GRENELLE : LE SNALC VOUS DIT TOUT

GRENELLE : LE SNALC VOUS DIT TOUT

DOSSIER DU MOIS QU1448




GRENELLE :

LE SNALC VOUS DIT TOUT








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DOSSIER DU MOIS paru dans la Quinzaine universitaire n°1448 du 7 janvier 2021
Dossier coordonné par Jean-Rémi GIRARD, président du SNALC
Avec la participation de Laurent BONNIN, secrétaire national chargé de l’EPS ; Sylvie CHIARIGLIONE, membre du Bureau national du SNALC ; Eugénie DE ZUTTER, présidente du SNALC de Reims ; Christophe GRUSON, SNALC premier degré ; Guillaume LEFÈVRE, secrétaire national chargé de l’enseignement professionnel ; Anne MUGNIER, membre du Bureau national du SNALC ; Marie-Hélène PIQUEMAL, vice-présidente du SNALC ; Maxime REPPERT, secrétaire national chargé des conditions de travail et du climat scolaire ; Philippe TRÉPAGNE, secrétaire national chargé de la gestion des personnels ; Sébastien VIEILLE, secrétaire national chargé de la pédagogie.





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Certains ont préféré ne pas y participer, ou en partir en cours de route. Le SNALC les comprend volontiers, mais notre syndicat évite le plus souvent la politique de la chaise vide. Et ce, pour deux raisons :

  • Ces réunions sont souvent des sources d’information sur la volonté du ministère, sur ses priorités, sur son agenda à lui. Et cette information, il nous apparaît important de vous la transmettre.

  • Le SNALC ne peut laisser les personnels de l’Éducation nationale ne pas être représentés, ou ne l’être que par des organisations qui portent des idées très différentes des vôtres — et de celles de la plupart des collègues. Vous avez fait de notre syndicat une organisation représentative aux dernières élections professionnelles : nous avons donc une parole à porter et des comptes à rendre.


  • Participer aux ateliers du Grenelle n’implique en rien que nous cautionnerions ce qui va en sortir, ou en être retenu par le ministre. De toute manière, ces ateliers n’ont aucune légitimité, et la plupart de leurs participants ne représentent qu’eux-mêmes, quand ils n’ont pas été choisis pour des raisons politiques (comme par exemple, une collègue de l’atelier mobilité, qui se trouve malencontreusement être une militante LREM, mais c’est sûrement une coïncidence).

    Voici donc une synthèse honnête de l’ensemble des ateliers du Grenelle, ainsi que de l’inénarrable conférence « scientifique » sur le métier d’enseignant du XXIe siècle, qui a atteint des sommets de ridicule et de délire.






    LES ATELIERS DISSÉQUÉS SUR LE SITE DU SNALC
    Pour celles et ceux qui souhaitent davantage de détails, ou qui s’intéressent à une problématique spécifique, l’ensemble des comptes-rendus du SNALC est disponible sur notre site : www.snalc.fr/national/article/6070/


    PENDANT CE TEMPS, L’AGENDA SOCIAL CONTINUE
    En parallèle des ateliers, les réunions de l’agenda social, auxquelles participent uniquement le SNALC et les autres syndicats représentatifs, continuent. Tous les personnels sont concernés par un ou plusieurs groupes de travail. Là aussi, le SNALC fait des comptes-rendus précis et rend publiques ses prises de position sur son site : www.snalc.fr/national/article/5950/



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    UN COLLOQUE DYSTOPIQUE POUR CLORE LE GRENELLE


    Le 1er décembre 2020, l’Éducation nationale nous a permis de suivre le colloque scientifique Quels professeurs pour le XXIème siècle ? Les neuroscientifiques, sociologues, économistes… qui se sont succédé sur nos écrans d’ordinateurs n’ont fait que confirmer les craintes que nous avions ressenties en participant au Grenelle.


    L A FIN DES SAVOIRS ?

