CAPN DE REFUS DE TITULARISATION DANS LE CORPS DES AGRÉGES DU 18 SEPTEMBRE 2019. LE GÂCHIS

CAPN DE REFUS DE TITULARISATION DANS LE CORPS DES AGRÉGES DU 18 SEPTEMBRE 2019. LE GÂCHIS

CAPN DE REFUS DE TITULARISATION DANS
LE CORPS DES AGRÉGES DU 18 SEPTEMBRE 2019.

LE GÂCHIS


Cette CAPN a examiné 13 dossiers de stagiaires agrégés (dont 10 en mathématiques). Les uns, en 1ère année de stage, se voyaient menacés de licenciement, parce l’administration proposait de ne pas renouveler leur stage ; les autres, en renouvellement de stage, avaient reçu, en commission paritaire académique, un avis défavorable à leur titularisation. Parmi ces stagiaires, trois étaient titulaires d’autres corps de l’éducation nationale.

Le SNALC, en déclaration liminaire, a insisté pour que tous les agrégés stagiaires, en conformité avec leur statut, effectuent leur stage dans le supérieur, en classe préparatoire ou en lycée.

À la crise du recrutement, le refus de titularisation vient ajouter malheureusement un véritable gâchis. Il prive l’enseignement d’étudiants très bons, et même brillants, susceptibles potentiellement de donner aux élèves une formation secondaire et supérieure de haut niveau, comme c’est la vocation des agrégés. L’investissement intellectuel et financier que représentent plusieurs années d’études et de formation difficiles et coûteuses (pour les étudiants comme pour l’Etat) est rendu vain.

Certes, le premier contact avec l’enseignement est toujours difficile pour un débutant, et il y a des obstacles à franchir. Mais que de souffrances irréparables et d’échecs immérités, quand le stage se fait face à des classes que même des professeurs chevronnés ne peuvent intéresser ni enseigner ni parfois seulement gérer, quand de l’ESPE n’émane qu’une formation hors des réalités, éthérée, que le pédagogisme nimbe à la manière de l’oracle pythien de ses fumées impénétrables, quand l’exigence pédagogique devient sous la plume d’un inspecteur un grief appelé méthode magistrale ou frontale, ou encore rigueur excessive.

Cette année, on a constaté une fois de plus la place prépondérante occupée par les mathématiques dans les dossiers en litige.

L’an dernier, le SNALC avait déjà alerté le ministère sur ce problème. La cause, pour nous, en est la difficulté de plus en plus grande à enseigner les mathématiques, discipline exigeante et rigoureuse qui nécessite un fort investissement de l'élève en termes d'écoute et de concentration. Le SNALC a souligné la "perte de sens" que connaît l'enseignement de cette discipline depuis plus de 20 ans, entraînant un désintérêt, pour ne pas dire un rejet, de plus en plus marqué, d'une part croissante d'élèves.

L’option de spécialité mathématiques mise en place par la réforme Blanquer des lycées n’est pas un remède à cette crise de l’enseignement des mathématiques comme le prouve la désaffection des élèves pour cette spécialité.


Dans le système précédent, 90% des lycéens (ES, S et littéraires réunis) conservaient l’enseignement de maths. Cette année, 64% des élèves choisissent l’option mathématiques en fin de seconde. On est loin des chiffres antérieurs.
Le SNALC réclame de l’institution une remédiation urgente. Faute de quoi, la France se verra dans les enquêtes internationales encore davantage reléguée en queue de peloton pour le niveau en mathématiques.

18 septembre 2019
Les commissaires paritaires agrégés nationaux du SNALC
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