ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ EN EPS : UNE OUVERTURE TRIPLEMENT LIMITÉE

ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ EN EPS : UNE OUVERTURE TRIPLEMENT LIMITÉE

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ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ EN EPS :

UNE OUVERTURE TRIPLEMENT LIMITÉE !






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Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1449 du 29 janvier 2021
Par Laurent BONNIN, secrétaire national du SNALC chargé de l’EPS





La DGESCO a été très claire. Malgré l’ouverture de cet enseignement de spécialité (EDS) EPS, les moyens budgétaires demeureront constants. «L’équilibre sera donc à trouver entre cette nouvelle offre, celles existantes et la demande des élèves dans les établissements». Ceci réactive le problème de la mise en concurrence des spécialités et donc des disciplines. La possibilité d’un siphonnage est réelle si l’engouement pour l’EDS EPS s’avérait important. Pour éviter ce risque la DGESCO a trouvé une double parade consistant à limiter l’implantation de cet enseignement et à freiner son attractivité.

Pour mesurer et contrôler l’impact de cette ouverture, le déploiement de cet EDS sera expérimental, quasi confidentiel au cours des deux prochaines années. Il concernera une centaine d’établissements, soit approximativement 30000 élèves en 2021 puis 60000 en 2022 représentant environ 0,25 % des lycéens.

Étendu par la suite, généralisé, cet EDS sera considéré «comme les autres, sans régime de faveur». Il bénéficiera de 40h d’enseignement en 1ère et de 60h en terminale et ne sera «0pas plus présent que d’autres0» dans les lycées. Voilà une seconde limitation qui soulève alors les questions suivantes : qui pourra vraiment bénéficier de cet enseignement, sur quels critères s’effectueront le choix des établissements et l’affectation des élèves ?

Enfin, les contenus de cet enseignement devraient limiter son attractivité. L’ouverture aux «humanités», aux arts et à des formes de pratiques corporelles plus centrées sur la santé, le bien-être, vise à davantage mobiliser les filles et à freiner le recrutement des garçons des garçons, plus sensibles aux contenus sportifs et scientifiques. La DGESCO estime qu’une communication très précise, sinon dissuasive, sur les spécificités et les attendus de cette spécialité, permettra le filtrage quantitatif et qualitatif adéquat.

Si le projet reste en l’état, il y a alors tout lieu de penser que cette ouverture triplement limitée répond plus à une stratégie d’annonce qu’aux attentes des élèves et de la profession






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