VOIE PROFESSIONNELLE : ARRÊTONS LA CASSE

VOIE PROFESSIONNELLE : ARRÊTONS LA CASSE

VOIE PROFESSIONNELLE : ARRÊTONS LA CASSE


© iStock - Oatawa

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1432, septembre 2019
Par Guillaume LEFEVRE, secrétaire national à l’enseignement professionnel


La rentrée 2019/20 revêt un caractère spécial en LP avec une réforme précipitée et approximative de la voie professionnelle qui engendre une dévalorisation du bac pro, un recul de la formation, une perte d’heures d’enseignement. L’injonction du ministre de mettre en place au plus vite cette réforme, sans tenir compte des avertissements du SNALC sur son inadaptation, crée une situation catastrophique dès la rentrée.

Dans sa structure, la formation en 3 ans du bac pro est tronquée avec une seconde générale déprofessionnalisée à l’issue de laquelle une orientation tardive et incomplète doit être trouvée par l’élève sans qu’il ait la possibilité de choisir réellement parmi la réduction du nombre des formations. L’orientation devrait être entamée depuis la 5ᵉ. Cet appauvrissement de la formation professionnelle est accentué par une nette baisse des heures de cours pratiques et de disciplinaire au profit de dispositifs de pédagogies de projet (AP et cointervention appliquées localement dénaturant la valeur nationale du diplôme). Sur 3 ans, l’élève perd près de 300 heures de formation. Le SNALC a toujours demandé le maintien des heures de cours disciplinaires.

De plus, les heures de cours auxquelles ont droit les élèves ne sont pas toujours proposées en fonction des choix des chefs d’établissement qui comblent les suppressions de postes et la baisse du nombre d’heures de cours en utilisant ou non la cointervention et l’AP comme variables d’ajustement en HSE. Ceci entraîne une multitude de situations où les enseignants se retrouvent avec des emplois du temps surchargés (jusqu’à 26h au lieu de 18h, + 2 HSA) avec des heures de préparation et de concertation non rémunérées mais surtout un temps de présence dans l’établissement qui augmente. Les PLP étaient déjà angoissés par une refonte des programmes - toujours aussi ambitieux avec moins d’heures ! - tardive et non pragmatique. Ils sont aussi mécontents du traitement qui leur est réservé.

Enfin, le maintien du CCF, si contesté par son manque de valeur nationale et son caractère chronophage, confirme bien que l’évaluation pour l’obtention du bac pro reste locale, incomplète et réduit la formation professionnelle à une connaissance bien maigre et à des compétences limitées. Le SNALC a toujours défendu l’évaluation par épreuves ponctuelles.

Le SNALC continuera de faire des propositions, comme il le fait depuis l’annonce de cette réforme en mai 2018, afin de limiter les effets néfastes de cette réforme catastrophique qui ne profite ni aux élèves et ni aux PLP mais uniquement à la politique de réduction budgétaire du gouvernement.■

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