    Ce colloque aura été l’occasion de promouvoir encore les fabuleuses compétences mais en mettant principalement l’accent sur celles dites socio-comportementales. La raison est double : elles permettent de former des citoyens heureux et bien dans leur peau et elles sont très prisées par les grandes entreprises américaines. On voit bien tout l’humanisme de ces sacrosaintes compétences.

    Pourtant, dire que les scientifiques que nous avons eu la joie d’écouter ce jour-là ont envie de tuer les connaissances serait mentir. Ils veulent des connaissances mais celles qui sont utiles aux citoyens, connaissances environnementales, connaissance des valeurs de la République, connaissances liées au vivre-ensemble. C’est tout de même plus utile que mathématiques, histoire-géographie ou sciences, non ?


    DU PILOTAGE PAR LA FORMATION

    Les exemples étrangers se multiplient dès qu’un ministre veut réformer l’Éducation nationale. Mais jamais on ne regarde les autres systèmes dans leur intégralité. Au Grenelle, nous avons eu droit au Canada, pour la relation avec les parents, à la Finlande pour le temps laissé à l’enfance avant de noter.

    Au colloque, le tour des pays asiatiques était venu. Mais pas pour la pédagogie ! Pour la politique de formation et la gestion des ressources humaines. Si l’on suit ce modèle, il faudra se former pour évoluer dans sa carrière, obligatoirement.

    Le tout compétences, des connaissances qui confinent au catéchisme et un formatage imposé : voilà qui a de quoi inquiéter quant aux professeurs du XXIème siècle. Mais le rôle d’une dystopie n’est pas seulement de faire peur. Elle est là pour nous montrer ce contre quoi nous devons lutter. C’est ce que fait le SNALC au quotidien.


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    PROTECTION DES PERSONNELS ET VALEURS DE LA RÉPUBLIQUE : UN DÉBAT OUVERT ET PERTINENT


    Cet atelier a été créé à la suite à l’assassinat de Samuel Paty. Il est dirigé par Mme Moneger, ex-directrice de l’IGPN, et rassemble des représentants des professeurs, parents, forces de l’ordre, juristes, collectivités, partenaires.


    Les débats ont d’emblée dénoncé une grande solitude des enseignants, dont l’autorité est sans cesse contestée.

    Culpabilisation et infantilisation fragilisent les personnels censés porter des valeurs attaquées de toutes parts ; les problèmes dépassent le cadre de l’Ecole.

    L’administration est souvent lente à réagir ou entendre (protection fonctionnelle) et les dispositifs à disposition sont méconnus : la formation et l’information ne sont pas satisfaisantes.

    Pour protéger l’École et les personnels, les lois existent mais ne sont pas respectées.

    L’intervention des parents peut être intrusive, parfois dangereuse quand il s’agit de tiers les accompagnant. L’unité est nécessaire pour faire bloc et porter le même discours, notamment face à la prégnance du discours de la famille sur l’enfant.

    Les partenariats permettent d’anticiper et de prévenir mais nécessitent de l’assiduité.

    Les échanges sur les réseaux sociaux sont à l’origine de nombreux faits ou ont un rôle amplificateur : on est formé à l’utilisation de l’outil, mais la culture numérique est inexistante.

    À la différence des autres, cet atelier est intéressant et le débat ouvert et pertinent. Le SNALC y participe sans langue de bois et relaie les témoignages qui lui sont rapportés.

    Contrairement à une position assez courante dans l’EN où l’on a tendance à opposer l’éducatif au répressif, les intervenants analysent le climat de nos écoles et établissements avec un effort de lucidité, à partir d’expériences concrètes, et sont rassemblés autour de l’impérieux besoin de protection et d’accompagnement des personnels.

    Après avoir identifié les problématiques et évoqué tous les partenariats et dispositifs existants, toutes les propositions seront examinées afin d’apporter des réponses que chacun souhaite concrètes et efficaces



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    COLLECTIFS PÉDAGOGIQUES : LE VRAI CAFÉ DE LA GARE !


    Gaguesque ! Des hôtes orientés occultant toute voix dissonante quand un collectif est censé grandir de toutes les différences. Des invités hétéroclites, des thématiques improbables : comment institutionnaliser l’accompagnement des profs par des personnes extérieures à l’Éducation nationale qui, sans gêne, débarquent en pays conquis. Et cela semble couler de source puisque seul le SNALC était là pour le dénoncer.


