PROTOCOLE DE RÉOUVERTURE: visioconférence entre le SNALC et le ministre

PROTOCOLE DE RÉOUVERTURE: visioconférence entre le SNALC et le ministre

RÉOUVERTURE DES ÉCOLES ET ÉTABLISSEMENTS DU SECONDAIRE



Compte rendu de visioconférence

entre le SNALC et le ministre



jeudi 30 avril 2020 à 15h



Pour le ministère :
- le ministre Jean-Michel Blanquer
- le Directeur général de l’enseignement scolaire, Edouard Geffray

Pour le SNALC :
- le président Jean-Rémi Girard
- les vice-présidents Toufic Kayal, Philippe Frey et Marie-Hélène Piquemal




Le SNALC a décidé de rendre publics ses comptes rendus d'audience avec le ministère, afin que l'ensemble des personnels soit informé de façon transparente sur la teneur des échanges, sur ce que nous portons et sur les réponses du ministère.





En téléchargement :





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Quelques informations reçues au cours du CTM du 5 mai (mise à jour 21h20) :

  • Titularisation des stagiaires : la position du ministère va être rapidement diffusée au sujet des modalités et du calendrier de titularisation. Le ministère rencontrera les académies demain 6 mai. Il ne faut donc pas tenir compte des éléments qui ont pu être donnés dans certaines académies (par exemple, annonçant que cette titularisation aurait lieu en décembre...)

  • Les résultats des admissibilités des concours vont être débloqués de façon imminente pour les concours pour lesquels ils n'avaient pas encore été communiqués.

  • Le dispositif d’ASA (autorisation spéciale d'absence) pour garde d’enfants sera maintenu pour le mois de mai. Fin mai, un point sera fait sur la situation sanitaire afin déterminer s'il y a lieu de poursuivre les réouvertures et le dispositif d'ASA.
    Attention : ce dispositif n’est pas applicable à ceux qui ne veulent pas remettre leurs enfants à l’école, mais seulement à ceux qui ne peuvent pas. Par exemple, pour ceux qui ont des enfants en 4e ou des enfants qui ne font pas partie des premiers niveaux à reprendre.




Le ministre évoque la situation de déconfinement qui nécessite selon lui un « dialogue fréquent » et l’utilité de structurer par étapes et par hypothèses, en recueillant les réactions et réflexions, afin de gagner en précision.

Il fait part d’une volonté de tenir compte de certaines observations qui lui ont été adressées, notamment pour avancer progressivement. D’où le retard dans le second degré et l’incertitude sur l’ouverture des collèges et lycées d’ici l’été, même s’il souhaite ardemment que ce soit le cas. Il faut attendre le point qui sera fait fin mai sur la situation sanitaire.

La situation est exceptionnelle, historique, met en jeu notre pays, dans des heures graves de l’histoire de la France. Selon lui, le rôle syndical n’est pas de souligner chaque inconvénient de chaque situation mais de voir comment participer à la définition des chemins à construire.

Commentaire du SNALC : le ministre n'a pris aucun contact avec nous depuis l'audience du 16 avril, et ne nous a communiqué aucune de ses hypothèses de travail (ni le projet de protocole d’ailleurs).



Le ministre indique qu’il tient à garantir la santé des élèves et des personnels, mais qu’il attache énormément d’importance à la défense de l’école, au droit à l’éducation, même si ce serait plus simple pour le ministre de l’EN d’attendre septembre, voire un vaccin.

Le ministère a souhaité commencer par l’école primaire : CP-CE1 feront partie des premiers à rentrer car l’enjeu social par excellence est la consolidation des savoirs fondamentaux.

Trois points structurent le déconfinement : le domaine sanitaire, la doctrine d’accueil et la dimension pédagogique.

1. Le domaine sanitaire

Le projet de protocole sanitaire est inspiré des préconisations du Conseil scientifique et a été travaillé à la lumière de comparaisons internationales, des recommandations des autorités sanitaires, en collaboration avec le bureau Veritas, en vue d’obtenir un outil opérationnel.


