LE FRANÇAIS EST DEVENU UNE LANGUE ÉTRANGÈRE POUR NOMBRE D’ÉLÈVES… FRANÇAIS !

LE FRANÇAIS EST DEVENU UNE LANGUE ÉTRANGÈRE POUR NOMBRE D’ÉLÈVES… FRANÇAIS !

LE FRANÇAIS EST DEVENU UNE LANGUE ÉTRANGÈRE POUR NOMBRE D’ÉLÈVES… FRANÇAIS !


© iStock AntonioGuillem

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019
Par Eugénie DE ZUTTER, secrétaire académique du SNALC Reims


Cette semaine, des élèves de Première ont rédigé une pétition pour se plaindre de l’épreuve de français au baccalauréat. Le motif : l’épreuve était trop difficile. Cela a beau être affligeant, il faut bien reconnaître que des élèves biberonnés à la désastreuse bienveillance¹ et dont la seule expérience d’examen est le brevet que l’on peut réussir sans rien apprendre, un travail un tant soit peu exigeant peut représenter une grosse claque (et ce, alors même que les professeurs de français de lycée ont affirmé que ce sujet était bien dans l’esprit du programme de Première).

Mais il y a pire : parmi ces élèves, certains ont déclaré avoir découvert après l’épreuve, qu’Andrée Chédid, auteure du texte étudié dans le sujet controversé, était une femme et non un homme ! Comment passer à côté d’un prénom féminin aussi explicite, après 10 ans de scolarité obligatoire depuis la classe de CP ? Le français et sa culture seraient-il donc devenus comme une langue étrangère à tant de nos élèves ?

C’est ce que dénonce le SNALC depuis des années : à force de désacralisation de l’écrit au profit de l’oral et du numérique, nouveaux dogmes vantés par de nombreux pédagogues, à force de révisions à la baisse des programmes par l’appauvrissement des notions étudiées, à force enfin de ringardisation des vertus de la répétition des notions fondamentales du français et de la mise au ban des lettres classiques, racines de notre langue, nous sommes à présent face un public scolaire pour qui le français écrit devient quasiment indéchiffrable. Ce qui, à terme, met sérieusement en péril l’essence de notre métier : la transmission des connaissances. Un public ignorant sa propre langue n’est pas en position de recevoir quoi que ce soit.

Le SNALC demande donc en urgence des états généraux de l’Éducation afin de remettre au cœur de notre système scolaire l’apprentissage rigoureux de notre langue nationale, premier levier d’émancipation à laquelle tout individu né dans notre République a droit.■

¹Voir article « De l’usage abusif du mot “Bienveillance” dans l’Éducation nationale », QU n°1426, page 13.


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