RÉFLÉCHIR À NOTRE USAGE DU NUMÉRIQUE À L’ÉCOLE SUITE AU CONFINEMENT

RÉFLÉCHIR À NOTRE USAGE DU NUMÉRIQUE À L’ÉCOLE SUITE AU CONFINEMENT

RÉFLÉCHIR À NOTRE USAGE DU

NUMÉRIQUE À L’ÉCOLE

SUITE AU CONFINEMENT






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Par Eugénie DE ZUTTER, présidente du SNALC de Reims
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1445 le 9 octobre 2020





Avec la crise sanitaire, les personnels de l’Éducation nationale ont recouru massivement au numérique afin d’assurer la continuité pédagogique.


C’est dans ce contexte propice que le Ministère de l’Éducation nationale a lancé, courant juillet, les États généraux du numérique, dont le point d’orgue sera une grand-messe en novembre prochain à Poitiers. En réalité, sous l’apparence d’une consultation ouverte, l’orientation est déjà décidée : il est indiqué que ces États permettront de « renforcer la stratégie numérique du Ministère. », les enseignants y étant invités à réfléchir sur des thèmes tels que « enseigner et apprendre avec le numérique » …

C’est en fait une direction qu’il suit depuis plusieurs années. En effet, en collaboration avec des régions et collectivités territoriales, le Ministère a ainsi déployé toute une panoplie de nouvelles appellations et expérimentations liées au numérique : lycée 4.0, référents numériques par académie et par établissement, B2i (désormais Pix), TraAMs… Le numérique, synonyme de modernité et donc de progrès, est présenté comme la solution à tous nos problèmes.

Les États généraux du numérique confirment cette tendance, ce qui a de quoi nous inquiéter. Cette réflexion de façade se fait sans tenir compte de la consommation quotidienne pléthorique d’écrans à la maison par les élèves (1). De plus, les écrans nuisent aux capacités d’apprentissage (concentration, compréhension, attention, mémorisation), pouvant provoquer une régression scolaire globale (1). Le Ministère ne semble pas non plus se préoccuper de tous les maux provoqués par le numérique pendant le confinement (céphalées, problèmes dorsaux, troubles du sommeil…). Sans parler du fait que, à l’heure où l’écologie est une priorité affichée de nos dirigeants, il y a une incohérence à importer massivement de l’autre bout du monde des outils fabriqués par des entreprises étrangères.

Pour le SNALC, s’il est évidemment essentiel de réfléchir à l’usage du numérique dans nos écoles, de s’adapter au mieux à la société et à ses évolutions, il faut aussi s’appuyer sur l’état des connaissances et sur les impacts du numérique. C’est une question qui dépasse largement le cadre scolaire.



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(1) Michel Desmurget, La Fabrique du crétin digital, Seuil, 2019





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