CTA : on marche dans le vide...

CTA : on marche dans le vide...

CTA du 21 mars 2019


On marche dans le vide




Par Séverine Mangin, élue CTA pour le SNALC



Que l’on se remémore ces dessins animés où des personnages increvables se courent après et ne se rendent pas compte du moment où, arrivés au bout de la falaise, toujours pris par l’action, ils continuent le mouvement de leur course au-dessus du vide.

On en est exactement là pour ce qui concerne les mesures de carte scolaire dans notre académie : on est lancé dans cette course administrative alors que le cadre règlementaire est dépassé depuis belle lurette. On s’agite dans le vide, on fait « comme si » tout se déroulait le plus normalement du monde ; on mouline des jambes, mais il manque le sol à l’appui.


Explications.

Les suppressions de postes n’ont pas pu être actées dans l’académie lors du Comité technique académique du 21 mars*. Qu’à cela ne tienne ! Les collègues concernés ont quand même reçu dans leur messagerie i-prof une notification les informant officiellement de cette mesure, qui n’avait pourtant à ce moment-là encore rien d’officiel. Ils ont donc formulé des vœux, par crainte de recevoir une affectation non désirée. On les comprend. Ce que l’on comprend moins en revanche, ce sont les justifications bredouillantes du rectorat, conscient des petites irrégularités qu’il commet, et prompt à les cacher sous le tapis : « C’était plus humain »… Cela laisse rêveur : il eût été véritablement plus humain d’annoncer plus tôt quels étaient les postes qui fermaient. Certains collègues ont vécu deux longs mois d’incertitudes, de revirements, entendant tout et son contraire au sujet du poste auquel ils tenaient. Certes, un fonctionnaire doit accepter sa mobilité ; mais il y a la manière de faire. Et puis, tout le monde n’est pas forcément prêt, à tout moment de sa carrière ou de sa vie personnelle, à entendre tomber la sentence d’une fermeture de poste.

Bref. Les serveurs de SIAM ont été fermés le 27 mars. La liste des postes supprimés n’a pu être officiellement arrêtée que le 29 mars, soit deux jours après le délai limite de saisie des vœux. S’il se trouve un collègue qui n’a pas formulé de vœu à temps, qu’il sache qu’il a gagné le gros lot : le rectorat ne peut pas lui imposer d’affectation en prétendant que les règles du jeu ont été respectées ! Le SNALC veillera tout particulièrement au sort de ceux dont le poste a été supprimé et qui feront appel à lui pour les défendre.



Télécharger la déclaration liminaire du SNALC


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*Le vote négatif unanime des organisations syndicales lors d’une première présentation d’un projet ne peut être considéré comme un avis rendu. Il appelle obligatoirement une nouvelle consultation. Après quoi, quel que soit le vote, on considère que le comité a été valablement consulté.
Le décret du 15 février 2011 est clair sur la question : « En cas de partage des voix, l'avis est réputé avoir été donné ou la proposition formulée » (article 47) ; mais « lorsqu'un projet de texte recueille un vote défavorable unanime, le projet fait l'objet d'un réexamen et une nouvelle délibération est organisée dans un délai qui ne peut être inférieur à huit jours et excéder trente jours » (article 48).
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