    Des propos au ras des pâquerettes, des embrassades, des gargarismes, des paroles nauséabondes diffuses sur les enseignants, des divagations pseudo-intellectualisées et pseudo-pédagogiques de gens emplis de bonnes intentions qui s’improvisent une carrière éducative : s’ennuieraient-ils ?

    Ces collectifs ont la prétention d’enrichir le quotidien des profs, de leur enseigner de nouvelles pratiques grâce à l’intervention de pédopsychiatres, de parents, de sportifs, d’élus, d’entreprises venus nous brancher façon startup ! L’on semble nous prendre en pitié, sous-entendre que nous devons être épaulés par des sciences autres que les nôtres, présentées comme salvatrices, détenant à coup sûr la solution !

    Un collectif serait un univers de Bisounours où tous les actants seraient mis sur un pied d’égalité – certains étant plus égaux que d’autres – les hiérarchies resteraient des « managers » et les profs et autres personnels auraient obligation de s’inscrire dans des stratégies de rendement – décrites comme des bouffées d’optimisme – chronophages, sans contrepartie évoquée, chapeautées par un peu tout le monde et surtout par n’importe qui.

    Pour le SNALC, les collectifs pédagogiques probants sont ceux qui restent exclusivement basés sur la volonté de collègues voulant travailler ensemble. La manière de concevoir le métier, la vision du rapport à l’élève, les démarches dans lesquelles ils se sentent à l’aise sont autant de choses qui leur permettent ou non de fonctionner ensemble.




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    AUTONOMIE ET DÉCONCENTRATION : UN PLAIDOYER POUR L’AUTONOMIE DES CHEFS D’ÉTABLISSEMENTS


    Les deux présidents et intervenants étaient acquis à la cause du management à l’instar de la gestion d’établissements de la MLF et de l’AEFE..


    Le credo : contrôle et recrutement des personnels, autogestion, liberté du chef.

    Les bénéfices attendus : un système concurrentiel grâce à l’innovation, la réorganisation du temps scolaire, le sentiment d’appartenance à l’établissement. La liberté pédagogique en revanche, ne semble pas au centre des préoccupations…

    Dans ce modèle, l’évaluation est présentée comme incontournable mais on peut se demander dans quelle mesure elle ne servirait pas avant tout à le valider.

    Le SNALC a maintes fois rappelé le quotidien des enseignants et de tous les personnels, leur souffrance au travail et la gestion arbitraire dont ils sont victimes dans les échanges. Nous n’avons eu que mépris et déconsidération. Nos remontées relevaient de l’irréel pour ces utopistes. Le pilotage budgétaire prime clairement sur le bien-être humain.




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    ENCADREMENT : « SOFTS KILLS » ET « EMPOWERMENT »


    L’atelier encadrement a réuni des « experts » du management issus des milieux sportif (P. PAPÉ), de l’entreprise (MEDEF) de la formation des cadres (IH2EF) et de l’Éducation nationale (Perdir, IPR, DASEN, IG et quelques rares représentants d’enseignants).


    Le but était d’« élaborer des propositions afin d’améliorer l’attractivité, le management et l’évolution des métiers de l’encadrement ».

    En deux temps trois mouvements ce petit groupe de 20 personnes a produit 18 propositions, largement orientées et mises en forme par l’IG (L. TARLET), répondant aux questions essentielles de comment rentrer motivé et armé dans l’encadrement, comment y évoluer aisément, y circuler et y exercer un management efficace. Les solutions retenues, teintées de leadership, de softs kills et d’empowerment, donneront entière satisfaction au ministre et valident tous les éléments de sa réforme libérale de l’encadrement, déjà en cours




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    FORMATION : M’SIEURS DAMES, ON VA FORMER !


    Grâce à M. Brillet, IG, tous les avis ont été entendus et la réflexion sur la formation a fait émerger des propositions auxquelles le SNALC n’est pas étranger.


