INTRA 2016 : ouverture des FPMA

INTRA 2016 : ouverture des FPMA

Mouvement INTRA 2016



Déclaration liminaire

lue à l'ouverture des FPMA le 13 juin 2016






Strasbourg, le 13 juin 2016




Mesdames, Messieurs,


A l’ouverture de ces FPMA, et avant d’aborder le sujet central qui nous réunit aujourd’hui, le SNALC, syndicat indépendant et doyen depuis 1905, tient d’abord à faire le point devant les représentants ici présents sur les conditions de travail et d’échanges entre les personnels que nous représentons et les autorités hiérarchiques qui les gèrent au rectorat.

Pour commencer, nous remercions sincèrement les personnels de la DPE, dont nous saluons le mérite dans un climat de travail pourtant difficile, et souvent ingrat au regard de l’implication de chacun dans ce service. L’an dernier, nous rendions hommage à M. Basquin dont le professionnalisme et l’écoute avaient considérablement contribué à la qualité du dialogue social. Or, depuis son départ regrettable, la qualité de ce dialogue n’a cessé de se dégrader. Nous espérons retrouver, avec l’arrivée, tardive, de M. Laurent, le même professionnalisme et la même écoute.

Dans l’attente de ce remplacement, le SNALC, syndicat pourtant représentatif, n’a pu être reçu qu’après trois longs mois d’attente et deux relances. Nous avons officiellement dénoncé, à l’issue de cet entretien, l’attitude inadmissible de l’institution à l’égard des personnels que nous représentons, à travers le comportement des plus hauts représentants de l’institution rectorale. Méconnaissance des dossiers, abus d’autorité, tentatives d’intimidation, ignorance des bases élémentaires du droit syndical, mépris déclaré à l’égard des personnels… Aussi, nous vous demandons, Mme la rectrice, d’accorder la plus grande attention à ces pratiques, dont la connaissance a été portée auprès de Madame la ministre et de votre prédécesseur, et qui ont terni l’image du paritarisme. Nous respectons la hiérarchie dont l’existence protège le fonctionnement de l’institution que nous servons. Mais que ceux qui l’incarnent sachent rester respectables en étant eux-mêmes respectueux d’autrui. Pour sa part, le SNALC restera déterminé à faire respecter ses droits et son image, ainsi qu’il l’a toujours fait, quelles que soient les circonstances.

À la question précédemment posée au sujet d’infractions d’un proviseur vis-à-vis de la loi du 15 mars 2004, vos services ont fait prévaloir le règlement intérieur de l’établissement sur la Loi, pour justifier l’autorisation du voile islamique dans l’établissement. Cette réponse nous semble marquée du sceau de la désinvolture, voire pire, de la méconnaissance vis à vis de la loi. Et c’est ainsi que l’on crée, au sein même de notre République, des zones où le droit français cède le pas aux préceptes religieux avec l’assentiment aveugle d’une représentante issue des plus hauts rangs de notre administration rectorale.

Si dans ces plus hauts rangs l’on peine à répondre au devoir d’exemplarité, comment s’étonner de l’ignorance de certains chefs d’établissement en matière de droit syndical ? Nous étions intervenus l’an dernier à frais d’huissier pour faire appliquer le droit d’affichage après plusieurs incidents constatés : affiches arrachées, panneaux détériorés, prospectus mis à la poubelle… Nous nous apprêtons à recommencer cette année, avec cette fois de surcroît la preuve écrite de la main même de certains chefs d’établissement, avouant dans leur courrier qu’ils ont ordonné l’enlèvement de notre affichage syndical. À titre d’information, au-delà du respect de nos droits, il est aussi question ici de dédommagement : nos campagnes d’affichage nécessitent des moyens humains et financiers non négligeables pour un syndicat comme le SNALC qui, rappelons-le, est le seul représentatif non subventionné. Au-delà du droit syndical, est-il normal que le SNALC supporte le coût financier de l’ignorance de certains ? Car nous ne voulons pas imaginer que ce puisse être de la malveillance. Pour éviter le problème à l’avenir, le SNALC pourrait donc se voir obligé d'exiger, en application de l’article 8 du décret n°82-447 modifié et de la circulaire n°1487 afférente, « des panneaux […] de dimensions suffisantes et dotés de portes vitrées ou grillagées et munies de serrures » dans tous les établissements où la liberté d’expression syndicale est bafouée.

Quand l’administration renonce à son devoir d’exemplarité, quand la hiérarchie s’acharne sur les personnels les plus vulnérables, alors il en résulte des dérives inimaginables. Ainsi, dans un collège de l’académie, la principale s’autorise à faire installer une caméra à des fins de surveillance des professeurs à leur insu, décision cautionnée par le silence de certains élus représentants des personnels, attitude tellement invraisemblable qu'elle interroge sur la mise en jeu d'intérêts quasi népotiques. Dans un autre établissement, un proviseur séquestre dans son bureau une infirmière avec laquelle il est en conflit pendant plus de 5h30, la sommant notamment de révéler ce qui relève du secret médical. Enfin, la situation que vivent nos collègues au lycée Montaigne de Mulhouse a déjà trop duré : l’on ne peut plus feindre d’ignorer la souffrance des personnels et les preuves accablantes de méthodes de management inacceptables. Mutations, congés, démissions, courriers, rassemblements… ont déjà apporté la preuve d’un dysfonctionnement néfaste. Qu’attend-on pour agir ?

Mme la rectrice, nous ne pouvons tolérer que ces pratiques occultes, dérogatoires, iniques, dégradantes… et dont nous ne dévoilons ici qu’une partie émergée, persistent dans notre académie. Il en va de l’image de notre institution et de celle de l’École républicaine à laquelle nous sommes viscéralement attachés.
Au nom du devoir d’exemplarité, nous vous demandons ici d’intervenir officiellement afin que cessent ces dérives et abus. Au nom de l’égalité de traitement entre tous les fonctionnaires, nous vous demandons la même fermeté vis-à-vis des personnels hiérarchiques que celle qui est promptement appliquée à l’encontre des professeurs et des agents qui sont ordinairement placés sous leur autorité.

Concernant le mouvement intra-académique, le SNALC a bien pris acte des réserves émises par la DPE, à propos de la communication du projet de mouvement avant la tenue officielle des FPMA. Nous tenons à affirmer ici notre entière adhésion aux souhaits et à l’avis de la DPE : un projet de mouvement n’a pas à être divulgué préalablement à sa validation lors de la FPMA. Toutefois, nous déplorons fortement que le ministère lui-même s’autorise, depuis 2009, la communication aux intéressés du projet entier et détaillé de mouvement inter, individuel et nominatif, lequel comporte pourtant des erreurs dont les destinataires n’ont pas manqué de se plaindre, et ce, sans effet.

Constatant donc que le principe même d’exemplarité n’est pas respecté par notre administration, le SNALC comprend qu’il est dès lors difficile d’imposer aux organisations syndicales au niveau local des limites que le ministère, dans sa représentation nationale, ne respecte pas. D’autres organisations ici présentes l’ont d’ailleurs bien compris, qui enfreignent l’accord de « confidentialité » qu’elles feignent de passer ici. Le SNALC le dit clairement et sans détour : respectueux des règles légales, il ne se soumettra cependant à aucun accord passé au bénéfice d’intérêts autres que ceux des personnels.





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