LETTRE : UNE AED ÉECRIT À UN DÉPUTÉ

LETTRE : UNE AED ÉECRIT À UN DÉPUTÉ

LETTRE : UNE AED ÉECRIT À UN DÉPUTÉ


Danielle ARNAUD,
secrétaire nationale chargée des contractuels,
aed@snalc.fr, aesh-avs@snalc.fr
Le 21 janvier 2020

Une AED, lassée de la non prise en compte de l’évolution des missions et des conditions de travail des AED, du manque de reconnaissance de la fonction et de l’impossibilité d’accéder au CDI, écrit à un député pour une professionnalisation et une véritable revalorisation des AED.

Dans l’attente de solliciter députés et sénateurs pour le dépôt d’une proposition de modification de la loi permettant l’accès au CDI, le SNALC publie cette lettre et encourage tous les AED qui comme cette collègue ne supportent plus leurs conditions d’emploi, de rémunération et de travail à écrire à nos responsables politiques.


Le 21 Novembre 2019

Objet : Revalorisation de la fonction d’AED

Monsieur le Député,

Je me permets de vous adresser cette lettre afin de vous faire part d’une situation que je vis et qui à mon sens, comme à celui de nombreux collègues, me paraît dans les temps actuels, totalement injuste et infondée.
Je suis actuellement au début de ma troisième année d’assistante d’éducation au sein d’un collège public de la Mayenne. Ayant toujours eu le souhait de travailler dans un lieu d’éducation, d’apprentissage et au contact des jeunes, j’ai trouvé en ce poste, les attentes qui étaient les miennes.

Néanmoins, la fonction d’AED souffre encore à ce jour de façon anormale, d’un manque total de considération de la part des politiques, du gouvernement et du personnel même de l’Éducation nationale.
Bien que ce poste fût à l’origine réservé aux étudiants boursiers, la situation a depuis évolué de manière hautement significative. Les temps de travail, autrefois exclusivement partiels, se sont peu à peu transformés en temps complets. L’accès à un temps plein soit 41 heures par semaine est donc désormais possible.
Par conséquent, l’augmentation de ce temps de travail rend de plus en plus inconciliable une vie d’étudiant en parallèle.

Un pas a déjà été franchi en 2003 en élargissant le champ de recrutement des AED. Il est donc désormais possible pour des personnes non étudiantes d’accéder à cette fonction.
D’après un récent sondage du syndicat SNALC, les étudiants ne représentent plus qu’un quart de l’effectif des AED. La grande majorité est donc dorénavant composée de femmes d’une moyenne d’âge de 35 ans. Ces assistants d’éducation ne sont donc ostensiblement plus des étudiants.

Pourquoi, malgré toutes ces constatations, une vraie revalorisation n’a toujours été opérée ?

Pourquoi en 2019, à l’aube de 2020, n’est-il toujours pas possible de considérer cette fonction comme un emploi à part entière ?

Pourquoi, n’est-il pas possible d’envisager des embauches en CDI ?

J’aime ce que je fais au quotidien avec mes élèves. Malgré les idées préconçues, ce travail se révèle être très enrichissant aussi bien sur le plan professionnel qu’humain. La vie scolaire étant le point névralgique d’un établissement, nous sommes de ce fait sans cesse sollicités.
Patience, empathie, écoute, adaptabilité et réactivité sont les maîtres-mots qui définissent notre tâche. Les situations plus ou moins difficiles auxquelles nous sommes confrontés, nous obligent également à faire preuve de recul.

De nos jours, le comportement déviant de certains élèves à l’encontre de leurs professeurs ou encore du personnel est régulièrement mis en avant.
La question de la sécurité au sein des établissements scolaires devient un enjeu pour tous.
Toutes prétentions exclues et toutes proportions gardées, même si cela n’endiguerait pas définitivement la violence présente dans les écoles, je pense qu’une équipe de vie scolaire stable, soudée, qui travaille ensemble depuis longtemps à plus d’impact sur le comportement des élèves qu’un renouvellement perpétuel.

Mes collègues et moi pouvons en témoigner avec ce que nous vivons tous les jours.

La précarité de cette situation n’est à mon sens plus justifiée. Les lois qui sont faites, le sont également pour être modulables afin d’être en adéquation avec l’époque et la réalité actuelle.
Notre but n’est pas d’exclure les étudiants mais d’entrer dans une logique qui permettrait l’embauche tout en conservant un quota de postes réservés aux étudiants.
Aujourd’hui, le seul espoir qui nous soit donné de pouvoir pérenniser ce travail est de postuler dans le privé.
Ce dernier a pris le parti de valoriser et professionnaliser la fonction d’assistant d’éducation en leur permettant l’accès à une embauche.
Étant donné le caractère stable de leur statut, l’espoir de trouver un jour une place s’amenuise.
On nous parle d’accès à des concours, de tremplins professionnels mais pourquoi est-ce si difficile de concevoir que c’est ce poste en question qui suscite notre intérêt ?

Par le biais de cette lettre, je tenais donc à vous faire part de mon ressenti mais également celui de très nombreux collègues.
Bien que cette dernière soit très probablement « une bouteille d’eau jetée à la mer » j’avais tout de même à cœur de vous exposer cette réalité qui s’avère être NOTRE réalité.

Je souhaiterais également avoir votre point de vue sur la question et surtout, savoir si une véritable revalorisation sera un jour, autre chose qu’une simple utopie ?

Serait-il possible d’être considérés autrement que comme des « sous travailleurs » ? Quelqu’un va-t-il un jour s’intéresser à notre condition ?

En vous remerciant par avance du temps pris pour la lecture de cette lettre qui m’est chère.

Veuillez agréer, Monsieur Le Député, mes salutations les plus distinguées.

Manuela F, assistante d'éducation


Si vous décidez vous aussi d’écrire à un ou des responsables politiques (lettre individuelle ou collective), n’hésitez surtout pas à nous en transmettre une copie : aed@snalc.fr
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