SPÉCIALITÉ HUMANITÉS, LITTÉRATURE ET PHILOSOPHIE : PROJET DE PROGRAMME ET « SUJETS ZÉRO »

SPÉCIALITÉ HUMANITÉS, LITTÉRATURE ET PHILOSOPHIE : PROJET DE PROGRAMME ET « SUJETS ZÉRO »

SPÉCIALITÉ HUMANITÉS, LITTÉRATURE ET PHILOSOPHIE :
PROJET DE PROGRAMME ET « SUJETS ZÉRO »


© iStock YakobchukOlena

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019
Par Marc FOGLIA, professeur de philosophie, SNALC Besançon
et Guy DESBIENS, membre du Bureau SNALC Lille


Nous soulignons que le programme de spécialité est en soi un beau programme : comment pourrait-on s’opposer à tant d’œuvres classiques ?

Toutefois, nous demandons comment les élèves seront évalués, ce qui déterminera en grande partie l’enseignement proposé. Les sujets zéro confirment les craintes que l’on pouvait avoir d’épreuves infaisables. Les élèves des classes de Première n’auront simplement pas le temps de réaliser, en deux heures seulement, deux productions écrites bien réfléchies et structurées, tout en s’appuyant de surcroît sur des textes assez longs ! Le SNALC a réclamé une épreuve de quatre heures en fin de Première.

Nous constatons aussi l’indigence de certains sujets (« la parole est-elle une arme sociale ? » associé à un extrait de Molière), ou au contraire la complexité de certaines questions, impossibles à traiter en une heure (« L’imagination et la raison s’opposent-elles, dans la construction de la connaissance ? », associé à un texte de La Fontaine).

De même, nous comprenons mal les distinctions artificielles entre les intitulés relatifs aux « Question d’interprétation/réflexion littéraire » ou « philosophique ». Le SNALC réclame deux types de question parfaitement clairs : l’un relèverait de l’analyse d’un passage du texte, l’autre de l’argumentation sur une question.

Les sujets zéro montrent que c’est le méli-mélo entre les disciplines qui fait aujourd’hui office de pédagogie. Le programme laisse a priori une grande liberté aux enseignants, mais son amplitude est trop grande pour être traité sérieusement. Les élèves seront aussi évidemment invités au bachotage. L’évaluation elle-même de ce genre d’épreuves risque fort d’être une mascarade, pour conjurer l’éventualité de perdre des élèves d’une année sur l’autre.

Avec cette nouvelle matière hybride, les enseignants de philosophie sont confrontés à la quadrature du cercle : comment approfondir tout en survolant ? Comment faire de la philosophie avant d’en faire ?■

Voir les « sujets zéro » HLP : https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Annales_zero_BAC_2021_1e/48/4/S0BAC21-1e-SPE-HLP_1133484.pdf

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