LE CONFINEMENT, BAIN RÉVÉLATEUR DES PROFS « DÉCROCHEURS »

LE CONFINEMENT, BAIN RÉVÉLATEUR DES PROFS « DÉCROCHEURS »

LE CONFINEMENT,

BAIN RÉVÉLATEUR

DES PROFS « DÉCROCHEURS »







Par Angélique ADAMIK, membre du Bureau académique du SNALC de Versailles
Paru dans la Quinzaine universitaire n°1442
Le 12 juin 2020




Jeudi 30 avril, on a pu lire dans Le Figaro un article avec ce titre racoleur et provocateur (1). Le contenu est à la hauteur du titre avec un parti pris qui ne fait pas honneur à l’auteur.

Après une première partie qui revient rapidement sur l’investissement et la fatigue des enseignants, on arrive vite au procès des mauvais profs. Et par mauvais profs on entend ceux qui ne sont pas des pros de l’informatique et du numérique. On peut lire ainsi que les parents se plaignent « du décrochage numérique de certains enseignants. Ils font face à une grande hétérogénéité des cours et des devoirs envoyés », « habituellement éloignés de « la boîte noire » qu’est la salle de classe, [les parents] sont en cette période plus à même de juger en quoi consiste le travail quotidien des professeurs ». Les parents se sont ainsi drapés dans la fonction de juge sans aucune légitimité.

Lorsque la journaliste donne la parole aux personnels de l’éducation, le choix est orienté. Philippe Tournier, présenté comme proviseur au lycée Victor Duruy à Paris 7e, n’est autre que l’ancien secrétaire général du SNPDEN(2), grand partisan de l’autonomie des établissements. Il « estime que l’enseignement numérique a un « effet loupe » sur les différences entre les enseignants. C’est parfois cruel » (sic).

La dernière intervenante est une formatrice(3)… qui a « 24 ans d’expérience au sein et hors de l’Éducation nationale », « membre de l’équipe de rédaction de la Revue de presse des Cahiers pédagogiques », elle a travaillé avec P. Meirieu et est « passionnée par les usages des nouvelles technologies ». Cette dernière déplore ainsi, sans surprise, que les classes virtuelles soient « loin d’être utilisées par tous les enseignants ».

Sans revenir sur la classe virtuelle ni sur le fait que les enseignants travaillent avec un matériel non fourni par l’employeur (4), ce qui interpelle ici, est le raccourci qui présente l’enseignant expert en informatique et en numérique comme « le bon professeur ».

Comment peut-on comparer le cours à distance au cours en présentiel ? Ce n’est pas parce qu’on est très investi en virtuel que l’on est meilleur en réel, et inversement. Le « geek » compétent est peut-être incompétent en gestion de classe, colonne vertébrale de notre métier. Être seul face à son ordinateur est autrement moins compliqué que d’être dans la fosse aux lions, la fameuse « boîte noire » évoquée plus haut.

Faire classe aujourd’hui et assurer « un climat propice aux apprentissages » relève parfois de l’exploit au regard des effectifs, de l’hétérogénéité et de l’inclusion. Alors comparons ce qui est comparable !




(1) https://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-confinementbain-revelateur-des-professeurs-decrocheurs-20200429
(2) Syndicat national des personnels de direction de l’EN (UNSA)
(3) https://fr.linkedin.com/in/ostiane-mathon-b9027338
(4) http://www.snalc-versailles.fr/article/classe-virtuelle-bientot-nouvelle-obligation/



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