Ubu au rectorat

Ubu au rectorat

Ubu au rectorat, ou la déroute des contractuels


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Crédit : © Snalc 67


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Mercredi 18 Septembre 2019 : Réunion de crise au rectorat

Dans le cadre d’une réunion intersyndicale, les représentants des professeurs contractuels dont le SNALC ont été reçus au rectorat le Mercredi 18 Septembre par Messieurs Roy et Laurent pour évoquer leur situation inacceptable -malgré l’absence remarquée du SGEN CFDT et de l’UNSA.

Des serviteurs de l’État laissés pour compte

C’est une bien triste farce qui se joue actuellement aux dépens des personnels les plus fragiles : les travailleurs précaires de la fonction publique ! Alors que 152 postes de professeurs sont vacants, nos collègues se retrouvent sans aucune nouvelle de l’institution : coups de fil et courriels sans réponse, enseignants éconduits lorsqu’ils se rendent sur place pour demander des explications. Encore pire : 210 personnes ne pourront pas être indemnisées par Pôle-Emploi en septembre faute d’attestation ! N’importe quel employeur coupable d’un tel traitement se retrouverait -à raison- condamné pour cela. De plus, certains enseignants ne savent toujours pas s’ils sont reconductibles dans leurs fonctions plus de deux mois après la fin de l’année scolaire précédente… Le SNALC s’indigne de cet état de fait !

Inégalités républicaines et gaspillage d’argent public

Cette situation ubuesque est avant tout génératrice de graves inégalités : des centaines d’élèves commenceront leur programme avec un mois de retard (ou plus) dans certaines matières. Ils ne bénéficieront donc pas de la même qualité d’enseignement que leurs condisciples n’ayant aucun professeur manquant. Toutes les familles n’ont pas les moyens de recruter des professeurs particuliers pour remédier à ces carences. Cela va à l’encontre des valeurs du SNALC qui s’emploie à promouvoir l’égalité républicaine !

Nombre d’élèves en situation de handicap se retrouvent privés d’AESH pour les assister dans leur scolarité : où sont l’égalité républicaine et le droit d’accès de tous à l’enseignement ?

152 postes à pourvoir, nous l’avons dit, et 210 enseignants (qui pourraient travailler) à indemniser par l’assurance chômage ; le SNALC vous laisse faire l’addition…

Charybde ou Scylla ? Le bureau du remplacement submergé, il est urgent d’attendre…

« La priorité du rectorat est d’avancer », nous a-t-on dit, mais cette triste situation est la conséquence de deux choses : un grand renouvellement du personnel du bureau du remplacement et la contractualisation massive du corps enseignants (sans pour autant prévoir des gestionnaires en conséquence). Les nouveaux personnels étant majoritaires au bureau du remplacement cette année, ils doivent être formés par les plus anciens, eux-mêmes débordés. Il est donc bien difficile pour chacun d’organiser ses tâches : répondre aux sollicitations nombreuses des chefs d’établissement ? mobiliser les contractuels ? remplir leurs attestations ? former les nouveaux gestionnaires ?

De plus, le rectorat n’a communiqué à personne le nouvel organigramme du bureau du remplacement... A qui s’adresser, alors ?

Malgré les faibles renforts que l’institution a pu débloquer, loin de satisfaire le SNALC, le remède apporté à ces situations d’urgence est bien insuffisant. L’on nous a confié qu’après le règlement de cette situation prévu à la fin de ce mois, des difficultés dans l’élaboration des payes des enseignants contractuels en poste seraient à redouter…

La Der des Ders… avant la prochaine : rien ne nous garantit que cette situation inédite ne se renouvellerait pas l’an prochain. C’est pourquoi le SNALC, pour faciliter le calcul des droits au chômage, a proposé un recrutement des contractuels à l’année, piste de travail à laquelle nos interlocuteurs se sont montrés réceptifs.

Les enseignants contractuels non reconductibles doivent être prévenus à la fin de l’année scolaire. Ils doivent également pouvoir se défendre des griefs qui leurs sont opposés. Le SNALC a proposé la tenue de commissions consultatives paritaires relatives aux non-reconductions de personnel. Le sujet a été soigneusement évité...

Pataphysique et poudre de perlimpinpin pour la sortie de crise

Les enseignants lésés par ces retards pourront contacter leurs gestionnaires (encore inconnus) afin d’obtenir une sorte de « mot d’excuse ». Cet écrit n’aura aucune valeur légale et ne pourra en rien accélérer le processus d’indemnisation chômage, effacer les pénalités bancaires ou encore permettre de régler les différentes factures en retard…

Une demande d’indemnisation pourrait être adressée par écrit à Madame la Rectrice…
→ Le SNALC s’interroge car ce courrier resterait probablement sans réponse : Madame la Rectrice est-elle légalement compétente pour ordonner aux comptables une telle indemnisation ? Sur quels barèmes s’appuyer pour calculer les dommages et intérêts ? Une telle procédure est-elle possible de sa propre initiative sans passer par le tribunal administratif ? Dans le cas contraire, nous vous laissons imaginer les délais supérieurs à un an et les frais d’avocat à avancer par des personnels dans une situation de précarité pour ne pas dire de pauvreté...

« De par ma chandelle verte, ça va-t-il finir, à la fin de la fin ? [...] Ah ! si j’avais ici mon cheval à phynances ! »

Alfred Jarry,Ubu Roi

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