Autorité et gestion de classe : des chefs pour vous trahir, le socle pour vous servir !

Autorité et gestion de classe : des chefs pour vous trahir, le socle pour vous servir !


Crédit : CC0 Domaine public


La nouvelle théorie de la relativité : Sanctionner = pédagogie x manque d'autorité²


Vous avez tous connu ou entendu parler d’un collègue nouveau dans l’établissement, jeune professeur -parfois contractuel- se faire tourmenter par un chef en mal de reconnaissance ou, comme cela s’est parfois vu dans l’enseignement privé, par un directeur ne voulant pas se fâcher avec des « clients » importants. Peut-être vous-même avez vécu cette situation…

Vous avez sanctionné des élèves qui le méritaient pour cause d’incivilités, insolences répétées, refus de travailler ou que sais-je ? Vous êtes invité à « discuter » avec votre supérieur hiérarchique mais l’ambiance se refroidit très vite, car le fin pédagogue qu’il pense incarner vous explique que vous sanctionnez trop à cause de votre manque d’autorité : si vous aviez de l’autorité face aux élèves, vous ne sanctionneriez pas : CQFD ! Cela semble si convainquant ! Si facile et si malhonnête, en vérité...

Allons jusqu’au bout de ce sophisme : l’intégralité de notre appareil d’État manque d’autorité car la police est obligée de procéder à des arrestations, de sanctionner des chauffards, les juges obligés de condamner des criminels, le Trésor d’effectuer des saisies… votre chef d’établissement en est tout aussi dépourvu car il est obligé de vous convoquer pour vous rappeler à vos obligations qui sont celles de constituer une autorité bienveillante !

Dans un établissement scolaire, ce sont souvent les mêmes élèves qui posent de façon récurrente les mêmes problèmes à l’ensemble de l’équipe éducative… Et tout le monde le sait… Sauf ce chef d’établissement, apparemment. Serait-il arrivé ce matin-même ? Serait-il entouré de professeurs, CPE et assistants d’éducation incompétents ? Ignore-t-il ce qui ce passe dans le collège ou le lycée qu’on l’a chargé d’administrer ? Dans tous les cas, vous seul en êtes responsable : votre autorité prétendument défaillante semble être la cause de tous les maux.

Pour vous sortir de ce traquenard, à vous d’exploiter le domaine 3 du socle : formation de la personne et du citoyen !


Pour que les arguments suivants ne soient balayés d’un revers de manche, il est dit en préambule : « Le socle commun doit devenir une référence centrale pour le travail des enseignants et des acteurs du système éducatif »
y compris pour votre chef d’établissement qui, sur le moment, voudrait bien oublier l’existence de ce texte !

Concernant l’exercice de l’autorité du professeur en classe : « L’élève comprend et respecte les règles de civilité au sein de la classe […] ou de l’établissement ». En conséquence, si un comportement contrevient aux règles permettant un apprentissage dans un climat serein, il est légitime de le sanctionner.

De plus : « L’élève coopère et fait preuve de responsabilité vis à vis d’autrui [et donc du professeur, même stagiaire ou remplaçant]. Il comprend les engagements pris envers lui-même et envers les autres, il comprend l’importance des contrats dans la vie civile ». Ainsi, suite à une attitude irrespectueuse ou incorrecte, il n’est pas extravagant de sanctionner l’élève fautif, surtout s’il en a été prévenu, ou s’il s’est engagé à se corriger ! Ne pas mettre la sanction à exécution serait, bien au contraire, perçu comme un signe de faiblesse de l’enseignant.

Si l’on vous explique qu’il est malgré tout cruel sanctionner cet enfant, il est bon de rappeler que : « L’élève est attentif à la portée de ses paroles et de ses actes ». Une parole ou une attitude déplacée, un refus de travailler, etc. doit amener l’enseignant à faire réfléchir l’élève sur ce qu’il a fait. Si cela se produit, c’est à l’enfant de prendre ses responsabilités et à l’adulte d’exercer la sienne ! Un proviseur ou un principal en est un...

Rappelons également que « [l’élève] est capable aussi de faire preuve d’empathie et de bienveillance », même à l’égard des professeurs

Vous pouvez donc conclure cet entretien en disant à votre chef d’établissement que vous avez au contraire exercé votre autorité, en sanctionnant des attitudes de façon graduée. L’attitude inverse pourrait constituer une insuffisance professionnelle. C’est maintenant à votre supérieur hiérarchique de prendre ses responsabilités et d’exercer son pouvoir coercitif afin qu’un professeur exerce dans des conditions acceptables.

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