Déclaration liminaire – FPMA Agrégés-Certifiés du 19 juin 2018

Déclaration liminaire – FPMA Agrégés-Certifiés du 19 juin 2018

Déclaration liminaire du SNALC

Académie d’Orléans-Tours – FPMA agrégés-certifiés – 19 juin 2018

Mouvement intra-académique 2018



Madame le Recteur, Mesdames et Messieurs les membres de la FPMA, chers collègues,

Le mouvement intra-académique des professeurs certifiés et agrégés de l’académie d’Orléans-Tours est désormais, depuis 5 ans, relativement stable en volume, avec un peu plus de 1700 candidats. Plus de 400 stagiaires et 150 titulaires rentrent dans notre académie lors de la phase inter-académique. A ces presque 600 participants obligatoires, s’ajoutent environ 1100 candidats titulaires volontaires pour muter au sein de notre académie, un chiffre inférieur à celui des mouvements 2016 et 2017, et qui retrouve le niveau des mouvements 2014 et 2015.
Au total, un peu plus de 1000 collègues obtiennent une mutation. Près d’un quart des collègues obtiennent leur premier vœu, et près de la moitié obtiennent un de leur cinq premiers vœux.
D’autre part, cette année, à nouveau, le mouvement intra-académique pourvoit tous les postes dans la plupart des disciplines, et notamment en Mathématiques, discipline très déficitaire les années antérieures. L’expérience des années antérieures nous incite toutefois à la prudence quant à ces données, notamment en Mathématiques, le mouvement étant réalisé avant les titularisations des stagiaires…

Le SNALC Orléans-Tours se réjouit de ces données globales qui montrent que le mouvement national à gestion déconcentrée atteint ses objectifs. Le SNALC réaffirme donc son attachement au mouvement national à gestion déconcentrée, qui permet d’offrir à tous les élèves de notre académie l’enseignement auquel ils ont droit, partout sur un territoire marqué par la diversité, tout en offrant aux enseignants une réelle mobilité.
A l’inverse, on constate que les autres systèmes de recrutement sont des échecs : ce mouvement, comme les précédents, l’illustre. Ainsi, dans des disciplines où tous les postes vacants au mouvement intra sont pourvus, les seuls postes non pourvus sont à recrutement spécifique. C’est le cas en histoire-géographie, en anglais, etc…

Toutefois, le SNALC considère qu’il faut avoir une lecture plus fine de ce mouvement, car les situations varient fortement d’une discipline à une autre, et sont d’une grande complexité.
Tout d’abord, la crise des recrutements dans certaines disciplines s’amplifie. C’est le cas en Technologie, où 45 postes sont vacants en 2018 après mouvement. Ils étaient 39 en 2017, 24 en 2016 et 16 en 2015. C’est également le cas en Economie-Gestion, où, toutes spécialités confondues, 36 postes sont vacants après mouvement, contre 22 postes en 2017. C’est le cas en Sciences de l’ingénieur, avec 15 postes vacants. La crise des disciplines technologiques est donc évidente. Elle est liée à des conditions de travail difficiles, avec des élèves peu motivés, au faible niveau, orientés en lycée trop souvent par défaut. Elle est liée aux réformes qui ne cessent de secouer la voie technologique, souvent mal vécues par les personnels. Elle est liée enfin au manque d’attractivité de nos métiers par rapport au secteur privé.
Autre discipline en crise, les Lettres classiques, avec 14 postes vacants. Là aussi, il faudrait être aveugle pour ne pas y voir l’impact de la contre-réforme du collège, et de conditions d’exercice difficiles avec des services parfois partagés sur plusieurs établissements. Qui, avec l’horizon promis au grec et au latin, peut encore vouloir passer un concours en Lettres classiques, sachant que les concours proches en lettres modernes offrent de nombreux postes ?
Sur toutes ces disciplines en crise, le SNALC est porteur de propositions, pour revaloriser vraiment la voie technologique et l’enseignement des humanités. Le Ministère et nos académies doivent donc bouger sur ces dossiers, car il y a urgence.
Enfin, d’autres problèmes, moins visibles se posent. Il est des disciplines dans lesquels les collègues ne peuvent guère muter : c’est le cas de l’allemand, des Arts plastiques, etc…
Il est aussi des disciplines où les collègues sont si nombreux, et il faut s’en réjouir, que les candidats sont départagés in fine non par leur barème, mais par leur date de naissance. C’est le cas sur ZR en Lettres modernes.
Toutes ces situations sont difficiles à comprendre et à vivre pour les collègues. Elles nécessitent de la pédagogie. Et disons-le, ce n’est pas le fort de l’Education nationale... Par manque de culture du dialogue avec les agents, dans un système qui ne connaît que la voie hiérarchique. Par manque de personnels aussi, car, si le pôle académique des ressources humaines est de grande qualité, ses moyens humains sont dérisoires par rapport au nombre de personnels gérés.