2. La doctrine d’accueil

L’objectif est là aussi d’avoir un cadrage national : s’il est strict et incontournable pour les éléments sanitaires, il se veut ici plus souple et pragmatique afin de prendre en compte les réalités locales (bâtiments, personnels…). L’accueil pour le 1er degré et le collège se fera préférentiellement par niveaux, avec possibilité de s’organiser autrement localement. Cette organisation par niveaux est la charpente de l’EN, quoi qu’en disent ceux qui veulent faire de l’école une « garderie ». Il peut y avoir en fin d’année des choses pédagogiques très intéressantes.

Cette logique par niveau est complétée par une logique transversale « multi-niveaux », pour accentuer la dimension sociale de l’accueil. Le groupe transversal reçoit tous les enfants qui ne sont pas dans le niveau accueilli, notamment :
    • les élèves en situation de handicap,
    • les élèves décrocheurs,
    • les enfants des personnels indispensables à la continuité de la nation et les enfants des professeurs qui iront travailler en présence,
    • les fratries.

Par exemple, on peut imaginer que la première semaine, on accueille les CP et les CM2, divisés par deux, avec 13 élèves par classe, + un ou deux groupes transversaux avec d’autres élèves que CP ou CM2 pour accueillir les enfants mentionnés.

Quatre situations sont possibles pour l’élève :

    • soit à l’école pédagogiquement au travail,
    • soit à l’étude surveillée,
    • soit chez lui (à 100% si la famille n’est pas « volontaire »),
    • soit dans un dispositif de « 2S2C » pour sport-santé-culture-civisme développé parfois par les collectivités pour son épanouissement physique et son éducation à la santé.

Deux situations sont possibles pour le professeur :
    • soit physiquement à l’école ou au collège,
    • soit chez lui, en raison de sa vulnérabilité ou celle d’un proche.

Le but n’est pas de forcer à venir, mais que chacun agisse en conscience individuelle et collective pour faire face à un péril bien réel. Les professeurs en télétravail suivront les élèves qui seront également chez eux. Ceux qui seront en présentiel n’assureront bien sûr pas les cours à distance.


3. La dimension pédagogique

Elle sera synthétisée dans une circulaire de la DGESCO dite « de reprise ». Il ne s’agit pas de boucler les programmes mais de se remettre en route, et consolider dans la perspective de l’an prochain. Cette circulaire sera complétée par des documents par niveaux, de la maternelle à la terminale, des outils, notamment d’évaluation des élèves, de la DGESCO, du CNED, de CANOPE.



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RÉACTION ET QUESTIONS DU SNALC


Jean-Rémi Girard, président du SNALC, rappelle en préambule que le SNALC est représentatif dans le 1er et le 2d degrés et qu’il formulera des remarques sur le primaire comme sur le secondaire.

Il indique que les instances nationales du SNALC réunies en début de semaine ont voté à l’unanimité :

    • que l’avis du Conseil scientifique doit être suivi, et la réouverture se faire en septembre ;
    • que le SNALC est favorable à l’élargissement de l’accueil actuel sur les critères justement mentionnés par le ministre : sociaux et économiques.

Le SNALC ne changera pas d'avis.

Pour le SNALC, c’est la continuité pédagogique, avec ses défauts et ses réussites, qui doit se poursuivre. Actuellement, on met en œuvre quelque chose de très compliqué et de dangereux pour un bénéfice éducatif et éducationnel très incertain.

Nous avons plusieurs remarques et questions.


La taille des groupes
C’est la remarque la plus fréquente. Avant même l’élaboration du protocole, le groupe de 15 enfants n’est pas envisageable dans la plupart de nos classes compte tenu du bâti et de l’âge des élèves en primaire.
Le protocole est très détaillé sur de nombreux points, les collègues ne sont pas sûrs de se souvenir de tout ni de pouvoir tout appliquer. Pourtant, c’est flou sur les notions de distanciation. On a beaucoup entendu dans le débat que chaque élève devait avoir 4m², 8m² pour les adultes : c’était clair et compréhensible. Là, les injonctions imprécises pourraient susciter des questions sur ce qui sera suffisant ou non en termes d’organisation. Par exemple, si l’on veut placer 15 élèves + le(s) professeur(s) + l’ATSEM + l’AESH dans une salle de 50 m², sans compter les meubles, un calcul vite fait permet de voir que 15 élèves occupent déjà 60 m² et on n’a pas encore mis les adultes. Or le protocole prétend pourtant que l'on peut avoir un groupe de 15 élèves dans 50m².
Des schémas seraient souhaitables sur l’organisation recommandée par le protocole pour qu’on sache, si la réouverture a lieu, dans quelles conditions elle peut et doit se faire.


