CAPN 2019 - REFUS DE TITULARISATION DANS LE CORPS DES AGRÉGÉS

CAPN 2019 - REFUS DE TITULARISATION DANS LE CORPS DES AGRÉGÉS

REFUS DE TITULARISATION

DANS LE CORPS DES AGRÉGÉS



CAPN du 18 septembre 2019



Le gâchis



Avant de faire le point sur la rentrée 2019 comme nous y invite la date à laquelle se tient cette CAPN, nous reviendrons sur le mouvement de grève du bac puis du brevet en juin et en juillet.

Cette grève lancée pour protester contre la réforme du lycée, la suppression des commissions paritaires et la rémunération insuffisante des professeurs s’est déroulée dans un respect scrupuleux de la légalité de la part des enseignants et a été très bien suivie par ces derniers.

Elle a néanmoins été instrumentalisée en conflit par le ministre : accusation de prendre les élèves en otages, pression morale sur les grévistes, désinformation dans la presse au sujet de la faiblesse de la participation, oraux de rattrapage improvisés par l’administration, faisant fi d’un contrôle sérieux des connaissances, dans le but cynique d’afficher les meilleures statistiques possibles de réussite.

Pour ce qui est de la rentrée 2019, la réforme du lycée n’a fait qu’aggraver le chaos qui sévit désormais à chaque rentrée, dans les lycées.

Aux difficultés rencontrées à la rentrée 2018 et qui n’ont pas été résolues s’ajoutent celles provoquées par l’explosion des spécialités : classes surchargées, encadrement en professeurs, en AVS et en CPE insuffisant, emplois du temps et services ingérables, cours qui se terminent à 19 heures, classes qui peuvent comporter jusqu’à 40 professeurs, conditions de travail déplorables : un agrégé avec un service de15 heures peut se retrouver avec un EDT qui va du lundi matin au vendredi 19 heures ! Matériellement la réforme ne peut rentrer dans les murs du lycée. Le ministre peut répéter dans les media que tout s’est très bien passé : la réalité vécue par les professeurs et les élèves est tout autre et le SNALC soutient les mouvements de grève initiés dans les établissements. Dans ce but, il a déposé un préavis de grève qui va du 30 août au 30 septembre.

Cette rentrée doit également voir la loi Blanquer sur l’école de la bienveillance vider de leur substance les commissions paritaires, ce qui laisserait au pouvoir le champ libre pour continuer dans sa voie, au détriment de la qualité de l’enseignement et des carrières des personnels. Nous réaffirmons notre attachement au respect de la parité syndicale et entendons la défendre farouchement.

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Cette CAPN doit examiner 13 dossiers dont 10 en mathématiques.

A la crise du recrutement, s’ajoute un véritable gâchis. On en vient à priver l’enseignement d’étudiants très bons, même brillants, susceptibles potentiellement de donner aux élèves une formation secondaire et supérieure de haut niveau comme c’est la vocation des agrégés. On rend finalement inutile l’investissement intellectuel et financier que représentent plusieurs années d’études et de formation difficiles et coûteuses (pour les étudiants comme pour l’Etat). Néanmoins, l’Education nationale a le cynisme de réutiliser comme contractuels des agrégés licenciés.

Certes, le premier contact avec l’enseignement est toujours difficile pour un débutant et il y a des obstacles à franchir. Mais que de souffrances irréparables et d’échecs immérités quand le stage se fait face à des classes que même des professeurs chevronnés ne peuvent intéresser ni enseigner ni seulement gérer, parfois, quand de l’ESPE n’émane qu’une formation hors des réalités, éthérée, que le pédagogisme nimbe à la manière de l’oracle pythien de ses fumées impénétrables, quand l’exigence pédagogique devient un reproche appelé méthode magistrale ou frontale, ou encore rigueur excessive.

Pour les élèves qui ne sont pas faits pour l’enseignement général et que ce dernier ennuie il faut des passerelles efficaces et valorisantes vers l’enseignement professionnel et la vie active.

Cette année nous constatons une fois de plus la place prépondérante occupée par les mathématiques dans les dossiers en litige.
Le SNALC a déjà alerté le ministère sur ce problème, l’an dernier. La cause en est la difficulté de plus en plus grande à enseigner les mathématiques, discipline exigeante et rigoureuse qui nécessite un fort investissement de l'élève en termes d'écoute et de concentration. Le SNALC souligne la "perte de sens" que connaît l'enseignement de cette discipline depuis plus de 20 ans, entraînant un désintérêt, pour ne pas dire un rejet, de plus en plus marqué, d'une part croissante d'élèves.

La spécialité mathématiques mise en place par la réforme Blanquer des lycées n’est absolument pas un remède à cette crise de l’enseignement des mathématiques comme le prouve la désaffection des élèves pour cette spécialité.

Dans le système précédent, 90% des lycéens (ES, S et littéraires réunis) conservaient l’enseignement de maths.

Cette année, 64% des élèves choisissent l’option mathématiques en fin de seconde. On est loin des chiffres précédents.

Le SNALC réclame de l’institution une remédiation urgente. Faute de quoi, la France se verra dans les enquêtes internationales encore davantage reléguée en queue de peloton pour le niveau en mathématiques.

Enfin le SNALC insiste pour que tous les agrégés stagiaires, en conformité avec leur statut. effectuent leur stage dans le supérieur, en classe préparatoire ou en lycée.

Le SNALC estime que les ex certifiés lauréats de l’agrégation, doivent être titularisés sans stage (car ils l’ont fait comme stagiaires certifiés). Il n’y a pas à débattre ici, dans cette CAPN, ni en CAPA non plus, du cas des collègues qui se trouvent dans cette situation.

De plus ces collègues sont appelés sur les documents de l’administration « stagiaires qualifiés ». Nous demandons à l’administration quel sens elle donne à cette appellation.


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