    Les besoins des personnels doivent être pris en compte. Ils s’ajouteraient à ceux de l’institution pour former un catalogue plus large et surtout plus utile.

    Former demande du temps. Le SNALC a proposé que les élèves du secondaire soient libérés pendant une semaine vers la fin de l’année et que les enseignants disposent donc d’un temps banalisé. Pour le primaire, le problème du remplacement obligerait à plus d’étalement : un crédit de 36 semaines par professeur à raison d’une semaine par an.

    D’autres propositions émanaient du président d’atelier Boris Cyrulnik : l’obligation de formation et l’adossement à la recherche. La logique ? Comme les médecins, les profs doivent rester à jour.

    Même si ce monsieur est brillant, il illustre le problème majeur du Grenelle : des « pontes » dans leur domaine donnant de fausses bonnes idées car ils ne connaissent rien à notre métier et essaient de les faire rentrer, quitte à y aller au forceps.

    Si l’idée d’une formation obligatoire a pu être débattue – le SNALC a estimé que ce ne serait possible qu’à condition qu’un temps soit banalisé sur le temps de service des personnels – la question de la recherche pose plus de problèmes.

    Les « chercheurs » conviés par M. Cyrulnik ont montré ce à quoi l’institution semble vouloir former : sécuriser les élèves pour qu’ils se sentent bien, mieux travailler avec les familles et autres partenaires et surtout, ne plus transmettre des connaissances car c’est mal !

    La connaissance de la psychologie de l’enfant et de l’adolescent a toute sa place dans notre formation. Mais elle ne saurait être une fin en soi. Elle doit servir à mieux enseigner. Toute formation visant à faire de nous autre chose que des professeurs – nous entendîmes parler de tuteurs de développement – n’est rien de plus qu’une idée saugrenue digne du zinc d’un café démagogique.




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    « REVALORISATION »


    Beaucoup des propositions retenues sont de bon sens. On pense notamment à la nécessité d’une revalorisation pour tous les enseignants, à la révision de l’indemnité de résidence, à la création d’espaces pour les enseignants dans les établissements, à l’augmentation des crédits d’action sociale à la hauteur de ceux des autres ministères, à la création d’un comité d’entreprise national et d’une carte professionnelle.


    D’autres sont nettement plus discutables. Ainsi, on voit mal en quoi faire prêter serment pour marquer solennellement l’entrée dans le métier améliorera l’image des enseignants ; c’est en revanche risquer de leur en faire porter une fois de plus la responsabilité. Quant à la prime à l’innovation et à l’expérimentation pédagogiques, cela témoigne de la persistance des cadres de l’institution à vouloir détourner le métier d’enseignant de ce qui doit en être le coeur – la transmission de contenus.

    Espérons que les bonnes idées ne finiront pas enterrées une fois de plus, et que les moins bonnes ne viendront pas encore ajouter à la difficulté de la profession.



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    NUMÉRIQUE : UNE FAUSSE CONCERTATION


    Cet atelier avait pour but de ne pas empêcher la mise en œuvre du plan du ministère : équiper en numérique et former au numérique à tour de bras, sans réfléchir auparavant aux besoins, au pourquoi et aux conséquences.


    Au cours de l’atelier, tout a donc été fait pour aller dans ce sens :
    • pas de cadrage rigoureux du sujet et temps de réflexion limité,
    • choix de participants dont l’intérêt est de développer le numérique à l’école,
    • oubli calculé de thématiques essentielles comme les dernières conclusions des recherches numérique/réussite scolaire.

    Pour le SNALC :
    • il faut éduquer au numérique pour préparer les élèves à la future société dans laquelle ils vivront ;
    • l’éducation par le numérique n’est pas une baguette magique ; elle ne doit pas être imposée aux collègues car ils gardent leur liberté pédagogique pour enseigner comme ils veulent ;
    • le numérique doit toujours rester assujetti aux besoins pédagogiques et être mis en œuvre par des professeurs qualifiés.




