Communiqué de l'ANTHEN : association des travailleurs handicapés de l'EN

Communiqué de l'ANTHEN : association des travailleurs handicapés de l'EN

COMMUNIQUE DE PRESSE







L'ANTHEN (l'association des travailleurs handicapés de l'EN) cherche à alerter sur la situation des agents à risque.





Protégez-nous !




Les médecins et les chercheurs nous le disent depuis le début de la pandémie et sur ce point il n'y a jamais eu de tergiversations scientifiques : les personnes dites "vulnérables" à la Covid 19 sont celles qui doivent absolument se protéger !

Ces enseignants fragiles, en contact étroit avec des dizaines - voire des centaines d'élèves chaque semaine, élèves qui sont souvent asymptomatiques et qui ne maîtrisent pas toujours les gestes barrières - sont évidemment en première ligne pour le risque de contamination. Cela est d’ailleurs confirmé depuis que l'on sait que les aérosols jouent un rôle important dans les contagions en milieu confiné et que de nombreux doutes persistent sur la contagiosité effective des plus jeunes.

L'association ANTHEN qui regroupe des personnels handicapés de l'Education Nationale a vu nombre de ses membres placés en télétravail ou en ASA ( autorisation spéciale d’absence) au printemps du fait du risque accru de développer des formes graves de la maladie en cas de contagion.

A partir du mois de juin, inquiète de savoir ce qui allait être mis en place pour continuer à protéger ces personnels fragiles, l'association a adressé plusieurs courriers au ministère et à son service chargé des personnels en situation de handicap, courriers toujours sans réponse en ce jour d'annonce du protocole sanitaire de rentrée par M. Blanquer. Nul doute qu'il aurait été utile de pouvoir travailler ensemble à ce nouveau protocole…

En effet, celui-ci semble bien peu correspondre aux exigences de protection que nécessitent les plus fragiles puisqu'elles se résument désormais au port du masque obligatoire pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans et il n'y plus ni distanciation possible dans les classes ni mise en télétravail des personnels vulnérables. Pour ceux dont la situation de santé est problématique au regard de l’épidémie, les textes préconisent un arrêt de travail. Or ce n’est pas cela que demandent les personnels en situation de handicap ou d’ALD (affections de longue durée).Ils souhaitent pouvoir travailler – à distance s’il le faut de façon adaptée.

Il faut dire que de nombreuses problématiques se posent dans les établissements scolaires pour les personnes vulnérables et handicapées. Concernant les élèves et leurs proches dans un premier temps : combien d'entre eux sont fragiles ou ont un parent qui l'est ? Qu'est-il prévu pour eux ?

Pour les personnels handicapés ensuite : comment ceux qui bénéficient d’aménagements particuliers dans leur salle vont-ils pouvoir continuer à travailler s'ils doivent circuler de classe en classe dans le secondaire ?

Pour les personnels vulnérables au regard des critères des autorités de santé enfin : la transmission par aérosols au moment où l'épidémie connait un net rebond leur fait encourir de gros risques et un simple masque chirurgical semble bien dérisoire dans l'atmosphère confinée des salles de classe. Toutes ne bénéficient pas d’ouvertures suffisantes sur l’extérieur. Comment peuvent-ils respecter les consignes gouvernementales de limiter leur nombre de contacts dans ces conditions ? Comment aborder l’utilisation de la salle des maîtres / professeurs, lieu de passage obligé, particulièrement fréquenté par tous les collègues ? Comment les personnels de maternelle et de primaire peuvent-ils être protégés alors que les enfants de moins de 11 ans ne porteront pas de masque ?

La situation de crise actuelle pose à nouveau la question de l’absence de médecine du travail dans notre institution. A quand la création dans l'Education Nationale d'une médecine du travail digne de ce nom et du nombre de ses personnels ? Comment l'impact de l'épidémie va-t-il être suivi dans la profession ? Qui va alerter en cas de problèmes à répétition ?

Autant de problèmes qu'il aurait été utile de chercher à résoudre avant de risquer de mettre en danger nombre de personnes dont nous connaissons parfaitement la vulnérabilité.

Un Etat qui alerte les personnes vulnérables et les incite publiquement à se protéger ne se doit-il pas de mettre en place toutes les mesures nécessaires afin de ne pas mettre en danger ses propres agents vulnérables sur leur lieu de travail ?

Aujourd’hui, suite aux décisions gouvernementales, deux options s’offrent aux personnels vulnérables de l’Education Nationale :
-revenir en classe, et bénéficier de masques chirurgicaux de type 2, qui n’assurent pas la sécurité de la personne qui le porte mais bien celle de son interlocuteur.
-demander un arrêt maladie à leur médecin, sans même être malade, et risquer de passer à demi-traitement au bout de 90 jours.

A l’angoisse de contracter le virus en n’étant pas suffisamment protégés, et d’y succomber, doit-on nécessairement ajouter la menace de tomber dans la précarité financière ?

Comment l’Etat peut-il proposer de telles solutions, qui ne sécurisent en rien ses personnels vulnérables ?

ANTHEN a demandé cet été audience au Ministère afin qu’un échange soit fait sur ces différents points ô combien cruciaux. Cette demande est restée lettre morte. Les personnels de l’Education Nationale en situation de handicap ou d’ALD doivent être réellement pris en compte, et protégés, il en va de la responsabilité de leur institution.



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