Que faire en cas de non-respect d’un point du protocole ?
Cette question concerne tous les personnels de l’EN, qui pourraient faire ce constat : quelle démarche collective ? qui avertir ? quelle démarche individuelle ?


La question des personnes à risques
Vous avez pris en compte, et nous l’apprécions, les personnels et élèves à risques, et leurs proches. Les questions concernent le mode d’emploi : que doit faire le personnel concerné pour faire reconnaître ce risque ? quelles modalités ? par quels documents ? dans quelle situation se trouvera-t-on une fois le risque reconnu ? dans quelle position administrative se trouvera un personnel non-enseignant dont le travail nécessite la présence ?


Est-ce qu’un personnel peut faire valoir son âge ?
Une part non négligeable de personnels a dépassé 60, certains même 65 ans. Beaucoup de collègues entre 50 et 60 ans sont également très inquiets. Nous souhaitons que ceux qui le souhaitent puissent à ce titre se déclarer personnes à risques.


Les personnels qui ne souhaitent pas renvoyer leurs enfants à l’école
Comment s’applique la notion de « volontariat » des parents pour les personnels de l’EN dont les enfants sont trop jeunes pour se garder seuls ? Peut-il continuer à assurer la continuité pédagogique à distance ? Doit-il trouver une solution de garde ? La question s’applique aussi pour le cas des enfants qui ne retournent pas à l’école en même temps que le parent enseignant.


La prise de décision
Comment se prennent les décisions ? Est-ce chaque école décide de son côté ? ou au-dessus niveau DASEN… ? Si nous comprenons l’intérêt de juger au plus près du terrain, nous pensons que des consignes nationales sont ici nécessaires.
Vous aviez donné la garantie que là où ça ne peut pas rouvrir, on ne rouvre pas. Mais qui peut décider localement de ne pas rouvrir : le maire ? Et si le préfet décide, le maire doit-il s’y conformer ? Est-ce que cette décision peut être prise par le Conseil d’école ? Par le directeur d’école ? Par l’IEN ? Le DASEN ?... Comment cette autorité fait constater que l’on ne peut pas rouvrir ?


Les écoles en zone rouge
Il y a une véritable incompréhension, et même de la colère, au sujet des écoles en zone rouge : pourquoi rouvrir les écoles primaires en zone rouge alors que les collèges ne rouvrent pas ?

Le passage zone rouge / zone verte
Comment fonctionnent ces passages et quel délai est envisagé pour la réouverture effective en cas de changement ?


Collège : la même salle pour le groupe d’élèves
Outre les questions de difficultés de distanciation déjà soulevées pour les écoles, l’idée de garder les élèves le plus possible dans une même salle se heurte au problème des nombreuses disciplines qui nécessitent des salles spécialisées si l’on prétend faire de « l’enseignement » : cela implique alors des déplacements nécessaires pour avoir de « vrais cours » sur une journée complète.


L’organisation des journées
Les journées seront-elles complètes avec l’ensemble des enseignements ? les mêmes horaires ? Y aura-t-il des consignes nationales ? ou laissera-t-on au local le choix de décider ce qu’est l’école et ce qu’on y enseigne ?


Les AESH et les élèves en situation de handicap
Cette question est très importante. Vous avez signalé que ces élèves étaient prioritaires : nous n’avons trouvé qu’une seule mention de ces élèves dans le projet de protocole, indiquant seulement qu’il fallait y apporter une « attention particulière ». Et rien de plus.
Les AESH nous sollicitent très souvent au SNALC : ce sont des personnels pouvant être fragiles, dans des situations socio-économiques compliquées, parfois familiales également… Or, les AESH sont en incapacité totale de respecter la distanciation physique dans l’exercice de leurs missions. Les AESH ont besoin d’éléments écrits concrets sur ce que doit être leur travail, pour savoir s’ils doivent ou non retourner dans les écoles et établissements. Sinon, nous allons revivre la situation de la mi-mars avec des AESH déboussolés, inquiets, angoissés par des injonctions de venir alors qu’ils n’ont rien à faire en présence. Si l’on veut s’occuper des élèves en situation de handicap, il faut commencer par éclaircir la situation des AESH.


