RÉSEAUX SOCIAUX : POURTANT L’IDÉE ÉTAIT BELLE

RÉSEAUX SOCIAUX : POURTANT L’IDÉE ÉTAIT BELLE

SYSTÈME ÉDUCATIF




RÉSEAUX SOCIAUX :


POURTANT L’IDÉE ÉTAIT BELLE






©iStock - zakokor




Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1446 du 13 novembre 2020
Par Sébastien VIEILLE (secrétaire national chargé de la pédagogie)




Difficile de parler numérique sans évoquer les réseaux sociaux. Ils font partie des programmes, en EMC ou en SNT, voire en SES et sont largement utilisés par les élèves et par les enseignants.


UNE FONCTION SOCIALE ET PROFESSIONNELLE


Sur Facebook, les groupes permettent aux enseignants de se soutenir et de partager. Faciles d’accès, ils permettent de s’informer sans appeler un rectorat et s’impatienter en musique sans garantie d’obtenir une réponse. Gratuits, ils semblent une bonne alternative aux syndicats. Informels, ils élargissent le champ professionnel loin des formations institutionnelles.


SOUS LE PAVÉ DES BONNES INTENTIONS…

En fréquentant souvent ces groupes, l’on y découvre des écueils vite rédhibitoires. Une question obtient des dizaines de réponses, dont beaucoup ne sont pas fiables et émanent de collègues sans connaissance du problème évoqué. Un professeur qui s’y plaint ou vient y signaler un problème peut se voir moqué, jugé. Un sujet délicat y est évoqué : les débats se transforment en querelles donnant lieu à des échanges d’injures.

Ces comportements sont ceux d’adultes responsables. Comment espérer que des personnes moins sensées ou des jeunes à l’esprit critique encore peu formé en aient un usage raisonné ?

Ainsi, côté élèves, il y a la violence. Harcèlement ou fausses rumeurs sont monnaie courante. Les conséquences peuvent être désastreuses, on le sait depuis longtemps, pour la victime qui n’a plus de répit, même chez elle.

Comme la violence, les infox sont néfastes. Les élèves sont sensibles aux thèses complotistes qui sont si séduisantes que la réalité enseignée ensuite ne fait pas le poids.

Enfin, il ne faut pas oublier l’enfermement. Le web devrait être une formidable ouverture. Or, les élèves restent dans des cercles clos, avec des amis qui partagent les mêmes idées, les mêmes intérêts. Les adultes ontils un comportement si différent d’ailleurs ?

Comment s’étonner, dès lors, que les réseaux sociaux aient joué un rôle dans la mort tragique de Samuel Paty ? Sans être responsables, ils ont servi de catalyseur. C’est pourquoi, pour le SNALC, il faut y empêcher la propagation de la haine sans, bien sûr, tomber dans des dérives liberticides.




SNALC © 2018
Association déclarée - Syndicat de salariés
N°SIREN 784 312 282
4, rue de Trévise 75009 Paris
Hébergement : ovh.com
Site optimisé pour Chrome et Firefox