PAS DE VAGUE

PAS DE VAGUE

PAS DE VAGUE

L'équipe des CPE du SNALC
cpe@snalc.fr
21 octobre 2019

Vous entendez parler de harcèlement : du plan prévention et lutte contre la violence en milieu scolaire, de la journée du 7 /11 pour dire « non au harcèlement ! », de la méthode Pikas (méthode de préoccupation partagée) et autre stratégie …plateforme de signalement (composer le 3020 ou bien composer le 0800 200 000) sans oublier le concours « non au harcèlement »

Mais nous parlons du harcèlement des élèves avec force spots dans les media !!!! Celui-ci est sous les néons observés à la loupe…

Nous voudrions vous parler de celui vécu par nos collègues CPE…

« Comment ? » dirait l’individu lambda, « quand on parle de ce sujet on parle forcément d’adolescents martyrisés par leurs pairs ».

Dans le cadre de la protection du fonctionnaire , au chapitre concernant le harcèlement moral , on peut lire : « aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel »

Qu’en est-il dans notre monde de bienveillance et de confiance ?

La réalité est très triste voire sombre… nous l’avons lue dans vos retours à notre enquête. Nous la connaissons également la vérité lorsque nous tentons d’accompagner au mieux nos collègues victimes.

Deux histoires parmi de trop nombreuses :

➢Une collègue en collège. Un Chef d’établissement très « friendly » bises et tutoiement de rigueur.

Tout a commencé par des remarques sur les tenues vestimentaires, sur ses compétences professionnelles il la flattait… tel le chat qui endort la souris. Puis les griffes sont sorties lorsque la collègue n’a pas obéi aux demandes de ce Chef. Elle fut menacée de recevoir les foudres de son IA-IPR EVS si elle n’obtempérait pas. Elle a subi des réflexions à caractère sexuel. Ce Chef a tenté de l’isoler dans l’équipe. Il divisait pour mieux régner. Pendant ce temps elle souffrait d’insomnies, de lombalgies, sentait monter un mal-être de plus en plus prégnant.
Une année scolaire est passée…
Un jour est venu : elle a pris la décision de consulter un médecin. Il a su poser les mots. Le diagnostic est tombé : harcèlement moral ! le choc et un sentiment violent de culpabilité. Ce médecin lui a interdit de retourner dans cet établissement : il en allait de sa santé mentale et physique.
Notre collègue a rédigé un rapport de plusieurs pages à destination du Recteur de son académie. Deux mois plus tard, le DRH lui affirme que l’Administration doit trouver une solution convenable.
Quelques jours passent puis on lui demande de prendre contact avec le CNED pour un poste : c’est à prendre ou bien elle retourne sur son poste précédent ?! » Quel accompagnement bienveillant.
Le poste doit être pourvu « par détachement » or la collègue n’a aucune volonté de s’inscrire dans ce protocole. Le rectorat n’insiste pas, la collègue connait les textes référents à cette structure…. Par chance, elle obtient un poste créé en cours d’année. L’accueil y est respectueux par la Direction, les personnels qui ne connaissent pas son histoire la reçoivent « à bras ouverts ».
Elle reprend confiance, se reconstruit pas à pas. Comme le dira le Chef de la DEP qui la recevra sept mois après le dépôt du dossier ( « le temps de l’Administration n’est pas celui du terrain dixit le DRH ») : vous avez été traumatisée ! Ce que vous prenez pour un luxe aujourd’hui, ce doit être la norme ! »
Quid du Chef d’établissement ? Il a été remplacé provisoirement. Il est en arrêt maladie jusqu’en 2020. Il occupe encore le logement de fonction et rôde dans les couloirs de l’établissement.
Son remplaçant a fait changer les serrures de son bureau.


➢L’histoire de notre autre collègue, se déroule dans une autre région, dans un lycée et elle n’a pas encore de conclusion… nous l’accompagnons actuellement.

C’est un adjoint qui tient le rôle principal. Le Chef quant à lui demande « de ne pas faire d’histoire là où il n’y en a pas ! »
Notre collègue va résister pendant deux très longues années aux brimades, cris, propos désobligeants et autres mauvais traitements et comportements irrespectueux.
Pendant ces deux très longues années, des personnels vont observer cet acharnement sur notre collègue « reconnue comme exemplaire dans l’accomplissement de ses tâches »par les collègues qui ont apporté leur témoignage écrit (fait rare dans les cas de harcèlement).
La santé de notre collègue s’est détériorée tout au long de ce cauchemar. Aujourd’hui elle est en arrêt. Elle a besoin de soins pour se reconstruire.
Son IA-IPR, alertée récemment, s’est emparée du dossier avec, apparemment, toute la sollicitude souhaitée et nécessaire.
Nous suivons, au plus près, le devenir et surtout la guérison de notre collègue.


Nos deux collègues ont accepté de voir leurs histoires racontées. Elle souhaitent « aider les autres » disent-elles.

Il faut briser le silence qui entoure ces situations. Nos collègues se sentent, à tort, coupables, d’être tombées dans les mailles du filet d’individus au comportement inqualifiable. Bien trop souvent , les responsables sont déplacés…en arrêt et autre stratagème… accusés pénalement ?

Nous attendons d’autres témoignages pour y répondre

Le SNALC accompagne les collègues victimes et déplore l’absence de réaction ferme des Recteurs et Rectrices lorsque de tels dossiers sont portés à leur connaissance.

Dans l’Education nationale n’oublions les personnels et notamment les CPE. Les élèves ont besoin d’adultes épanouis dans leur milieu professionnel pour se construire.

Pour nous contacter et nous faire part de vos expériences : cpe@snalc.fr
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