CONFINEMENT : CONSÉQUENCES SUR NOS LP

CONFINEMENT : CONSÉQUENCES SUR NOS LP

CONFINEMENT : CONSÉQUENCES SUR NOS LP


Par Aissam KROUNA
Secrétaire Départemental SNALC 93
Responsable SNALC PLP Créteil
plp@snalc.fr
Le 5 mai 2020

Nous nous retrouvons confrontés à une crise sanitaire sans précédents. Tous les enseignants sont confinés chez eux et assurent une continuité pédagogique sans que personnes n’aient été formées au préalable. Des outils divers et variés sont mis à notre disposition dans le flou total. L’enseignement professionnel doit gérer la crise avec ses spécificités et ses difficultés.

La classe virtuelle via l’outil classique ma classe à la maison du CNED est un des outils qui pouvait permettre la continuité pédagogique mais nous nous rendons compte que c’est un outil limité tels que des problèmes de connexion. La plupart des collègues ont donc pris d’autres initiatives pour conserver le lien telles que la création de groupes Whatsapp qui s’avèrent plus efficaces mais insuffisantes puisque certains élèves manquent toujours à l’appel. La continuité pédagogique ne fonctionne pas pour tous et encore moins pour les Bac Pro indus à qui l’ont enseigne un savoir-faire et qui ne peuvent le pratiquer à distance.

M. Blanquer a annoncé que la rentrée scolaire s’étalerait sur trois semaines à partir du 11 Mai 2020 malgré l’avis du Conseil scientifique qui aurait préféré une réouverture de tous les établissements scolaires après les vacances d’été. Quelques jours plus tard, nous apprenons que les lycées ne rouvriront qu’au mois de Juin. À quand la fin des incertitudes et des changements? Une reprise pour les concernés avec des groupes d’élèves réduits soit 15 élèves au maximum par classes. Concrètement, comment ce dispositif pourrait-être possible pour la plupart des lycées professionnels qui manque de place en temps normal ? La réouverture progressive des classes a été dictée par l’envie de lutter contre les inégalités sociales et d’aider à la reprise du travail sauf que ce sont des problèmes qui existait déjà bien avant le confinement. Il a estimé à 5% le nombre d’élèves perdus, en échec scolaire, mais c’est une sous-estimation qui est extrêmement éloigné de la réalité en LP. En tant qu’enseignant, nous sommes confrontés au quotidien à ces élèves décrocheurs qui ne reviendront sûrement pas en cours. Le COVID n’a rien changé ni aggravé sur ce décrochage.

Et comme-ci toutes ces dispositions n’étaient pas suffisantes, le gouvernement prend la décision que la rentrée soit basée sur du volontariat pour faire porter la responsabilité aux parents et masquer ainsi l’incapacité du gouvernement à assurer une reprise des cours en toute sécurité, paradoxe ! Puisque notre cher ministre disait le 15 avril sur une chaîne d’information que « L’école est obligatoire ».

Cette crise sanitaire met en lumière toutes les failles de notre système d’Éducation et tout ce que nous vivons déjà au quotidien dans nos LP mais elle prouve également une contradiction parmi tant d’autres dans les propos de Mr Blanquer qui excelle en la matière depuis le début de la crise. En effet, il avait annoncé dans la réforme du lycée professionnel une diminution du nombre d’heures en formation ce qui privilégierait les séances en classe entière par conséquent en totale opposition avec les mesures de précaution à prendre. Pour rappel, les élèves de bac professionnel du secteur de la production perdent 380 heures de formation, ceux des spécialités du service, en perdent 294, particulièrement en enseignement général ! Il en va de même pour l’enseignement en CAP.
 
Plutôt que de grands discours politique, nous voudrions avoir les moyens d’enseigner et de faire réussir nos élèves. Les dispositifs imposés que sont la co-intervention et le chef-d’œuvre doivent, selon le ministre, donner du sens aux enseignements. Mais nous, professeurs, n’avons pas attendu ces dispositifs pour donner du sens à nos enseignements.
Nous devons vivre avec ce virus et prendre toutes les précautions pour assurer la sécurité de tous, élèves comme enseignants.
 
Cette pandémie a montré que la réforme du lycée professionnel tant désirée par Mr Blanquer ne tenait plus du tout la route car dans ce contexte actuel il est inconcevable d’envisager une rentrée identique à celle de cette année sans prendre en considération toutes les recommandations faites par le Conseil scientifique !
 
Nous espérons qu’avec cette crise sanitaire, notre ministre prendra conscience que les réformes désastreuses souhaitées conduisent à une surcharge de travail considérable, à une dégradation accrue de la mission des enseignants dévoués à la cause de leurs élèves et à un éloignement du marché du travail avec la fin du BEP pour les élèves qui arrêtent leurs études avant l’obtention du BAC.

Cette réforme n’est pas sans conséquence sur l’avenir des élèves de LP ce qui complique particulièrement leur poursuite d’études.

Le SNALC exhorte le ministre de supprimer la Réforme de la Voie Pro.
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