Réformer le lycée?

Réformer le lycée?

Réformez, réformez, il en restera toujours quelque chose…

François Hollande annonçait, le 1er septembre 2016 : « Il faut lancer la réforme du lycée ! ». Qu’il ne soit pas candidat à sa propre succession n’enterrera certainement pas cette obsession réformiste, partagée quel que soit le bord politique du futur président du pays.

Réformer ? Mais pourquoi donc réformer le lycée ?

Les résultats du baccalauréat 2016 des élèves n’incitent-ils pas à un optimisme extrême ?
91,4% de réussite en voie générale
90,7% en voie technologique
82,2% de réussite en voie professionnelle.

De plus, les taux de mentions explosent en 20 ans :
En 1995, on enregistrait environ 20% de mentions Assez Bien, 8% de mentions Bien et 2% de mentions Très Bien au bac Général.
En 2016, ces taux sont d’environ 28% de mentions AB, 19% de mentions B et 15% de mentions TB.
Ces excellentes performances ne sont-elles pas une irréfutable démonstration de l’excellence du lycée français et de ses filières, de ses méthodes pédagogiques institutionnelles, de l’excellence de ses personnels, évidemment moteurs motivés et infatigables, insufflant connaissances et volonté de réussir aux hordes de lycéens qui leur sont confiées ?
Et d’ailleurs, une prime de résultats ne devrait-elle pas leur être attribuée pour service rendu à la nation ?

Non ?
Mais…
Alors… Le Ministère de l’Education Nationale fait-il preuve d’une incroyable modestie devant ces résultats, au point de proposer avec une profonde humilité une nouvelle et énième réforme du lycée ? Viserait-il les 120% de réussite au bac pour s’estimer satisfait ?

Ou bien… ou bien… serait-il conscient de la vaste mascarade que constituent ces chiffres, obtenus à coup de sujets triés pour leur simplicité, assortis d’un barème remanié au profit des questions basiques afin de ne surtout pas pénaliser les élèves faibles (et de ne surtout pas valoriser les élèves les plus forts !), et corrigés à coup de consignes appuyées de bienveillance ?
Serait-il conscient qu’un fort pourcentage de ces heureux bacheliers échouent malheureusement lamentablement en études supérieures tellement leur niveau réel est faible et ne leur permet pas de répondre aux exigences, encore bien réelles, elles (mais pour combien de temps ?), des études post-bac ?
Serait-il enfin conscient de l’étendue du désastre après le résultat des études Pisa 2015 qui montre que la France reste dans le ventre mou des pays de l’OCDE, et surtout TIMSS 2015, évaluant les capacités en mathématiques, qui classe les élèves de terminales S français en queue de peloton européen et les élèves de CM1 en dernière position en Europe ?!

Le SNALC a bien sûr réagi face à ces résultats catastrophiques : https://www.snalc.fr/national/article/2695/

Alors réformons, oui !! Bien sûr, absolument, c’est nécessaire!
Mais posons-nous les bonnes questions, posons les bons diagnostics pour espérer apporter les bonnes solutions…
Le SNALC est ainsi le seul syndicat proposant un projet éducatif cohérent, pour « Permettre à tous de réussir » de la maternelle au lycée : https://snalc.fr/national/article/2583/.
Et si nous tentions cette autre voie réformiste… ?!

Laure Martin, membre du BA.

NB: «Comparés aux scores de 1995, ils ont chuté de près de 100 points – passant de 569 à 463 en maths, de 469 à 373 en physique. TIMSS identifie trois niveaux scolaires : « avancé », « élevé » et « intermédiaire ». Les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le seuil « avancé » en maths. Il y a vingt ans, ils étaient 15 %. Ils sont aujourd’hui 11 % à avoir un niveau « élevé », contre 64 % en 1995» http://www.lemonde.fr/education/article/2016/11/29/l-inquietant-niveau-des-eleves-en-maths-et-sciences_5039968_1473685.html

graphique 1: performance des élèves de CM1 en 2015 ; graphique 2 : performance des élèves de TS de 1995 à 2015

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