CONCOURS: JAMAIS SANS MON ORAL !

CONCOURS: JAMAIS SANS MON ORAL !

SYSTÈME ÉDUCATIF


CONCOURS :

JAMAIS SANS MON ORAL !






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Par Frédéric SEITZ, président du SNALC de Versailles et Commissaire paritaire national agrégé et Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie. Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1444 le 11 septembre 2020





La pandémie, en entraînant la suppression ou la modification de plusieurs oraux de concours de recrutement a contribué à mettre en avant la question de leur pertinence, de leur efficacité, de leur côté peut-être discriminatoire. Ni rival ni parent pauvre de l’écrit, l’oral en est au contraire le pendant essentiel, et sert à évaluer dans d’autres domaines complémentaires les qualités du candidat

Il y a des disciplines de recrutement pour lesquelles un oral est indispensable. En langues vivantes, un oral est nécessaire pour évaluer la qualité de la prononciation du candidat, son élocution, son aisance. Les concours dans les disciplines qui comportent un volant pratique et expérimental doivent forcément comporter une épreuve d’application ou de manipulation concrète.

Un candidat qui a eu un bon écrit peut être déstabilisé à l’oral. Mais un candidat qui n’a pas donné toute sa mesure à l’écrit peut gagner des places à l’oral où une part d’imprévu, de surprise est à affronter, à maîtriser, dans le stress. L’année suivante si tout va bien et durant toute sa carrière, le professeur devra faire face, parfois seul ou mal soutenu, à des situations complexes, imprévisibles, souvent tendues.

Dès lors, on comprend mal la position de ceux qui veulent abolir l’oral du concours sous sa forme actuelle au profit d’une épreuve professionnalisante. Préparer l’oral au contraire est professionnalisant. Le candidat apprend à concentrer un contenu, le mettre en forme, l’illustrer, argumenter avec vivacité pour ne pas lasser.

S’entretenir avec le jury, c’est apprendre à écouter un autrui qui ne partage pas forcément votre analyse, à considérer son point de vue, à construire avec lui une réflexion à laquelle on ne s’était pas forcément préparé. Cet esprit d’ouverture sera apprécié des élèves.

Tout le monde s’accorde à dire qu’un bon oral n’est pas seulement un solide exposé de connaissances bien dit mais un échange entre le jury et le candidat. Le jury peut se dire en délibérant « Il (elle) sera un(e) bon(ne) professeur (e) ! ». Encore faut-il que l’enseignement continue de s’incarner sous cette forme et demeure empreint d’humanité.


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