LE DÉMANTÈLEMENT DE L’ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE

LE DÉMANTÈLEMENT DE L’ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE

LE DÉMANTÈLEMENT DE L’ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE


© iStock - AlexRaths

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1432, septembre 2019
Par Dominique SCHILTZ, ancien responsable national des CPGE au SNALC


Tous littéraires, sauf un scientifique chargé des finances : nul doute que tous les membres du cabinet de M. BLANQUER ont apprécié la réforme de l’enseignement général en lycée concoctée par Pierre MATHIOT. Casser la suprématie des mathématiques, briser la domination de la série scientifique, tels sont les objectifs de nos gouvernants depuis des décennies, et ils ont fini par réussir.

Impossible désormais de suivre en Terminale plus de deux enseignements scientifiques à un niveau digne des études supérieures. Des trois spécialités choisies en première, les élèves ne pourront retenir que deux, et encore en espérant que leurs voeux pourront être exaucés compte tenu des places disponibles dans leur lycée. Or, plus du tiers d’entre eux ont choisi trois spécialités scientifiques en Première : ils n’auront d’autre solution que de choisir les Mathématiques Complémentaires en option s’ils veulent poursuivre dans les trois matières qu’ils auront suivies en Première.

LES SCIENCES DE L’INGÉNIEUR ONT-ELLES UN SENS SANS LES MATHÉMATIQUES ET LA PHYSIQUE-CHIMIE ?

Peut-on concevoir qu’un futur ingénieur ne puisse pas suivre une formation solide en Mathématiques, Physique-Chimie et Informatique ? Pour des études de biologie ou géologie, comment se passer des deux premières ou des Sciences de la Vie et de la Terre ? Les Sciences de l’Ingénieur ont-elles un sens sans les Mathématiques et la Physique-Chimie ? Cette césure d’un an, qui plus est en dernière année de lycée, va handicaper lourdement les futurs étudiants en Sciences dans l’une au moins des matières principales qu’ils auront à suivre dans l’enseignement supérieur. Et l’on envisage déjà des enseignements de remédiation dans les classes préparatoires aux grandes écoles, comme s’il suffisait de deux heures par semaine au premier semestre pour rattraper le temps perdu. Qui plus est, ce temps serait prélevé sur les autres disciplines, contribuant d’autant à leur appauvrissement.

Par cette réforme absurde, la France se tire une balle dans le pied dans la compétition technologique internationale. Il est encore possible de rectifier le tir dans une certaine mesure, en maintenant la possibilité de suivre trois spécialités en Terminale, ce que le SNALC réclame depuis des mois. Il continuera de porter cette revendication au comité de suivi de la réforme du lycée.

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