EN ÉTAT DE SIÈGE ?

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EN ÉTAT DE SIÈGE ?


rapport de l’IGESR






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Article publié le 19 février 2021 dans la Quinzaine universitaire n°1450
Par Frédéric SEITZ, président du SNALC de l'académie de Versailles





Le rapport rendu par l’IGESR sur l’attentat terroriste dont a été victime Samuel Paty et censé en tirer les premières leçons révèle l’incapacité de l’institution à défendre ses personnels.

Ce rapport reconstitue une tragédie dont le déroulement est fait de paradoxes : l’action se noue avec la rumeur de discrimination dont une élève serait victime, alors qu’elle était absente du cours, elle rebondit quand est présentée comme une mesure de représailles son exclusion, motivée réellement par des problèmes bien antérieurs. Le rapport se borne à constater l’impossibilité d’opposer la réalité des faits à ces contre-vérités, sans mesurer la conséquence du signalement par la principale du harcèlement d’« un groupe d’élèves » par « un personnel de l’établissement », sans préconiser une vérification approfondie des dires des parents et des élèves, en réunissant par exemple toutes les parties.

La narration détaillée des interventions de l’administration donne l’impression qu’elle est constamment piégée. Certes, le rapport conclut à la nécessité de réagir plus vite, sans reconnaître pourtant l’inefficacité des réponses de pédagogie et de dialogue mises en oeuvre. Il n’indique pas non plus que le rectorat de Versailles, en cas de rumeur, pratique immédiatement la suspension provisoire et conservatoire de l’agent, en avançant comme motif sa protection. Or, pourquoi Samuel Paty n’a-til pas été maintenu chez lui compte tenu de la gravité de la menace connue de tous ? ni bénéficié de protection policière quand la principale s’inquiétait au point de vouloir l’accompagner ?

Enfin sont mises en scène l’administration, la victime, la collectivité des professeurs où deux ou trois individualités se détachent, les associations de parents d’élèves, mais pas de syndicat. Aucun n’aurait été contacté ni ne serait intervenu ? Inconcevable. L’administration est décrite comme agissant seule, avec une autorité pleine et sans partage, comme en état de siège. Que n’a-t-elle alors utilisé pleinement l’arsenal dont elle dispose ?









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