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    GOUVERNANCE : DES CONCLUSIONS SANS FONDEMENTS


    Cet atelier portait essentiellement sur la situation du premier degré, avec en leitmotiv la problématique du manque de cadrage juridique autour de la fonction de directeur d’école. Le groupe de travail comptait une petite vingtaine de personnes, dont 3 professeurs des écoles au milieu de parents, étudiants, administratifs ou personnels d’encadrement.


    Les trois premières réunions, pilotées par Nadette Fauvin et Bénédicte Durand, Inspectrices générales, s’articulaient entre débats, ateliers et interventions de spécialistes. Il s’agissait de réfléchir entre autres aux rôles des parents, des élèves ou des collectivités dans la gouvernance et comment faire converger et développer leurs compétences respectives au sein de la communauté éducative. Le débat, pas inintéressant au demeurant, ressemblait plus à une discussion de café du commerce, chacun étant appelé à donner très rapidement son avis sur des sujets dont il n’avait parfois qu’une connaissance très sommaire.

    Le SNALC ne cacha pas son étonnement quand en dernière réunion, les animatrices soumirent au vote des 14 participants restants plusieurs points à destination du ministre.

    Pour le SNALC, aucun crédit ne peut être accordé à ces votes. En effet, en quoi un parent d’élève, un enseignant du privé ou un membre du Conseil régional peut-il avoir un jugement objectif sur, par exemple, la nécessité d’un statut pour les directeurs d’école ? Seuls les 3 professeurs des écoles directement concernés, dont celui du SNALC, étaient légitimes pour donner un avis pertinent sur la question. Pour autant, sur 13 votants, 9 se sont prononcés POUR.

    Rappelons que le questionnaire à destination des directeurs d’école de fin 2019 a montré qu’ils ne souhaitaient pas de statut. Voilà pourquoi pour le SNALC, les conclusions des ateliers du Grenelle NE POURRONT PAS être considérées par le ministre comme étant révélatrices des inquiétudes et souhaits réels de la profession.




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    ÉCOUTE ET PROXIMITÉ : ENTENDUS : OUI. ÉCOUTÉS : NON.


    Comme nous le rappelons bien souvent, l’Institution infantilise ses personnels. Et la parole de ces derniers est peu prise en compte. L’écoute et la notion de proximité constituent donc de grands enjeux.


    Cet atelier se révéla pourtant être une occasion gâchée (de plus). Car derrière ce vernis de dialogue social se cache en fait un monologue où tout est préparé. Les participants ne sont que des spectateurs.

    Oui, le SNALC a pu faire état de ses inquiétudes en rappelant aux participants les problèmes auxquels nous sommes exposés: la solitude, le manque de reconnaissance, le manque de médecins et de prévention des risques psycho-sociaux.

    Face à ce bilan, quelle a été la réponse de cet atelier ? Nous présenter quelques pratiques dans les académies, évoquer les GRH de proximité, évoquer les questions d’encadrement et de formation. Et puis c’est tout. En effet, rien de concret n’en est ressorti à nos yeux. Quel gâchis.




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    MOBILITÉS : « IL FAUT QUE TOUT CHANGE POUR QUE RIEN NE BOUGE »


    Cet atelier n’a pas l’ambition de tout changer. Voici ses principales propositions commentées :


    • Développement des RH de proximité. Délocaliser les problèmes pour ne plus les voir.
    • Un parc immobilier propre à l’Éducation nationale. Le SNALC a insisté sur les difficultés des jeunes collègues pour parvenir à se loger décemment. Notre proposition de créer un parc immobilier est reprise. Se pose la question du financement.
    • Valoriser les parcours antérieurs pour les secondes carrières. Le SNALC propose de s’inspirer des reclassements existant déjà dans l’enseignement professionnel.
    • Des fonctions mixtes IPR/chefs d’établissement et enseignement. Audacieux ?
    • Des échanges avec l’étranger afin de mieux connaître les autres systèmes scolaires. Quand ? Comment ? Avec quels crédits ?
    • Pas de perte de revenus en cas de mobilité fonctionnelle ? Évidemment oui.

    Au final, peu de concret face à des voeux bien généraux.




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