MODE D’EMPLOI POUR DES ÉLÈVES TOUJOURS PLUS NULS EN LANGUES

MODE D’EMPLOI POUR DES ÉLÈVES TOUJOURS PLUS NULS EN LANGUES

MODE D’EMPLOI POUR DES ÉLÈVES TOUJOURS PLUS NULS EN LANGUES



Alors que les études nous montrent année après année que les jeunes Français sont mauvais en langues, contrairement à ceux d’autres pays, de nouvelles réformes sont proposées ou imposées pour soi-disant remédier à ce triste constat.

Tout d’abord, dès l’école primaire, les professeurs des écoles doivent enseigner une langue vivante à leurs élèves (anglais ou allemand) qu’ils en aient ou non les compétences. Et s’ils font preuve de réalisme en répliquant qu’ils ne maîtrisent ni la langue de Goethe, ni celle de Shakespeare, les inspecteurs leur rétorquent que le niveau d’enseignement n’est pas bien élevé et qu’avec un peu de bonne volonté ils en sont capables. C’est pourquoi dans certaines écoles des professeurs apprennent en même temps que leur jeune public. Après le « vivre ensemble », l’« apprendre ensemble ».

Au collège, au nom des inégalités, on supprime les classes européennes qui pourtant fonctionnaient très bien, et permettaient aux élèves d’améliorer leur niveau et de renforcer leur motivation, avec davantage d’heures de cours de langues et des enseignements variés. De quoi intéresser des jeunes. Mais non : au ministère, on préfère essayer de réduire les inégalités par le bas. Donc on supprime un système qui marche. Une aberration !
Néanmoins on remarque, qu’au moins dans certains collèges privés, les sections européennes continuent à exister. Ceci constitue un nouvel attrait du privé au détriment du public. Bref, on accentue les inégalités.

Au lycée, les sections européennes existent toujours, on peut même en créer des nouvelles, mais sans heures d’enseignements supplémentaires. On garde ses heures de cours et on leur attribue une nouvelle dénomination. Cela ne coûte rien et permet d’attirer un public a priori plus motivé et travailleur.
Nonobstant, le jour où les technocrates de l’éducation nationale auront compris qu’une langue ne s’enseigne pas à des groupes de 30 élèves, voire plus, un grand pas aura été fait.
D’ailleurs au lycée le nombre d’heures de langues a aussi été réduit depuis 2012. De 3H pour l’enseignement d’une langue nous passons en seconde à 5H30 pour les langues 1 et 2, ce qui fait 2,75 H par semaine. Un défi lancé à des professeurs littéraires. Comment enseigner 2,75H par semaine ?
En première, on réunit encore l’horaire des langues 1 et 2, et on ne propose plus que 4H30 par semaine, donc 2H15 par langue. Mais - problème ! - que fait-on de ce quart d’heure ? Comment le placer ? Encore un casse-tête !
En terminale, on simplifie les choses en réduisant encore l’horaire : 4H pour les 2 langues. C’est vrai qu’avec 2H de langue, préparer les futurs bacheliers aux 3 épreuves du bac relève de l’impossible. Dans la réalité le traitement du programme et la préparation aux examens restent superficiels, malgré un rythme soutenu tout au long de l’année.
Et si d’aventure des professeurs chevronnés et particulièrement investis ont réussi à faire acquérir à leurs élèves un bon niveau, après le bac, dans la plupart des filières, très souvent la seule langue demandée est l’anglais. Les jeunes étudiants peuvent alors commencer à oublier le peu qu’ils auront appris dans la maîtrise d’autres langues tout au long de leur scolarité.

L’enseignement des langues en France s’apparente à une chronique de l’ignorance programmée.

L’an passé alors qu’on nous annonçait la réforme des collèges et les conséquences sur les langues (moins d’heures, moins de postes, et une offre linguistique moindre) le Snalc a organisé un colloque au mois de mai au lycée Marcel Rudloff à Strasbourg pour évaluer la situation dans notre académie, les pertes horaires, les conséquences pour les personnels et ainsi faire remonter l’information au Ministère.

Le Snalc dénonce régulièrement la dégradation des conditions de travail des enseignants notamment en langues (un service réparti sur plusieurs établissements, plus de groupes, plus d’effectifs, plus de formalités administratives) et reste très attentif au sort de nos collègues et à l’enseignement des langues dans l’académie de Strasbourg.

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