La poursuite de l’accueil actuel
Une fois la progressivité lancée, quelle sera notre capacité à maintenir à temps plein l’accueil des enfants de soignants et autres personnels indispensables ? Le jour où tous les niveaux seront rentrés, notamment dans le premier degré, que fera-t-on des enfants de soignants (et de personnels enseignants en présence) si jamais tout le monde envoie son enfant à l’école ? D’autant que beaucoup de collectivités locales ont déjà déclaré qu’il n’y aurait pas d’activités périscolaires.


La gestion simultanée des services présentiel / distanciel
Vous avez signalé qu’un même enseignant n’aurait pas à faire les deux enseignements : présence en classe et enseignement à distance. Par exemple, si les 3 professeurs d’une école reviennent en présence, qui s’occupe des élèves à distance sur le plan pédagogique ? À l’inverse, si l’on n’a pas assez de professeurs en présence, comment organise-t-on l’accueil ? Comment sont éventuellement sélectionnés les élèves ? Faut-il organiser un roulement de groupes ? Est-ce que l’intelligence du terrain suffira à régler tous ces problèmes ?


L’épreuve anticipée de français (EAF)
Vous avez été destinataire hier d’un courrier intersyndical large auquel se sont associés les parents d’élèves et les lycéens, demandant que l’oral de l’EAF ne soit pas maintenu. Compte tenu du calendrier annoncé par le Premier ministre, nous ne voyons pas comment les élèves pourront être préparés pour cet oral. Il nous parait judicieux et intelligent de ne pas s’enferrer dans cette volonté de maintenir à tout prix cet oral et de donner un signe de bonne volonté.



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RÉPONSES DE JEAN-MICHEL BLANQUER


Le ministre rappelle que plusieurs membres du Conseil scientifique se sont exprimés pour dire qu’ils comprenaient la décision politique de réouverture. Des catastrophes considérables sont annoncées si l’on poursuit le confinement jusqu’en septembre.

Commentaire du SNALC : le ministre confond, volontairement ou non, « confinement » et « fermeture des écoles ». Ce sont pourtant deux choses différentes : des pays peuvent déconfiner sans rouvrir leurs écoles, à l'image de l'Italie.


Il faut avoir une vision systémique complète par rapport au pays. La situation est hors du commun. Septembre, c’est très long pour des élèves en situation de décrochage. Sans compter les violences familiales, les enfants qui ne mangent plus à leur faim. La dimension sociale, économique doit être prise en compte. Dans cette situation historique, chacun doit prendre sa responsabilité. Le ministre se dit attristé par le débat polémique dans notre pays par comparaison avec d’autres pays du nord. Il souligne que les réponses sont souvent bienveillantes vis-à-vis des personnes, et qu’il défend des principes sanitaires stricts.

Commentaire du SNALC : comme souvent, on nous ressort « les pays du nord », dont la mortalité est incomparablement plus basse que la nôtre. Quant aux « principes sanitaires stricts », le Conseil scientifique avait préconisé une réouverture en septembre, on l'oublie décidément bien vite.

Les questions du SNALC sont cependant légitimes, pertinentes et utiles et permettent de faire progresser les choses sur ce sujet. Le ministre souhaite un climat de confiance à la hauteur des enjeux de notre pays.


Élargir l’accueil des personnels soignants
Chaque fois que nous avons envisagé cette hypothèse, on nous a reproché une « école garderie ». Avec une progressivité par niveaux, on veut garder la charpente de l’EN et consolider les élèves sur le plan des savoirs.
Le bénéfice éducatif de revenir à l’école est réel, y compris quand il y a des grands enjeux comme celui que nous traversons. Se rattache à l’enjeu de l’école en mai-juin, celui des vacances d’été, avec une dimension éducative : il s’agit de créer une chaîne cohérente entre les 4 périodes : 15 mars-11 mai, 11 mai-4 juillet, juillet-août, et pour finir septembre et les mois suivants. On ne peut pas faire fi de l’état des élèves (psychologique, pédagogique…) et se donner rendez-vous en septembre.
Ces sujets sont fondamentaux. La culture républicaine et la culture de l’école de la République doivent se retrouver dans cette période dans la maison Éducation nationale.  


