LE COLLÈGE PRÉPARE-T-IL (ENCORE) AU LYCÉE ?

LE COLLÈGE PRÉPARE-T-IL (ENCORE) AU LYCÉE ?

LE COLLÈGE PRÉPARE-T-IL (ENCORE)

AU LYCÉE ?





Article paru dans la Lettre pédagogique n°4,
Par Sébastien Vieille, , secrétaire national du SNALC chargé de la pédagogie
28 février 2020





La question est volontairement provocatrice. En effet, il y a là un sujet qui, sans être tabou, peut provoquer un malaise. Poser la question peut laisser penser que les professeurs infatués qui enseignent au lycée critiquent leurs homologues de collèges qui, eux, ne font rien. Evidemment, le SNALC ne prend pas le problème sous cet angle. C’est la question de l’adéquation – certains IPR parleraient de « tuilage » - entre les programmes ainsi que les pratiques préconisées au collège et le nouveau lycée qu’il convient de poser.


Une enquête révélatrice

Dans le cadre de notre consultation sur le lycée, les enseignants étaient appelés à se prononcer sur les élèves entrés en seconde cette année. Les chiffres et le verbatim montrent clairement que nos collègues sont inquiets.


Ils jugent très sévèrement les acquis des élèves. Ils s’expriment majoritairement sur l’inadéquation entre ces acquis et les attendus des nouveaux programmes du lycée. Mais les connaissances et les fameuses compétences ne sont pas la seule difficulté. Un problème central est pointé par les nombreux professeurs qui ont répondu à nos questions. Il s’agit des habitudes de travail.


Dans la partie du questionnaire permettant aux collègues d’expliciter leurs réponses, ils signalent très largement une difficulté à travailler à la maison et une attitude consommatrice en cours.

D’une réforme à l’autre

Ces élèves sont le fruit de la réforme du collège. Ils sont la cohorte témoin du résultat de quatre années dans le nouveau collège. Ils ont vécu les EPI, les pédagogies que l’institution a voulu inductives et sans doute les îlots (qui pouvaient même être bonifiés). Ils entrent désormais dans la réforme du lycée. Et si les programmes veulent inciter aux « projets », ils sont tellement denses qu’ils induisent l’emploi d’approches plus déductives et verticales qu’au collège. Ils réclament aussi un travail personnel (mais y a-t-il là une nouveauté décoiffante ?).

Non, l’écart entre la troisième et la seconde n’a rien de nouveau. Mais ce qui l’est – hormis le fait que la marche semble encore plus haute cette année – est l’absence de réaction de certains ou l’incapacité à se remettre en question de nombreux autres pour qui le lycée est simplement « méchant ».

Qu’en pense le SNALC ?

Le SNALC l’a déjà signalé : les programmes du nouveau lycée sont lourds, très lourds. Ils réduisent le temps pédagogique. En ce sens, certains allègements sont souhaitables et le SNALC a déjà été porteur d’une telle demande en accord avec les associations disciplinaires.
Néanmoins, le SNALC constate que malgré des annonces faites en 2017 et certaines évolutions qui restent marginales, l’important chantier qui aurait dû être entrepris pour revenir sur la réforme du collège ne l’a pas été. Au contraire, ces effets sont aggravés par une inclusion qui n’est pas raisonnée (il en sera question dans le QU n°1439).

Pour le SNALC, il devient urgent de faire totalement disparaître les EPI, de revenir sur les programmes de collège et d’interroger la notion de socle. Il faut donner le temps et les moyens aux enseignants de collège d’enseigner et d’évaluer dans l’exercice de leur liberté pédagogique.





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