GROUPE DE TRAVAIL MINISTERIEL RELATIF AUX A.A.E.

GROUPE DE TRAVAIL MINISTERIEL RELATIF AUX A.A.E.

GROUPE DE TRAVAIL MINISTERIEL RELATIF AUX A.A.E.
3 juillet 2019

Le groupe de travail était composé du SNALC (Frédéric Eleuche et Frédéric Kelder), de la FSU, du SGEN, de l’UNSA, de FO, et de la CGT. L’administration était représentée par Mme Wagner, chef de service, MM. Leduc et Cros et de Mme Collineau (sous-directrice).

Une fiche de synthèse a été distribuée en séance et chaque élément a été examiné et discuté de 10 h à 13 h 30.

Le GT du jour se penche sur l’attractivité de la carrière des attachés d’administration de l’État, point important car central du dialogue social entamé par le ministère. Cela concerne en particulier les attachés arrivés en 2019 à la suite de la réforme des I.R.A. (instituts régionaux d’administration)¹ car on constate le faible niveau de leurs indemnités par rapport aux autres ministères. Il y a aussi le sort des adjoints gestionnaires surtout en collège, l’effondrement des promotions liées aux départs en retraite et même les anciens CASU nommés en dernier². La situation est encore pire si l’on relève que dans les autres ministères les attachés arrivent plus facilement au 3e grade alors qu’ils n’y arrivent pas chez nous. On assiste aussi à la fermeture progressive des postes d’A.A.E. dans le supérieur au point que l’éducation nationale ne sera plus à terme le principal recruteur d’attachés, cette place devenant celle du ministère de l’Intérieur. Nous avons également nos A.A.E. stagiaires à réinitialiser.

Mme Wagner fait elle-même ce constat et déplore les incertitudes qui menacent le corps.

On peut ajouter à ce constat le fait que l’indemnité des A.A.E. logés par nécessité absolue de service est la moitié de celle des personnels de direction et des infirmières. Les A.A.E. gestionnaires sont trop souvent seuls et ne sont pas soutenus par la hiérarchie. C’est aussi pour cela que le métier manque d’attractivité. Mme Wagner répond que, pourtant, il existe des réunions de bassins, des réseaux qui fonctionnent.

Oui, mais trop souvent, les gestionnaires sont seuls face au pouvoir grandissant des collectivités territoriales qui récupèrent de plus en plus les tâches des A.A.E. tout en leur laissant la responsabilité.

D’autre part, le nombre des agences comptables diminue considérablement, parce qu’on rassemble de sept à dix établissements par agence, ce qui diminue les perspectives de carrière.

Mme Wagner déclare que « le message est passé » la question est celle de la responsabilité de l’État qui doit rester à l’État. Mais comme il n’y pas de quoi intéresser durablement les attachés, on se rabat sur les contractuels. On a gardé de petits établissements mais pour des raisons politiques et pour aménager le territoire.

M. Leduc évoque les petits collèges dont la taille entraîne de petits budgets. Un attaché recruté à bac + 5 n’a pas suffisamment de matière intellectuelle à brasser.

Le SNALC suggère de donner un titre plus évocateur que celui d’adjoint gestionnaire ; ce pourrait être D.A.F. ou directeur des affaires financières.

La situation s’est aussi beaucoup dégradée dans le supérieur : l’attaché a 50 à 60 agents sous sa responsabilité mais l’autonomie des universités fait que c’est le pouvoir politique qui l’emporte. Les attachés territoriaux arrivent de plus en plus nombreux et font de l’ombre aux attachés de l’Etat. On n’a plus de D.R.H. mais des directeurs des services adjoints. Et il est difficile à nos attachés d’aller dans d’autres ministères. Le ministère des finances nous rit au nez. Nous avons aussi la concurrence des adjoints et des secrétaires, car le plan de requalification des catégories B et C n’a pas été appliqué.

Mme Wagner reconnaît que dans les universités la situation est très mouvante avec les fusions et les réorganisations. De très beaux postes existent, mais ici les dirigeants sont des élus. C’est pour eux qu’a été faite la fonction publique territoriale. Il faut s’adapter mais aussi réparer les erreurs de positionnement du supérieur. Ici, les établissements publics sont très gros. Nous devons arriver à vendre nos compétences et moins notre métier.

On passe ensuite à la situation des A.A.E. dans les services académiques (rectorats, inspections) qui s’inquiètent à cause de la réforme territoriale et où la pression politique est énorme. Les questions qui se posent ici sont : comment affecter les élèves ? Clientélisme ? Constructions des bâtiments, sectorisation. Nos attachés font souvent 80 h par semaine et travaillent même les jours fériés. Du coup, il y a beaucoup de postes vacants. A Créteil, six attachés sont partis en disponibilité !

Mme Wagner fait le bilan de la réunion :

  • Relèvement de l’indice terminal et le mettre au niveau des meilleurs,

  • Doublement des quotas d’AENES : il y a 500 administrateurs de l’éducation nationale,

  • Éviter que les élèves des I.R.A. ne se fassent des illusions. On constate toutefois qu’il y aurait cette année davantage d’attachés à vouloir entrer dans l’éducation nationale. Leur formation ne sera pas finie le 1er mars, mais se poursuivra la 2e et la 3e année. Systématisation du tutorat. Accompagnement par le directeur de la formation. Ajouter les actions de formation à l’éducation nationale, formations métiers et la DGAFP organisera des regroupements d’une semaine menés et financés par les I.R.A.

¹La France compte 5 I.R.A. : Bastia, Lyon, Nantes, Metz et Lille
²CASU : conseillers d’administration scolaire et universitaire, supprimés sous prétexte qu’ils faisaient double emploi avec les attachés principaux.


Frédéric ELEUCHE,
Secrétaire national du SNALC
Chargé des personnels administratifs, de santé et sociaux
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