Sur la taille des groupes : le chiffre de 15 n’écrase pas les autres impératifs sanitaires. Si la classe ne le permet pas, le groupe fera moins d’élèves.15 est un maximum, ce sera précisé dans la circulaire de reprise.
C’est une bonne idée d’ajouter des schémas. Le ministre partage les remarques du SNALC et ajoutera des précisions sur la distanciation physique. Attention à l’effet inverse, de sorte qu’on n’aboutisse pas à quelque chose de compliqué, ou infaisable, ce qui ne paraît pas être le cas des schémas, faciles à manier et à comprendre.

Commentaire du SNALC : Le SNALC attend donc le schéma où 15 élèves sont dans une distanciation physique permettant les déplacements dans 50m2.


Quand un point du protocole n’est pas respecté , le chef d’établissement ou l’IEN doit le signaler. S’il n’est pas rectifié ni rectifiable, la fermeture sera décidée.


Pour les personnes à risques , l’objectif est la bienveillance et le pragmatisme, le bon sens. Nous retiendrons probablement le mécanisme de l’attestation sur l’honneur. Pour certaines personnes, il est psychologiquement très difficile de revenir physiquement. Le ministre précise qu’il ne juge pas de la rationalité de ces cas. On fera confiance à la conscience de chacun, sachant que quand quelqu’un est vulnérable, sa conscience peut lui dicter de rester chez lui. Une énumération indicative des éléments de vulnérabilité sera faite comme vous le demandez.


Sur les personnels-parents qui n’enverraient pas leurs enfants à l’école , le ministre doit s’entretenir avec le ministre du travail.


Sur la progressivité de reprise en primaire , les situations locales sont très différentes. Le ministre détient plusieurs scénarios qui montrent qu’il est possible d’arriver à une organisation pragmatique. Les priorités pour les CP et CM2 sont indicatives. Localement, cela peut varier selon les effectifs par exemple. Les directeurs d’école, en lien avec les communes, décideront. Il faut compter avec la complémentarité de l’approche par niveau et de l’approche transversale. Par exemple, si ce sont les CP et les CM2 qui rentrent, ça devient 2 demi-groupes de moins de 15 élèves de CP et de CM2, et peut-être que l’équipe va créer un groupe multi-niveaux pour les élèves qui ne sont pas de ces niveaux-là mais qui relèvent des 4 catégories prioritaires d’accueil : ça fera 5 groupes dans la journée, mais dans tous les cas, les groupes sont tous pédagogiques – avec l’intérêt accru des « petits groupes », pas seulement sur le plan sanitaire.


Les écoles en zone rouge : Le Premier ministre a choisi cette stratégie de montée en puissance. Les études nous démontrent qu’il faut privilégier le 1er degré sur le plan sanitaire car il y a moins de contagiosité pour les moins de 10 ans. Mais il y a aussi une dimension sociale très importante : il est regrettable pour des raisons sociales par exemple qu’un collège de Seine St Denis risque d’être en zone rouge et donc n’ouvrent pas en mai, ni peut-être en juin. Donc, le problème existe dans tous les sens. On sera cependant plus souples pour accepter des fermetures d’écoles en zone rouge qu’en zone verte.

Commentaire du SNALC : nous laissons les professeurs des écoles exerçant en zone rouge apprécier.



La décision d’ouvrir ou pas sera précisée dans les documents mais ne reposera pas sur la responsabilité du directeur d’école.


Les élèves seront maintenus dans une même salle . Certes les inconvénients que vous signalez existent mais la situation est exceptionnelle.


Les emplois du temps changeront dans la majorité des cas . La faible densité peut parfois permettre d’accueillir tout le monde avec l’emploi du temps précédent, mais dans la grande majorité des cas, l’organisation sera nouvelle et plus souple.

Commentaire du SNALC : la réalisation de nouveaux emplois du temps « plus souples » risque de ne pas être simple au vu des délais.



Les élèves en situation de handicap sont prioritaires . Nous aurons des documents plus précis. Un travail a été fait avec la secrétaire d’État aux personnes handicapées pour apporter ressources et appuis aux différents acteurs. Pour certains, ce sera mieux de rester, pour d’autres il y a urgence à revenir à l’école.


