussi parmi les revendications, et au premier rang. Cynique, Jean-Michel BLANQUER a présenté la deuxième heure supplémentaire obligatoire ainsi que la défiscalisation des heures supplémentaires comme des revalorisations salariales. Les professeurs y voient plutôt un alourdissement de leurs tâches sans rétribution financière significative.

Temporisateur, Jean-Michel BLANQUER va répétant dans les media qu’il a pris la mesure du problème, mais qu’il lui faut du temps pour y travailler. Le temps, les agrégés l’ont eu largement pour constater combien l’écart indiciaire qui les sépare des autres corps s’est réduit de réforme en réforme, a été grignoté année après année. Le PPCR, qui n’a accordé qu’une obole aux autres personnels, n’a rétrocédé aux agrégés qu’une demi-obole. Quelle autre administration traiterait ainsi le fleuron de ses personnels ? En outre, à compter de 2017, les candidats qui ont réussi une seconde fois l’écrit de l’agrégation ne sont plus inclus dans la grille indiciaire des bi-admisibles. Mesquinerie budgétaire ou déni symbolique ? La situation des agrégés est à part du fait de la gravité de sa dégradation, et elle impose au ministre un traitement spécifique, bien distinct de celui des autres corps. Faute de quoi, s’ils continuaient à être oubliés et dévalorisés, les agrégés iraient monnayer leur savoir et leur compétence ailleurs.■

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