TÉMOIGNAGE DE DEUX MÉDECINS SCOLAIRES SUR LES PAI

TÉMOIGNAGE DE DEUX MÉDECINS SCOLAIRES SUR LES PAI

Le SNALC a participé à un groupe de travail ministériel le lundi 9 novembre 2020. Nos médecins scolaires ont fait part de leurs commentaires sur une situation de plus en plus tendue.




TÉMOIGNAGE DE DEUX MÉDECINS SCOLAIRES SUR

LES PAI






Par Frédéric ELEUCHE,
secrétaire national du SNALC chargé des personnels BIATSS, biatss@snalc.fr
Publié le 19 novembre 2020




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Témoignage n°1


Nous avons décortiqué le texte proposé par le ministère mais il ne sera surement pas possible de modifier toutes les choses qui ne nous conviennent pas !
Le plus important est qu'il nous sera impossible de rédiger les PAI comme demandé.
En effet, pour chaque nouveau PAI, le médecin de l'EN devrait remplir la partie 2 "aménagements et adaptations" qui comprend 7 rubriques !

Je vous donne quelques éléments pour comprendre comment nous travaillons actuellement en pratique dans le Haut-Rhin.

Nous sommes à demi effectif avec 9 ETP de médecins (pour 18 postes) dont 2 collègues qui atteignent l'âge de la retraite cette année. Nous avons un secteur entre 13 à 15000 élèves par médecin et cela va s'aggraver d'année en année. Cet effectif ne nous permet pas de traiter tous les PAI. C'est pourquoi quand le médecin spécialiste qui suit l' enfant donne le PAI à la famille, celle-ci le remet à l'école et il est appliqué tel quel. Ce PAI est essentiellement axé sur la conduite à tenir en cas d'urgence médicale : crise d'épilepsie, hypoglycémie chez un diabétique, risque d'allergie alimentaire... Les médecins de L'EN interviennent quand il y a une difficulté particulière concernant le protocole, sur demande de l'école ou de la famille. Voilà ce qui nous est possible en pratique, le but étant la sécurité de l'enfant.

Nous sommes dans la même situation que pour l'arrêté qui va sortir et qui demande une visite médicale à l'école obligatoire pour les enfants de 4 ans. Cette visite médicale sera faite par la PMI et si impossibilité -ce qui sera le cas puisqu'ils sont dans la même situation que nous- par les médecins scolaires ! C'est tellement absurde car nous n'arrivons pas à voir ceux de 6 ans et on nous rajoute ceux de 4 ans !



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Témoignage n°2


Quel que soit le résultat final.
Il faut que le ministère réalise qu’en tant que médecin de l’éducation nationale nous avons des secteurs de plus en plus grands ; nous sommes de moins en moins nombreuses et l’on nous demande d’en faire de plus en plus nous sommes déjà au 43h/semaine sans toutes les vacances scolaires et là nos compteurs explosent (on ne compte plus nos heures soir et WE ).. Avec un salaire indécent sans aucune prime supplémentaire et un IFSE bien en dessous de la moyenne nationale en ce qui concerne le rectorat de Strasbourg ; de même le CIA que nous n’avons pas perçu en 2017 et 2018. Quant à 2019 il est bien en deçà de la moyenne nationale Nous sommes au bord de la rupture.. Notre supérieure hiérarchique voulant que l’on réponde à toute sollicitation ou demande Comme vous devez le savoir nous n’avons plus de médecin responsable départemental mais chacune d’entre nous faisons le travail du médecin responsable départemental dans notre secteur (15 000 élèves en moyenne par secteur) en plus de nos missions de médecin de secteur tout cela bien sûr sans aucune compensation financière…

En tant que médecin Éducation nationale
Nous ne pouvons plus faire des réunions systématiques pour élaborer un PAI et nous ne pouvons élaborer tous les PAI !!!!. Un PAI élaboré par un autre médecin hors éducation nationale et hors PMI se doit d’être valide sans qu’il y ait besoin d’une intervention systématique de notre part. Rappelons que nous avons de grands secteurs (15 000 élèves) et notre responsabilité ne peut pas être engagée faute de temps et de moyens et nous ne sommes pas le médecin traitant de l’élève

Le PAI relève de la responsabilité de la famille qui se doit de fournir :

  • L’ordonnance de moins d’un an avec la conduite à tenir explicative (notamment pour les asthmatiques qui sont très nombreux auquel cas l’ordonnance fera office de PAI) ;

  • le PAI fourni par le médecin spécialiste qui suit l’enfant (notamment pour les diabétiques et les allergies alimentaires voire même les neurologues pour les crises d’épilepsie) ce qui se fait à l’heure actuelle).

  • À défaut un courrier médical explicatif adressé à un personnel de santé (inf ou med) tout en sachant que les infirmiers vont sur place dans les établissements scolaires.

Le partenariat entre médecin et infirmière est indispensable et ce n’est pas aux infirmières de rédiger un PAI

Le chef d’établissement se doit de mettre en pratique le PAI (comme il en a toujours été !!) car le but du PAI est de rassurer les familles quant à la prise en charge de leur enfant atteint d’une maladie chronique et de rassurer l’enseignant face à une urgence médicale en lui indiquant la conduite à tenir. Leur responsabilité n’est pas engagée (substitution par l’État)

Rassurons le chef d’établissement en lui disant simplement :

Qu’il y ait ou non un PAI il est en droit d’appeler le SAMU au moindre doute car un enfant en dehors de tout contexte médical connu peut justement faire un malaise en rapport avec un diabète non connu ou autre pathologie non connue.

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