Pour les AESH , le ministre dit avoir le sujet à l’esprit. Il fera sans doute un courrier spécifique pour ces personnels, qui sont sous le même régime que les professeurs pour ce qui concerne les questions de vulnérabilité. Les AESH peuvent aussi s’occuper d’autres enfants s’il n’y a pas d’enfants en situation de handicap. Le ministre dit avoir été un avocat fort pour l’amélioration du statut des AESH, avec des contrats plus solides et une meilleure prise en considération RH par l’EN, qui a vocation à aller plus loin dans le futur. Leur appartenance à la communauté éducative doit se voir particulièrement dans cette période.

Commentaire du SNALC : si l'enfant dont s'occupe habituellement l'AESH n'est pas présent, ce dernier pourra quand même se mettre en danger en s'occupant d'un autre.



Pour l’accueil des enfants de soignants et personnels indispensables , cela relève du mécanisme transversal précédemment évoqué s’ils ne sont pas concernés par les groupes de niveaux.

Commentaire du SNALC : sauf que lorsque tous les niveaux auront repris, cela ne fonctionnera plus. Comment les accueille-t-on à temps plein alors ?


Pour s’occuper des enfants qui restent à distance , s’il n’y a pas assez de professeurs, il y aura les remplaçants dans le premier degré. Une régulation des flux sera faite par les IEN et les directeurs d’école pour savoir, dès la semaine prochaine, sur qui ils peuvent compter ou non. Pour l’enseignement à distance, une mutualisation entre écoles est également envisagée. Enfin, le dispositif « Ma classe à la maison » permettra d’accompagner un élève indépendamment de l’intervention du professeur, qui ne représente pas 100% du temps de travail de l’élève à distance. Ceci sera écrit dans les documents de la DGESCO.

Commentaire du SNALC : la tâche des IEN et des directeurs d’école nous semble très compliquée à réaliser dans les délais impartis


Enfin au sujet de l’EAF et du courrier intersyndical, le ministre s’étonne de voir que le SNALC, si attaché à l’examen avec épreuves terminales, réclame aujourd’hui de ne pas maintenir l’épreuve.

Le SNALC corrige le ministre et rappelle la position qu'il avait exposée devant lui en mars(1) . Il n’y a jamais eu de revendication du SNALC demandant de maintenir coûte que coûte l’EAF. Aujourd’hui, sans reprise des lycées avant au moins le mois de juin, tout le monde, y compris le ministre, doit se rendre compte que ce n’est pas possible. Tout cela a été dit unanimement, par le SNALC et les autres organisations syndicales, lors de l’audience DGESCO il y a 3 semaines. Edouard Geffray (DGESCO) confirme la tenue de cette audience.

Le ministre dit qu’il ne sera pas forcément rigide sur cette question. Pour lui, à ce stade, c’est peut-être encore possible. En maintenant l’oral de français, le ministre a voulu indiquer qu’il était attaché au contrôle terminal au baccalauréat, tout comme le défend le SNALC. En outre, les élèves doivent avoir un point de repère terminal. « Plutôt Phèdre que Netflix » résume le ministre au sujet de sa position qui visait à maintenir l’EAF, tout en déclarant qu’on va sans doute supprimer cet oral si tout le monde le demande et regrettant alors que l’on retienne une version moins exigeante qui laisse effilocher l’éducation en France. Il conclut en annonçant qu’il prendra sa décision le moment venu en fonction de la faisabilité.

Le SNALC rappelle ce qu’il a toujours dit depuis le début : nous sommes dans une situation exceptionnelle grave dans laquelle certaines valeurs et visions doivent forcément passer provisoirement au 2d plan, ce qui ne signifie pas qu’elles n’existent plus. Le SNALC a la responsabilité et la volonté de représenter des personnels très majoritairement angoissés ou en colère, enquêtes à l'appui. Il essaie depuis le début de trouver un chemin équilibré entre l’impératif sanitaire et les valeurs qu’il a toujours défendues. Pour le SNALC, c'est l'impératif sanitaire qui est actuellement prioritaire.



Pour le SNALC, Marie-Hélène Piquemal



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(1) « Le SNALC n’est pas dogmatique (« pas de doctrine sur la question »), notre seule exigence est, qu’en cette année spéciale, les élèves ne soient pas pénalisés. Pour cela, nécessaire d’envisager le pire afin de pouvoir y remédier. Le SNALC n’est pas opposé au contrôle continu s'il s'avère être nécessaire » (extrait du compte rendu de l'audience du 26 mars)






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