CTSD 68 : maison close à la cité administrative

CTSD 68 : maison close à la cité administrative

CTSD du Haut-Rhin du 12 mars 2019


MAISON (ou portes) CLOSE

A LA CITE ADMINISTRATIVE




Ou les merveilleuses tribulations d’un membre du CTSD 68, récit coloré et picaresque aux multiples rebondissements.






Par François BLONDEL, représentant du CTSD 68 pour le SNALC



C’est fort de l’enthousiasme du novice et de la fébrilité du débutant, avec un ordinateur portable, l’habituelle liasse de documents préparatoires et une déclaration liminaire élaborée fiévreusement en guise de viatique que je m’apprête à me rendre à la Cité administrative de Colmar en cette matinée du 12 mars 2019.

La convocation à laquelle je me fie innocemment (à tort comme il en sera question plus loin) me signifie, avec un sens de la poésie certain et toujours renouvelé, l’objet du conclave : validation de la circulaire mouvement et points divers de l’administration.

Après avoir garé mon véhicule dans quelque sordide parking souterrain, je pénètre avec entrain dans l’enceinte de la cité administrative. Le décor, de style globalement post-soviétique se conjuguant avec des bâtiments dignes d’une base abandonnée de l’US Air Force ou d’un quartier industriel de Liverpool en déshérence douche rapidement mon enthousiasme initial. Premier défi : se repérer. La convocation mentionne : salle Liberté, sans autre indication. Je me dirige alors fébrilement vers un panneau décati (ou ce qui devait en tenir lieu avant la chute du mur) aux couleurs battues par les éléments et ayant subi les outrages du temps. Ledit objet ne m’étant d’aucun secours, je hâte le pas en direction d’une tour patibulaire et sans doute amiantée qui semble faire office de centre à ce désert administratif. J’entre alors, à la quête de quelques renseignements susceptibles de guider mes pas. Mais voilà, et vous l’aurez peut être deviné : personne. J’avise alors un bouton m’invitant à sonner, j’actionne ledit objet dans l’espoir qu’il produise un effet, en vain. Puis j’aperçois un panneau amical invitant, en cas d’absence, le sujet à s’adresser à la sécurité, en face donc. Bien. Je me tourne comme un seul homme vers le guichet salvateur, tout aussi vide. C’est au moment où je me résigne à appuyer vigoureusement d’un doigt irrité sur la sonnerie, qu’une dame avenante se présente et m’indique le bâtiment K en guise de destination. Je m’y dirige dès lors hâtivement et plein d’espoir, mais voilà la porte ne s’actionne pas. Fermée. Je vérifie alors bien ma convocation, heure, lieu et date. Tout coïncide. Je me décide derechef à appeler l’auteur de cette convocation qui m’indique sèchement que la réunion se tient à la DSDEN, et que les organisations syndicales ont été averties de ce changement inopiné. Je m’y rends donc d’une humeur sombre et m’installe, avec une heure de retard, au milieu de l’assemblée sous l’œil goguenard des représentants de l’administration. Il m’est difficile de suivre les débats, déjà bien engagés, compte tenu de leur caractère très technique. Cela étant je demande à lire ma déclaration liminaire, ce qui m’est refusé séance tenante. Voici quelle en était la teneur : j’y dénonçais les multiples dysfonctionnements du CTSD 68, absence de règlement intérieur, PV fantômes, documents préparatoires reçus hors délai, secrétaire adjoint inexistant…(voir déclaration en annexe). Ces manquements récurrents sont constatés dans tous les comités techniques et commissions et constituent, outre le mépris affiché ouvertement, des dénis du droit syndical.

Il s’agit d’une offensive concertée contre les droits des syndicats, dont la plupart s’en laisse dépouiller sans nulle réaction. J’apprends alors que toutes les organisations syndicales ont été informées de ce changement de lieu de dernière minute, à l’exception du SNALC. Je m’en insurge alors vigoureusement. Je passe sur les excuses plus ou mois vraisemblables qui ont été avancées pour justifier un tel manquement.



Je me résous à rentrer, contrit et fort marri de cette expérience où j’ai nettement eu l’impression que l’on moquait de moi en particulier, et du syndicalisme en général. Je ressens alors un sentiment d’amertume et de désillusion mêlé d’une colère rentrée, vite estompé cependant par la perspective d’autres combats à mener, au service de nos adhérents.




François BLONDEL




Télécharger la déclaration liminaire du SNALC
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