C’est là que le dialogue social doit trouver toute sa place. Il est une nécessité et ce mouvement le montre. Dans certaines disciplines, le travail de nos commissaires paritaires a permis de corriger de nombreuses erreurs. Et ces erreurs sont inévitables : les services gestionnaires se réduisent souvent à une, deux ou trois personnes qui doivent en gérer des centaines, dans un calendrier cette année invraisemblable, avec la mise en place du PPCR, le reclassement, la nouvelle hors classe, les deux campagnes pour la classe exceptionnelle, les sollicitations au quotidien des collègues, les demandes de la hiérarchie…

La vie des services, et singulièrement à la DPE cette année, a été de toute évidence infernale, et le SNALC souhaite donc renouveler ses félicitations pour le travail accompli. Nos propositions de corrections doivent être prises pour ce qu’elles sont, à savoir une volonté de produire une gestion plus performante, plus équitable, plus intelligible pour les collègues.
Comme les années antérieures, notre activité syndicale ce trimestre a été aussi compliquée que celle des services, car notre académie ne facilite pas le travail des organisations syndicales : convocations arrivant tardivement, alors que les dates sont les mêmes d’une année sur l’autre ; FPMA placée durant le baccalauréat ; absence de consignes quant aux surveillances d’examens dans les établissements… Le refus de la hiérarchie, au plus haut niveau, de traiter ces problèmes récurrents nous pose question.

Pourtant, nos collègues nous font remonter leur volonté d’un dialogue social plus riche, dans un contexte général de faible syndicalisation, de représentants syndicaux devenus rares dans de nombreux établissements, et d’une hiérarchie peu nombreuse numériquement, et peu au fait d’opérations de gestion complexes, ce qui est bien légitime, tant certaines de ces opérations sont affaires de spécialistes. Prenons pour simple exemple l’attribution des appréciations recteur « excellent » pour la hors classe…
Or, au niveau du Ministère de la fonction publique, la volonté de réduire le dialogue social est évidente : pour le SNALC, elle est inadmissible.
Au niveau de notre académie, nous vous remercions, Madame la Rectrice, de nous avoir adressé le projet académique 2018-2022. Mais le SNALC a été bien surpris et déplore de n’y voir aucune mention du dialogue social. Réfléchir à meilleur pilotage, c’est bien. Mais piloter sans dialoguer avec les personnels dans le cadre d’une démocratie sociale apaisée, c’est le meilleur moyen de voir son avion cloué au sol. Air France nous en montre l’exemple. Du point de vue du SNALC, c’est ce que nous devons tous éviter.

Madame le Recteur, Mesdames et Messieurs, chers collègues, nous vous remercions.

Laurent BUREL, Serge BERTRAND, Pierre GOUGEON, Gwenola Le HOANEN,
Robert REPETTO, Marie-Odile GOUGEON, Laurent CHERON, François TESSIER
Christophe CREUZET, Sophie BENETEAU
Commissaires paritaires académiques SNALC
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