AU SECOURS, L’ÉCRITURE INCLUSIVE NOUS ENVAHIT !

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Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1437
Par Eugénie DE ZUTTER
secrétaire académique du SNALC de Reims,
Le 28 janvier 2020





L’écriture inclusive semble chaque jour gagner du terrain, en particulier dans le monde de l’Éducation nationale. De plus en plus d’écrits, y compris des mails de collègues, ont recours à ce qui est présenté comme une grande avancée sociale. Pour le SNALC, l’écriture inclusive est une fausse bonne solution, pour plusieurs raisons.

D’abord pour une raison pratique : avec l’écriture inclusive, la fluidité de la lecture relève de la gageure parce qu’elle est perturbée par les fréquents ajouts de signes indissociables de cette pratique, ce qui hache les mots et la structure de la phrase. Exemple : tou.s.tes les collègues seront défendu.es pour qu’ils (elles) soient sûrs.es qu’ils (elles) ne seront pas mis.es de côté…

Le SNALC préfère prendre ses distances par rapport à cette pratique pour des raisons idéologiques. Par l’écriture inclusive, les auteurs souhaitent dire que les femmes ne sont pas oubliées. Pourtant, quelles femmes se sentent exclues donc offusquées par une phrase appliquant la règle du masculin qui « l’emporte sur le féminin même s’il n’y en a qu’un ». Or, l’écriture inclusive tend à rappeler aux femmes qu’elles ne sont que des femmes, ce qui est considérablement réducteur. Pourquoi réduire une personne à son sexe uniquement ? Tout être humain a une identité bien plus complexe que sa simple enveloppe corporelle, qui n’est qu’un paramètre parmi tant d’autres. Il existe enfin des raisons historiques. Le choix de la conjugaison des adjectifs et autres règles grammaticales relève d’une époque où il est vrai, l’égalité juridique entre les hommes et les femmes n’existait pas. Accepter ce choix ancien ne veut pas dire que l’on refuse de se battre pour que la condition féminine s’améliore aujourd’hui en France. Ce combat doit être mené sur d’autres plans, notamment celui de la loi, ce qui relève du concret et de l’obligatoire, et c’est ce pour quoi le SNALC se bat et continuera de le faire.

Cessons cette mode qui relève plus de l’embrouille grammaticale que de l’avancée de la condition de la femme dans notre pays. Avec cette pratique désastreuse, on se trompe de cible, comme trop souvent en France et en particulier dans l’Éducation nationale.

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